2 651 communes en Normandie

Carte des communes nouvelles sur le portail EcoNormandie

Le paysage communal normand continue de changer avec 27 fusions de communes au 1er janvier 2019, et j’ai décidé, comme l’an dernier, d’y consacrer le premier post de l’année (voir l’article publié sur ce blog en janvier 2018). Je reprends en le complétant l’article publié dans La Lettre EcoNormandie de cette semaine et vous propose ensuite quelques tableaux récapitulatifs pour bien appréhender l’ensemble des changements depuis 2014. Enfin, je vous propose en téléchargement la liste complète des communes fusionnées cette année.

169 communes nouvelles en 2019

Le mouvement de concentration entamé en 2015 se poursuit en Normandie, avec 27 communes nouvelles au 1er janvier 2019, concernant au total 85 communes (dont 58 communes supprimées).

Parmi ces communes nouvelles, 15 prennent des noms entièrement nouveaux (Val-de-Scie en Seine-Maritime autour d’Auffay, ou Castine-en-Plaine dans le Calvados) ou rajoutent au nom de la commune la plus connue – ou la plus importante – un qualificatif marquant un renouvellement (Gavray-sur-Sienne ou Portbail-sur-Mer dans la Manche) et 12 gardent le nom de la principale commune (Pont-L’Evêque, La Vieille Lyre, Avranches…).

Au total, la Normandie compte 169 communes nouvelles créées depuis 2015 (6 % des communes normandes), certaines ayant d’ailleurs connu des sur-fusions, avec plusieurs mouvements consécutifs, comme Carentan-les-Marais ou Gouville-sur-Mer. Aujourd’hui 570 566 Normands résident dans une « commune nouvelle » créée depuis 2015, soit 17 % de la population régionale.

Entre 2014 et 2019, le nombre de communes est ainsi passé de 3 232 à 2 651, soit 581 communes de moins, ce qui équivaut à une diminution de 18 %.

Les Manchois fusionnent à tour de bras

La Manche a elle seule pèse pour près de la moitié des « mariées » de l’an 19. Le département voit disparaître une trentaine de localités à la faveur de la création de onze communes nouvelles. Viennent ensuite le Calvados et l’Eure (six de part et d’autre), puis l’Orne et la Seine-Maritime (deux chacun).

Sur les quatre dernières années, c’est encore la Manche qui fait la course en tête, avec au total 49 communes nouvelles et 155 communes supprimées, soit une diminution d’un quart du nombre de ses localités. Idem dans le Calvados et l’Orne, lesquels se voient « amputés » de 25 % de leurs villes et villages. Le mouvement de concentration a été moins radical dans l’Eure où 90 communes sont passées de vie à trépas (- 13 %) et en Seine-Maritime où 38 communes ont disparu (-5 %).

Nota : le plus peuplé des départements a même été contre le vent de l’histoire avec la séparation en 2017 de Sigy-en-Bray et de Saint-Lucien, dont la fusion datait de 1973.

Sur le portail EcoNormandie

Sur le portail EcoNormandie, la recherche par communes permet de trouver toutes les communes nouvelles, dans leur ensemble ou sur une année, (taper “commune nouvelle”, au singulier, dans la case recherche rapide, éventuellement suivi de l’année), et de les afficher en liste ou en carte. Les abonnés EcoNormandie peuvent accéder à chacune des fiches, avec une présentation complète de la commune, les élus (nouvellement élus pour les maires des 27 communes fusionnées au 1/1/219) et les chiffres de population au 1er janvier 2019 (populations millésimées 2016). Le portail est en cours de mise à jour, il sera entièrement à jour dès le 15 janvier pour les communes fusionnées en 2019.

Documents à télécharger

L’Open Data dans les collectivités normandes

Cette semaine, je vous invite à lire l’article paru sur le site paris-normandie.fr : “Les collectivités de Normandie ont-elles pris le train de l’open data ?” (ou accès direct à l’article complet ici). C’est un sujet que j’ai déjà évoqué (par exemple ici avec le fichier Sirene), car les données en libre accès bouleversent la manière de travailler dans les deux domaines auxquels s’intéresse ce blog : la gestion de bases de données et les infographies.
Amandine Briand, qui a mené l’enquête, nous propose ici un point très complet, avec des rappels sur ce qu’est l’open data ou un historique sur les étapes qui ont amené l’ouverture des données publiques depuis 2012. Mais le bonus, c’est la mise à disposition d’un outil de recherche interactif sur les collectivités et leurs “datas”.
Je vous laisse aller lire l’article, et si vous vous intéressez aux évolutions du site paris-normandie.fr, je vous donne quelques précisions ci-dessous.

À découvrir sur “PN Interactif”

Depuis quelques mois, l’univers numérique de Paris-Normandie évolue, avec une équipe dédiée, qui a vocation à produire du contenu interactif. Ainsi les articles ou reportages rassemblés sous l’onglet  “PN interactif” laissent s’exprimer pleinement toutes les possibilités du web, avec images, vidéos, animations ou infographies, et surtout une scénographie adaptée à la lecture à l’écran : “Grands formats” ou infographie.

