Une belle infographie sur les EPL normands

Cette semaine, je suis tombée par hasard — ou plus exactement sans la chercher — sur cette infographie que j’ai trouvée très élégante, c’est-à-dire à la fois belle, claire, riche, pertinente et interactive. J’ai choisi d’en tirer les informations pour la rubrique « Data » de cette semaine dans la Lettre EcoNormandie, et je vous en dis quelques mots ci-dessous.

Où l’on parle des EPL

Quelques mots d’abord pour comprendre de quoi on parle. Les EPL, ce sont les entreprises publiques locales, qui bénéficient d’un statut permettant de concilier la satisfaction de l’intérêt général et les atouts de l’entreprise. Que ce soit les SEM (Société d’économie mixte, mêlant capitaux privés et publics) les SPL (sociétés publiques locales, 100% capitaux publics) ou la SEMOP (Sem à opération unique, qui comme les SEM mêlent et public-privé, mais sont dédiées à une mission unique et dissoute).

En cherchant des informations pour actualiser le Guide EcoNormandie, qui va sortir début novembre (j’en ai parlé la semaine dernière ici), j’ai consulté le site de la fédération des EPL, j’ai fouillé pour trouver des informations sur la Normandie, et je suis tombée (vous comprenez maintenant pourquoi ce n’est pas par hasard) sur cette infographie. Je suis toujours à l’affût de données régionales intéressantes pour alimenter la rubrique hebdomadaire  de La Lettre EcoNormandie « Data », dont j’ai la responsabilité, et j’ai déjà présenté quelques sites, mais j’avoue que je n’aurais pas eu l’idée d’aller chercher des informations de ce type ici, alors, trouver une information intéressante, peu diffusée et pratiquement toute prête, quelle aubaine ! surtout en période de bouclage du guide où je n’ai pas beaucoup de temps à consacrer à autre chose !

En fait, la recherche d’informations chiffrées à l’échelle régionale demande une curiosité toujours en éveil si l’on veut sortir des données que l’on trouve un peu partout, et que l’on souhaite rester dans une information pertinente.

Qu’est-ce q’une infographie « exemplaire » ?

Je l’ai dit ci-dessous, l’infographie choisie, que j’ai qualifiée d’élégante, combine plusieurs qualités qui, selon moi, concourent à en faire un bel exemple :

  • visuellement belle : avec une recherche de composition et un choix de couleurs attrayant sans fatiguer l’œil
  • claire : elle propose un premier cercle avec une répartition des 54 EPL normands par type d’EPL (on constate donc qu’il n’y a pas de SEMop en Normandie) et un deuxième cercle avec une répartition par domaine, dont le Top 3 :  Tourisme-culture-loisirs / Logement / Aménagement.
  • riche et pertinente : il est intéressant d’avoir, pour l’ensemble des EPL, et pour chaque type ou domaine, de nombreuses informations, comme l’effectif salarié, le chiffre d’affaires, le nombre d’EPL créées en 2016, et même les projets de création.
  • interactive : la subtilité d’une bonne infographie interactive, c’est de permettre des comparaisons sans surcharger le graphique — ce qu’évidemment on ne peut pas faire sur le papier. Ici, on peut, d’un simple clic, aller zoomer sur un domaine particulier, observer l’évolution 2016 / 2017,  comparer avec d’autres régions…

Dans La Lettre EcoNormandie

 

 

 

 

Pour La Lettre EcoNormandie du 28 septembre (à télécharger ici), Sandra Vain, infographiste à Paris-Normandie, a repris ces informations, en tenant compte du format de la rubrique « Data » et des exigences propres à une infographie sur papier — et donc pas interactive. Et elle a très joliment transformé l’essai !

Pour comparaison, je vous remets ci-dessous l’infographie originale :

Guide EcoNormandie : 30 ans, comme l’Armada !

La 28e édition du Guide EcoNormandie paraîtra dans quelques semaines. Édité depuis 1989, le guide fêtera, comme l’Armada, ses 30 ans en 2019.
Comme un clin d’œil, il arborera en couverture une photo du voilier mexica
in Cuauhtemoc passant sous le pont de Normandie (photo prise lors d’une édition postérieure, puisque le Pont de Normandie a été inauguré le 20 janvier 1995).

 

Les incontournables de l’économie normande 

Le Guide EcoNormandie propose, en 176 pages des milliers d’informations sur la Normandie et son économie, en 40 chapitres thématiques qui font le tour des secteurs d’activité, des acteurs incontournables, des enjeux importants.

En souscription jusqu’au 31 octobre 

Le prix du guide, inchangé depuis sa nouvelle formule en 2014, est de 12€ , mais vous pouvez l’acheter en souscription à 10€ jusqu’à sa date de parution (télécharger ici le bon de commande).

Pour chaque thème, on retrouve :
  • Une synthèse rédigée présentant les forces de la Région, l’actualité du thème, les défis à relever.
  • Des indicateurs inédits sur l’emploi et les entreprises 
  • Une infographie illustrant le thème 
  • Les notices complètes sur les principaux acteurs (entreprises, administration, organisations professionnelles, associations…) avec les noms des responsables, entièrement mises à jour.

28 éditions et 30 ans

La première édition du guide, qui s’appelait alors Guide économique de la Normandie – et couvrait déjà les cinq départements normands – est parue en 1989.  Vous pouvez voir à gauche sa couverture.
La 2e édition est parue en 1990, le guide avait un an.

