Les nouveaux indicateurs de richesses

la cartographie pour l’indicateur “DIRD” sur le site de l’Observatoire des territoires

Les nouveaux indicateurs de richesse offrent une vision des régions plus diversifiée que la seule analyse des PIB régionaux. Ils soulignent la nécessité de croiser les regards et de conjuguer les approches pour mieux analyser la situation de chaque territoire. 

Des indicateurs qui se déclinent à l’échelle régionale et qui offrent une nouvelle approche et de nouveaux critères de comparaison, par rapport au PIB… voilà bien des raisons pour le blog EcoNormandie de s’y intéresser.

Et comme chaque fois, l’intention est double : présenter les indicateurs eux-mêmes – et bien sûr les résultats pour la Normandie – mais aussi guider le lecteur pour l’inviter à aller lui-même chercher dans les sources à sa disposition, ici l’Observatoire des territoires.

Pourquoi de ” nouveaux indicateurs de richesse” ?

Je cite l’Observatoire des territoires : “Depuis plus de dix ans, et en particulier depuis les travaux de la Commission Stiglitz dont le rapport final a été remis en 2009, il est admis que le niveau et l’évolution du PIB ne peuvent être retenus comme critères uniques de la bonne santé d’un pays. La loi Eva Sas, promulguée le 14 avril 2015, donne obligation au Gouvernement de remettre au Parlement un rapport présentant l’évolution de nouveaux indicateurs de richesse, tels que des indicateurs d’inégalités, de qualité de vie et de développement durable.”

Au total, neuf thèmes ont été retenus, parmi lesquels pauvreté, éducation, santé, emploi, investissement, biodiversité. Et pour chacun de ces thèmes plusieurs indicateurs.

L’effort de recherche

EcoNormandie s’est intéressé à l’effort de recherche (DIRD : Dépense intérieure de recherche et développement), et a consacré la rubrique “Infographie/Data” de La Lettre EcoNormandie du 21 décembre un tableau présentant les résultats. Vous pouvez télécharger la Lettre (ici) ou observer le tableau ci-dessous :

Et pour avoir toutes les définitions et précisions sur la dépense de recherche et ses déclinaisons en recherche publique (DIRDA, avec A pour Administration) et recherche privée (DIRDE, avec E pour Entreprise), je vous invite à nouveau à consulter le site de l’Observatoire des territoires à la rubrique correspondante. J’ai remarqué que la version mobile (ici) du site est plus claire, notamment pour les définitions et explications sur DIRD, DIRDA et DIRDE.

Visite guidée

Les informations du tableau ci-dessus sont issues du site de l’Observatoire des territoires, et je vous propose de me suivre dans ma démarche de recherche d’informations :

1 • Le choix des indicateurs
sur la page d’accueil, cliquez sur “Nouveaux indicateurs de richesse”, puis affichez le tableau des indicateurs disponibles et cliquez sur “Dépenses de recherche et développement” vous pouvez alors choisir “DIRD”. Les informations sur cet indicateur s’affichent, ainsi que la carte correspondante. On voit que la part de la DIRD rapportée au PIB est de 1,4% pour la Normandie et 2,3% pour la France.

2 • L’ajout d’autres indicateurs
continuez et cliquez pour afficher d’autres indicateurs : choisir “DIRDE” puis “DIRDA”.
Vous pouvez choisir l’année, et même visualiser l’évolution entre 2009 et 2016. J’ai choisi la dernière année disponible, 2016.

3 • L’affichage des valeurs pour toutes les régions
Dans la zone “informations sur la sélection, cliquez sur l’onglet “rapports” puis cliquez sur “profil comparé avec une zone”. Vous voyez s’afficher à gauche de la carte les valeurs des trois indicateurs choisis, pour l’année 2016, pour toutes les régions.

4 • Le choix des informations pour le tableau final
Toutes les informations sont désormais disponibles, vous pouvez les réorganiser comme nous l’avons fait pour le tableau que je reproduis à nouveau ci-dessous.

Mon point de vue

Comme je l’ai déjà dit dans ce blog, un chiffre isolé n’a pas d’intérêt, car il ne peut pas être interprété. J’ai donc choisi de présenter en parallèle, pour la région Normandie, trois indicateurs : part de la DIRD (Dépense intérieure de recherche et développement) dans le PIB, mais aussi sa déclinaison en recherche publique et recherche privée, soit en DIRDA (A pour Administration) et DIRDE (E pour entreprise). Il est toujours intéressant de comparer la région à la moyenne française : ces données apparaissent en dernière ligne du tableau. On cherche aussi à savoir comment se place la région par rapport aux autres régions françaises : ce que l’on appréhende à la fois en regardant son rang dans le classement des régions et en comparant avec les valeurs des indicateurs pour la région la mieux classée.