Les “Grands formats”

Enquêtes illustrées, sur des sujets variés, dont voici quelques exemples :

Infographie
Des cartes interactives et quiz, dont voici quelques exemples :

A suivre de près

Ca me plait de relayer ici cet article sur l’open data, avec un sujet au cœur de mes préoccupations et un traitement exploitant les ressources et techniques du web. Et ça me plait de montrer que ça bouge à  Paris-Normandie, et que ça se voit déjà sur le site…

 

 

 

PIB régional : La Normandie, 1ère région industrielle

À l’occasion de la sortie du dernier numéro d’Insee Flash Normandie, traitant du produit intérieur brut (PIB) de la Normandie, j’ai choisi d’en tirer l’infographie à paraître dans La Lettre EcoNormandie de cette semaine. Vous voyez ci-dessus le graphique (réalisé par les infographistes de Paris-Normandie).

Ce que le graphique nous indique

  • Entre 1990 et 2015, la part de l’industrie a baissé en Normandie : elle comptait pour un quart de la valeur ajoutée en 1990 (25,6 %) contre un cinquième 25 ans plus tard (20,8 % soit -4,8 points).
  • L’industrie a mieux résisté en Normandie (-4,8 points) que sur l’ensemble des régions de province (-6 points).
  • En 2015, la Normandie reste une région industrielle comparée aux autres régions de province, la part de l’industrie y est de 4,2 points plus importante (20,8 % vs 16,6 %).
  • Le différentiel s’est même accentué en 25 ans : passant de 3,1 points (25,6 % vs 22,5 %) à 4,2 points (20,8 % vs 16,6 %).

On peut de même, sur les autres secteurs, comparer l’évolution sur 25 ans et observer les différences entre Normandie et France de province. On retiendra surtout que l’agriculture a également baissé partout en France, tandis que la construction restait stable. Du côté du tertiaire marchand, la Normandie est à la traîne, la part de ce secteur n’ayant augmenté en 25 ans que de 1,4 point en Normandie, contre 3,7 en Province.

Ce que le graphique n’indique pas

La lecture de l’Insee Flash est riche de nombreux autres enseignements, parmi lesquels on retiendra quelques points :

  • En 2015, le produit intérieur brut (PIB) de la Normandie est estimé à 91,7 milliards d’euros. La région contribue pour 4,2 % au PIB national et se situe au 9ᵉ rang des régions de province.
  • La part de l’industrie dans la valeur ajoutée régionale (20,8 %) positionne la Normandie comme la première région industrielle.
  • En 2015, la valeur ajoutée normande progresse de 1,7 % en valeur, soit 0,3 point de moins qu’en France métropolitaine (0,1 point de moins qu’en province). L’industrie est pourtant plus dynamique dans la région (+ 5,5 % contre + 3,8 % en province) et contribue fortement à la croissance : cette année, sur 1,7 point de croissance de la valeur ajoutée totale en Normandie, l’industrie en réalise les deux tiers.
À savoir : PIB et Valeur ajoutée

On lira avec intérêt sur le site de l’Insee (ici) la méthode de calcul des BIP et VA régionaux. Je rappelle ci-dessous les définitions que vous y trouverez également.

  • Le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits.
  • La valeur ajoutée (VA) est le solde du compte de production. Elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire.

Ce que j’ai envie d’en dire

Parmi les avantages d’un graphique, on retiendra son côté synthétique et la mise en évidence des comparaisons. J’en ai fait la démonstration ci-dessus. Même en me focalisant sur la part de l’industrie, il m’a fallu deux fois plus de place pour écrire mes commentaires, que l’espace pris par le graphique lui-même.

Je rappellerai aussi ce que j’ai déjà dit (par exemple ici) : une donnée seule n’a pas d’intérêt, c’est la comparaison qui permet de comprendre et d’analyser. Ici, je dois dire qu’on est gâté. Si on s’intéresse à la part de la valeur industrielle, on peut comparer la Normandie avec la France de province, on peut comparer l’année 2015 et l’année 1990, on peut comparer les évolutions en Normandie et en Province, on peut comparer l’évolution de l’industrie avec les autres secteurs…

À retrouver aussi dans le
Guide EcoNormandie

La dernière édition du Guide EcoNormandie, qui vient de sortir (j’en ai parlé ici et ), propose de nombreux indicateurs et points de repère, dont 2 pages « Normandie en chiffres » avec des données tirées du site de l’Insee. En page 11 les informations sur le PIB, et la Valeur ajoutée sont à jour.

 

 

 

 

 

Je vous donne ci-dessous le lien direct pour retrouver ces données sur le site de l’Insee :

Produits intérieurs bruts régionaux et valeurs ajoutées régionales de 1990 à 2015