1 an pour la 2e édition, vous pensez donc qu’à 30 ans, le guide aurait dû en être à 31 éditions, puisqu’il est annuel. Il faut dire qu’il y a eu quelques décalages ou accidents de parcours, pour suivre l’actualité électorale, pour permettre aux équipes de travailler un peu plus sereinement, ou pour se caler sur une période plus propice. Et ces glissements de quelques mois finissent par faire sauter quelques années.
En 30 ans, le guide a aussi changé de nom. Depuis 2014 il s’appelle Guide EcoNormandie – tout en conservant l’historicité du titre et de l’édition : il s’agit bien, selon la Bibliothèque nationale, du même périodique. Le Guide’éco forme désormais, avec La Lettre et le site du même nom, un outil de veille sur l’économie normande incomparable.

Le Guide EcoNormandie porte la marque Normandie

Il y a un an, nous étions parmi les premiers à porter la marque Normandie, proposée par l’Agence d’Attractivité de Normandie, et j’expliquais (ici) pourquoi nous avions fait ce choix.

Aujourd’hui, beaucoup de produits, d’appli, de plaquettes ou de médias régionaux portent cette marque, et nous persistons dans notre choix.

Le Guide EcoNormandie porte la marque

 

 

 

A commander en souscription (10 €) ici

Baromètre des territoires

L’Observatoire des territoires, créé par le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), a publié cet été son baromètre de la cohésion des territoires. J’ai choisi d’en tirer certains indicateurs pour l’infographie de la La Lettre EcoNormandie de cette semaine (à télécharger ici). Je vous propose donc de me suivre pour découvrir ce baromètre, qui se veut un outil de diagnostic et d’analyse des territoires, pour analyser la place de la Normandie selon les indicateurs retenus, et pour partager quelques réflexions sur ces données.

Des outils pour mesurer dynamisme et fragilité des territoires

L’observatoire des territoires met à disposition plusieurs outils complémentaires qui proposent une approche statistique, par thème et par territoire.

Le baromètre de la cohésion des territoires

Paru en juillet 2018, ce rapport de 68 pages propose quelques dizaines d’indicateurs regroupés selon six thèmes (solidarité, qualité de vie, transition socio-environnementale, empowerment, capital social des territoires, coopération entre territoires). (À télécharger ici).

Je voudrais souligner trois grandes qualités de cette étude :

  • La clarté graphique de sa présentation
  • La volonté pédagogique, avec notamment un paragraphe que l’on retrouve pour chaque thème : « pourquoi cet indicateur »
  • Le classement des régions françaises selon chaque indicateur retenu.

Vous pouvez visionner ci-dessous la page consacrée au revenu médian :

Le baromètre interactif

Interactif comme son nom l’indique, cet outil permet de retrouver les indicateurs selon un code couleur (cliquez par exemple sur la courbe de couleur prune pour accéder au revenu médian), et accéder à des informations et analyses supplémentaires par rapport à l’étude papier comme on le voit sur la copie d’écran ci-dessous. On peut trier selon les revenus 2012 ou 2014, passer la souris sur chaque région pour avoir les données correspondantes, et visionner au total 5 écrans sur ce thème avec graphiques et analyse.

Place de la Normandie ?

Le tableau publié en tête d’article (et repris ci-dessous), paru dans La Lettre EcoNormandie, a été réalisé par Cyril Thibouville, infographiste à Paris-Normandie, à partir des données tirées du baromètre évoqué ci-dessus. J’ai choisi les indicateurs relatifs aux deux premiers thèmes (solidarité et qualité de vie).

On observe que sur tous ces indicateurs sauf trois — dont deux relatifs au logement (rapport entre les demandes et les attributions de logements sociaux et taux de suroccupation des résidences principales) et le troisième portant sur la part de population couverte par le RSA — la Normandie est moins bien située que la moyenne française. Son classement, hormis pour les deux indicateurs « logement », est situé entre la 9e et la 13e place sur 18 régions, dont 13 régions métropolitaines. Un rappel pour dire que socialement, la Normandie se situe parmi les régions les moins favorisées.

Des indicateurs datés

Dans le tableau publié dans La Lettre, nous avons précisé et mis en évidence les dates pour chacun des indicateurs, telles qu’elles sont indiquées dans le rapport.

Pour plusieurs de ces indicateurs, il s’agit de 2014, et je connais beaucoup de personnes avisées — et notamment des journalistes — qui regardent avec dédain, voire se détournent, de données chiffrées si elles ne sont pas fraîches (un ou deux ans). Quand à moi, quand je parle de « données datées », c’est pour souligner le sérieux et la fiabilité des sources : on sait d’où et de quand viennent les chiffres. Je voudrais préciser que les délais entre l’observation et la restitution sont nécessairement un peu longs, et qu’il faut l’accepter. Si l’on veut observer sérieusement des réalités complexes, en utilisant des outils fiables, et des données vérifiées, il faut accepter que le temps pour les différentes étapes (recueil des données, compilation/vérifications, traitement, analyse, publication) n’est pas élastique, et que la mise à disposition d’informations chiffrées, analysées et bien présentées n’est pas immédiate. Il faut aussi reconnaître que la plupart des réalités étudiées bougent lentement, et qu’un décalage de trois-quatre ans permet déjà de donner une photographie à un moment donné et une tendance dans l’évolution.

« L’art du démographe est de savoir travailler avec des données imparfaites » précise le démographe François Héran, titulaire de la Chaire « Migrations et sociétés », dans sa 1re leçon au Collège de France (à écouter ici).

J’ajouterai que même en prenant toutes les meilleures précautions, les chiffres ne donnent qu’une approche incomplète et même un peu biaisée des phénomènes complexes étudiés : la réalité ne se résume pas à des chiffres et n’entre pas dans des petites cases. Ce qui est important ici, c’est que les chiffres soient comparables d’une région à l’autre, comparable avec une moyenne sur toute la France, et que l’on puisse appréhender l’évolution sur plusieurs années en étant sûr que les données se prêtent à la comparaison. Et tout nous montre que c’est le cas ici.