Les enseignements d’une infographie

Regardons donc les indicateurs pour la Normandie, et comparons comme il est dit ci-dessus. Le tableau sur l’effort de recherche montre une Normandie à la traîne en R&D, aussi bien publique que privée : très en dessous de la moyenne française (1,4% vs 2,3% pour ce qui est de la part DIRD/PIB), elle ne se classe que 8e sur 13 régions, et même 12e pour ce qui est de la recherche publique, alors que dans la première région, l’Occitanie, l’effort de recherche est plus du double qu’en Normandie (3,7% vs 1,4%). L’effort y est même 5 fois plus important pour ce qui est de la recherche publique (1,5% vs 0,3%).

Pour aller plus loin avec le Portail EcoNormandie

Ne nous y trompons pas, la Normandie a des atouts, avec des équipements uniques en France, des équipes labellisées Labex ou Equipex, des laboratoires universitaires de renom et des belles entreprises qui investissent dans la R&D.Par ailleurs, les responsables ont conscience du retard de la Normandie. Pour comprendre les enjeux, connaître les projets, trouver les coordonnées des principaux acteurs du secteur – publics et privés, en savoir plus, rendez-vous sur le portail EcoNormandie, thème “Recherche et innovation.

2 651 communes en Normandie

Carte des communes nouvelles sur le portail EcoNormandie

Le paysage communal normand continue de changer avec 27 fusions de communes au 1er janvier 2019, et j’ai décidé, comme l’an dernier, d’y consacrer le premier post de l’année (voir l’article publié sur ce blog en janvier 2018). Je reprends en le complétant l’article publié dans La Lettre EcoNormandie de cette semaine et vous propose ensuite quelques tableaux récapitulatifs pour bien appréhender l’ensemble des changements depuis 2014. Enfin, je vous propose en téléchargement la liste complète des communes fusionnées cette année.

169 communes nouvelles en 2019

Le mouvement de concentration entamé en 2015 se poursuit en Normandie, avec 27 communes nouvelles au 1er janvier 2019, concernant au total 85 communes (dont 58 communes supprimées).

Parmi ces communes nouvelles, 15 prennent des noms entièrement nouveaux (Val-de-Scie en Seine-Maritime autour d’Auffay, ou Castine-en-Plaine dans le Calvados) ou rajoutent au nom de la commune la plus connue – ou la plus importante – un qualificatif marquant un renouvellement (Gavray-sur-Sienne ou Portbail-sur-Mer dans la Manche) et 12 gardent le nom de la principale commune (Pont-L’Evêque, La Vieille Lyre, Avranches…).

Au total, la Normandie compte 169 communes nouvelles créées depuis 2015 (6 % des communes normandes), certaines ayant d’ailleurs connu des sur-fusions, avec plusieurs mouvements consécutifs, comme Carentan-les-Marais ou Gouville-sur-Mer. Aujourd’hui 570 566 Normands résident dans une « commune nouvelle » créée depuis 2015, soit 17 % de la population régionale.

Entre 2014 et 2019, le nombre de communes est ainsi passé de 3 232 à 2 651, soit 581 communes de moins, ce qui équivaut à une diminution de 18 %.

Les Manchois fusionnent à tour de bras

La Manche a elle seule pèse pour près de la moitié des « mariées » de l’an 19. Le département voit disparaître une trentaine de localités à la faveur de la création de onze communes nouvelles. Viennent ensuite le Calvados et l’Eure (six de part et d’autre), puis l’Orne et la Seine-Maritime (deux chacun).

Sur les quatre dernières années, c’est encore la Manche qui fait la course en tête, avec au total 49 communes nouvelles et 155 communes supprimées, soit une diminution d’un quart du nombre de ses localités. Idem dans le Calvados et l’Orne, lesquels se voient « amputés » de 25 % de leurs villes et villages. Le mouvement de concentration a été moins radical dans l’Eure où 90 communes sont passées de vie à trépas (- 13 %) et en Seine-Maritime où 38 communes ont disparu (-5 %).

Nota : le plus peuplé des départements a même été contre le vent de l’histoire avec la séparation en 2017 de Sigy-en-Bray et de Saint-Lucien, dont la fusion datait de 1973.

Sur le portail EcoNormandie

Sur le portail EcoNormandie, la recherche par communes permet de trouver toutes les communes nouvelles, dans leur ensemble ou sur une année, (taper “commune nouvelle”, au singulier, dans la case recherche rapide, éventuellement suivi de l’année), et de les afficher en liste ou en carte. Les abonnés EcoNormandie peuvent accéder à chacune des fiches, avec une présentation complète de la commune, les élus (nouvellement élus pour les maires des 27 communes fusionnées au 1/1/219) et les chiffres de population au 1er janvier 2019 (populations millésimées 2016). Le portail est en cours de mise à jour, il sera entièrement à jour dès le 15 janvier pour les communes fusionnées en 2019.

Documents à télécharger