Faire parler l’infographie

La coopération des agences d’urbanisme de la vallée de la Seine vient de faire paraître un numéro très intéressant de sa lettre Vallée de la Seine, les données clés intitulé « Dynamique et typologie de l’emploi. » On peut le télécharger ici.

Pour le dernier numéro de la Lettre EcoNormandie (ici), j’en ai extrait le graphique ci-dessus, sur lequel je souhaiterais revenir.

Comment lire un graphique ?

Il arrive que l’on se perde dans l’observation d’un graphique. Celui-ci semble simple, mais il est inhabituel, aussi une clé de lecture est-elle utile. Souvent le plus facile, pour donner le mode d’emploi — ou le mode de lecture — d’un graphique est d’en extraire une des valeurs (ou une des lignes ou une des variables), et de dire en une phrase ce que l’on voit.

C’est ce qui est proposé par les rédacteurs et auteurs du graphique, que je reprends à nouveau ci-dessous : « NB : Le secteur industriel concentre 9 % de l’emploi de la Vallée de la Seine et se répartit dans 59 % des communes de la Vallée de la Seine. »

Ce qui fait la force de cette infographie, c’est le rapprochement visuel entre la part de l’emploi de chacun des secteurs et la part des communes qui accueillent ces emplois, sur la zone d’études (soit 9 départements d’Ile-de-France et de Normandie). On voit d’un coup d’œil que l’agriculture, qui ne concerne que 1 % des emplois de la zone, est présente dans 76 % des communes, et qu’il y a de forts contrastes sur la répartition ou la concentration spatiale des emplois selon les secteurs.

Et j’insiste sur « d’un seul coup d’œil », car ici, la visualisation des données apporte véritablement un plus par rapport à un simple tableau, et on peut admirer l’efficacité de la mise en scène : 10 chiffres, 5 couleurs, 2 parties (et deux variables) pour une information riche et inédite..

Mon point de vue

C’est l’originalité du graphique qui a d’abord retenu mon attention. Il s’agit d’une qualité que l’on attribue rarement à ce type d’objet, mais qu’il ne faut pas négliger. C’est justement en rapprochant des données que l’on n’a pas l’habitude de mettre en perspective que l’on peut apprendre, ou comprendre.

Ce graphique est aussi un prétexte pour attirer l’attention sur les études et publications de la coordination des agences d’urbanisme, une source de données à connaître pour qui s’intéresse à la vallée de la Seine et à l’aménagement.


Je donne ci-dessous les liens des agences d’urbanisme normandes, sur lesquels on peut télécharger ces publications :

• AUCAME (Agence d’urbanisme Caen Normandie Métropole)

• AURH (Agence d’urbanisme de la région du Havre et de l’Estuaire de la Seine)

• AURBSE (Agence d’Urbanisme de Rouen et des Boucles de Seine et Eure)

 

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Quelle population pour la Normandie ?

Recensement et estimation de population

L’INSEE vient de publier le bilan démographique 2016, au niveau national (voir ici) et bien sûr au niveau régional, et notamment pour la Normandie (voir ici).

Ça tombe bien, j’avais justement l’intention de consacrer un des premiers post de ce nouveau blog au site de l’INSEE, d’une richesse quasi inépuisable. Une référence dans bien des domaines, pour ses chiffres, ses tableaux, ses analyses, ses fichiers à télécharger, bref ce qu’on nomme désormais data. J’ai d’ailleurs failli donner comme titre à ce post « Mon site préféré ».

La population, un des domaines phares de l’INSEE

La population légale de la Normandie est de 3 335 645 au 1er janvier 2014

Responsable du recensement de la population, L’INSEE publie chaque année, le 1er janvier, les chiffres de la population légale : nombre d’habitants pour chaque commune, chaque territoire de France, selon le dernier recensement. Pour l’année 2017, la date de référence statistique est le 1er janvier 2014.

Les curieux qui veulent comprendre pourquoi les populations légales entrées en vigueur le 1er janvier 2017 sont millésimées 2014 se reporteront aux explications de l’INSEE (voir ici).

 La population de la Normandie est de 3 343 250 habitants au 1er janvier 2016. 

Le bilan démographique publié en mai 2017 donne, quant à lui, la population estimée au 1er janvier de chaque année et l’évolution de la situation démographique. Il est établi à partir des résultats définitifs du recensement 2014. L’estimation de population au 1er janvier 2014 est donc définitive. Pour les années suivantes, cette estimation est actualisée à partir des statistiques d’état civil (naissances, décès) et d’une estimation du solde migratoire. Il s’agit donc d’estimations de population, provisoires pour les années 2015 et 2016.

Mon point de vue

Ne jamais laisser un chiffre tout seul

Ce chiffre de 3 343 250 de Normands n’est pas très parlant si on le laisse tout seul. Il appelle des questions, par exemple :

  • Quel est le poids de la Normandie par rapport à la France ?
  • Quel est le rang de la région parmi les autres régions françaises ?
  • Comment la population évolue-t-elle sur plusieurs années ?
  • Quelle est la part des différents facteurs (décès, naissance, migrations)
  • Comment évolue la population normande par rapport à la France métropolitaine ?

C’est une règle générale lorsqu’on manie des données chiffrées : pour avoir une information intéressante, pertinente, il faut mettre les données en perspective, les comparer, ce que propose par exemple l’infographie ci-dessous, publiée dans La Lettre EcoNormandie (on peut télécharger le numéro ici) et qui reprend les tableaux publiés par l’INSEE.

