Regards sur l’Axe Seine

Le ballet des navetteurs

Lorsqu’on considère les trajets domicile-travail, on appelle navetteurs les actifs ayant un emploi qui ne travaillent pas dans leur commune de résidence. 

Le graphique ci-dessus indique, pour chacun des départements de l’Axe Seine, le nombre d’actifs qui quittent quotidiennement non seulement leur commune, mais même leur département pour aller travailler dans un autre département. En orange, le solde indique pour chaque département s’il y a plus d’entrants que de sortants (si le solde est visualisé à droite de l’axe) ou au contraire plus de sortants (si le solde est visualisé à gauche de l’axe)*.

Dans la Vallée de la Seine, 3 475 078 actifs quittent leur commune de résidence pour se rendre à leur travail, soit 72 % de ces actifs occupés, contre 66 % en France métropolitaine (chiffres 2014).

Dans les départements normands, la Seine-Maritime est le seul département qui compte plus d’entrants que de sortants (solde de 8 209, comme l’indique en orange le graphique ci-dessus). Dans la Manche, l’Eure et le Calvados, la situation est inversée. À Paris et dans le département des Hauts-de-Seine, le solde de navetteurs entrants est largement positif avec respectivement plus de 200 000 et 700 000 navetteurs en plus.

Des documents de référence pour appréhender l’Axe Seine

Le graphique (et le commentaire) ci-dessus sont tirés du numéro 7 (septembre 2017) de la livraison Vallée de Seine, les données clés, consacré aux migrations alternantes, et publié par la Coopération des agences d’urbanisme APUR/AUCAME/AURBSE/AURH/IAU ÎDF.

Notons que le numéro 6 des Données clés, tout aussi intéressant, s’intéressait aux Dynamiques du tissu économique.

Mais je voudrais surtout insister sur la richesse d’informations et de réflexions de l’étude présentée le mardi 28 novembre, à l’occasion de la rencontre annuelle 2017 des agences sur le thème : La Vallée de la Seine XXL, un corridor d’envergure européenne et mondiale

La Vallée de la Seine XXL

En une centaine de pages et de nombreux graphiques, les auteurs nous invitent à regarder les mutations de ce “corridor qui se structure depuis près d’une décennie” et à “Penser la Vallée de la Seine dans le nouveau contexte mondial

Mon point de vue

J’ai choisi de présenter le graphique ci-dessus cette semaine (15 décembre 2017) dans la rubrique « Data » de La Lettre EcoNormandie (à télécharger ici)à la fois pour son intérêt, sa clarté et son élégance, trois qualités indispensables à mes yeux pour un bon graphique, qui doit mettre en évidence visuellement ce qu’il serait long à développer par le texte.

*Explications sur la lecture du graphique

En cherchant à commenter ce graphique, je m’aperçois, oh ! horreur… qu’il n’est pas tout à fait juste… ou au moins, que le choix fait pour matérialiser visuellement le solde (en orange), prête à confusion. Trop tard pour la publication dans La Lettre, elle est partie ! Et j’ai déjà presque terminé l’article du blog !

Après réflexion, je décide de maintenir l’article sur le sujet, et de profiter de l’erreur repérée pour rajouter un commentaire « pédagogique » sur la lecture des graphiques (et la difficulté à bien lire un graphique) et… sur l’acceptation que, parfois, on s’aperçoit trop tard de notre faute (c’est vrai pour moi aujourd’hui, et pour les auteurs du graphique).

Sur le graphique, le solde (en orange) indique la différence entre entrants et sortants. Les barres bleues et vertes devraient donc être, pour tous les départements, de la même longueur, et le orange doit venir justement en prolongement sur la partie qui va outre cette longueur. Mais sur le graphique, le solde indiqué en orange se rajoute, selon les départements, au total des entrants ou au total des sortants. Si bien que le total bleu + orange ou vert + orange est faux.

Cela montre que rien n’est évident, ni dans la manière de matérialiser une information, ni dans la lecture rapide d’un graphique : ce n’est que lorsque je me suis penchée longuement sur le graphique pour l’expliquer que j’ai compris que le solde était en fait indiqué deux fois.

Prenons un exemple concret : pour Paris, le nombre de sortants est, disons, d’environ 650 000 (la barre verte s’arrête un peu à gauche du repère 500 000) et le nombre de navetteurs entrants est donc de 650 000 (nombre de sortants) + 702 721 (solde), soit 1 350 000. La barre matérialisant le total des entrants doit donc s’arrêter, sur la droite, avant le repère de 1 500 000. C’est bien là que s’arrête la barre bleue, mais avec la barre orange, le total semble être de plus de 2 millions (voir graphique en haut de l’article).

Je propose ci-dessous un graphique (maladroitement) modifié à mon idée :

Pour aller plus loin

N’oublions pas que ce post est aussi le prétexte pour insister sur l’intérêt des publications de la Coordination des agences d’urbanisme (je l’ai déjà dit ici), et rappeler les liens de téléchargement de leurs publications.

• AUCAME (Agence d’urbanisme Caen Normandie Métropole)

• AURH (Agence d’urbanisme de la région du Havre et de l’Estuaire de la Seine)

• AURBSE (Agence d’Urbanisme de Rouen et des Boucles de Seine et Eure)

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