Population légale et population estimée

C’et à dessein que j’ai rapproché dans ce post les chiffres de population légale (au 1er janvier 2014), et ceux de la population estimée (au 1er janvier 2016), qui ont des modes de calculs et des utilisations différentes (j’y reviendrai dans des posts ultérieurs), mais qui font référence, comme étant les dernières données, en vigueur en 2017. Pour des territoires inférieurs aux départements (commune, EPCI…), on se référera à la population légale issue du recensement.

+ Sur le portail EcoNormandie

A savoir : dès le début janvier, comme chaque année, les chiffres de population ont été actualisés sur notre portail EcoNormandie, qui propose, dans son approche territoriale, un panorama des 2 723 communes et 73 EPCI de Normandie (métropole, communautés urbaines, communautés d’agglomération, communautés de communes). L’onglet « Points de repère » donne notamment pour chaque territoire les chiffres de population. On peut visualiser une fiche EPCI ici et une fiche commune .

Je t’aime moi non plus

Paroles croisées de journalistes et hommes politiques normands

La séquence électorale qui s’achève semble bien choisie pour revenir sur une enquête publiée dans le numéro 2016 de la revue In/Off, la revue annuelle éditée par le Club de la presse et de la communication de Normandie.

Nous y interrogions journalistes et politiques normands, pour comprendre comment ils se perçoivent mutuellement et savoir ce qu’ils pensent et disent les uns des autres.

Les réponses croisées parlent d’elles-mêmes. Je vous livre donc d’abord un extrait de l’enquête sous forme de graphique, vous pourrez lire le commentaire en-dessous, et consulter la revue ici.

Ils se connaissent, ils se côtoient, ils s’estiment

Journalistes et politiques sont d’accord (à 80 % dans les deux populations interrogées) pour dire qu’ils entretiennent de bonnes relations. Ils se connaissent bien, se côtoient au quotidien et discutent volontiers (91 % des politiques et 70 % des journalistes le disent). En revanche, moins de la moitié (46 % des politiques et 40 % des journalistes) reconnaissent des relations de connivence. 60 % des journalistes estiment cependant que les politiques aiment jouer le jeu de la confidence.

Les politiques connaissent bien leur territoire, c’est ce qu’affirment 72 % des journalistes, tandis que 91 % des politiques le disent des journalistes. Et chacun reconnaît à l’autre une bonne connaissance des dossiers (seuls 28 % pensent le contraire).

Les journalistes : incontournables, mais on s’en méfie !

89 % des politiques sont d’accord pour dire qu’ils ont besoin des journalistes pour informer, mais aussi pour faire passer les messages sur la vie locale. Et 71 % pensent que l’information traitée par les journalistes a plus de force, qu’elle est plus crédible. Ils ne sont d’ailleurs que 29 % à penser que les journalistes ne sont pas libres par peur de choquer leurs lecteurs.

Cependant, 63 % des politiques reprochent aux journalistes de ne retenir que ce qui va mal, 69 % pensent qu’ils aiment faire un, carton sur les hommes politiques, et 66 % estiment qu’ils contribuent à entretenir un climat anxiogène, si bien que 86 % des politiques se méfient toujours de ce qu’ils disent aux journalistes. Cependant, seuls 11 % des politiques pensent que les journalistes sont trop impertinents avec les journalistes.

Les politiques : un discours trop encadré

Les journalistes reprochent aux politiques (à 90 %) une communication trop encadrée. Ils n’ont pas le même langage en tête à tête et en public (85 % des journalistes le pensent), ils cherchent d’abord à servir un discours tout prêt (82 %), ils ne pensent qu’à leur image (85 %) et qu’à leur réélection (83 %), et ne sont pas libres, car ils ont peur de choquer leurs électeurs (82 %). Ils ne répondent jamais directement à une question (70 %).

80 % des journalistes ont même l’impression que les politiques considèrent que les journalistes sont là pour mettre en valeur leurs actions et 68 % pensent que les politiques cherchent à les manipuler. Critiques envers eux-mêmes, 75 % des journalistes interrogés estiment que les journalistes ne sont pas assez impertinents, et 30 % reconnaissent pratiquer personnellement l’autocensure très ou assez souvent.

Particulièrement sévères envers les politiques, 90 % des journalistes interrogés sont d’accord pour dire que les Français ne croient plus les politiques.

Mon point de vue

Lorsque j’ai proposé, pour le numéro du club consacré à “Médias et pouvoirs”, une double enquête auprès des journalistes et des politiques, j’avais l’intuition (appuyée sur quelques témoignages), que ces deux mondes amenés à se côtoyer ne se comprenaient pas toujours. C’est pourquoi il m’a semblé intéressant de poser aux deux populations les mêmes questions, ou des questions se faisant écho.
Ce qui m’a frappée à l’analyse des résultats, c’est une certaine méfiance qui se dessine à travers les réponses, et le sentiment qui se dégage que chacun se sent mal traité. Là où j’avais imaginé une certaine connivence, je crois plutôt déceler une sorte de désabusement. On notera aussi que les journalistes sont plus critiques envers les politiques que le contraire… mais c’est sûrement leur métier qui veut cela.

Sur le portail EcoNormandie

Retrouvez les coordonnées, le parcours, le CV, les différents mandats et fonctions et toute l’actualité des élus normands : députés, sénateurs, conseillers départementaux et régionaux, maires et adjoints, présidents des structures intercommunales…

Cliquer ici pour voir un exemple de fiche sur le portail EcoNormandie