Au coeur de la FMConf 2017

Me voici plongée pour deux jours dans le monde FileMaker Pro, à l’occasion de la FM Conf 2017, organisée à Rouen les 18 et 19 octobre par la société rouennaise Lesterius.

Il faut préciser que FileMaker Pro est un logiciel de base de données « simple mais puissant » comme il se présente lui-même, et que j’ai eu la chance de le prendre en main dans sa version 2 ou 3, au début des années 90, quand il était encore très simple, et de monter en compétences au fur et à mesure des évolutions, jusqu’à la version 16 d’aujourd’hui, très puissante.

Je me sens un peu intimidée au milieu de ces 120 développeurs chevronnés venus de toute la France, mais aussi de Belgique, du Canada, d’Australie…
Intimidée, car si j’utilise le logiciel FileMaker depuis 25 ans, je ne suis pas développeur, et si ce logiciel est au cœur de mon activité quotidienne, ce n’est pas mon cœur de métier. Mon cœur de métier, ce n’est pas la base de données, c’est la donnée elle-même, le contenu !

Mais je suis aussi fière d’être ici, au milieu de spécialistes de ce logiciel sans lequel, j’en suis persuadée, je n’aurais jamais réalisé tout ce que j’ai créé autour de la grande base de données des acteurs économiques normands, EcoNormandie.

Fière et intimidée d’être accueillie par Brad Freitag, du staff de FileMaker Pro, qui a fait le déplacement de la Silicon Valley avec quelques membres de l’équipe, mais dont je ne comprends pas trop, je dois l’avouer, l’exposé en anglais.

FileMaker Pro et moi

Pour résumer en trois mots mon rapport à FileMaker, je choisis : ludique, souple et universel.

Ludique

Il m’arrive souvent après une journée de boulot de me dire « je me suis bien amusée ».

Par exemple quand je récupère des fichiers ou des données pour les mettre en concordance avec ma base de données EcoNormandie, afin de mettre à jour d’un coup des centaines de fiches — après m’être assurée bien sûr que les données récupérées sont plus à jour ou plus fiables que les miennes !

D’une manière générale, ce qui m’amuse, c’est trouver un calcul astucieux, créer des liens imprévus entre tables, élaborer un script qui facilitera l’utilisation, pour toute mon équipe, réaliser des modèles élégants et clairs, construire des interfaces utilisables rapidement et sans risque par des stagiaires débutants, ou encore extraire les informations formatées, prêtes à être mises en forme dans Indesign en vue de la publication d’un guide papier. Plus que l’intelligence, c’est l’imagination qui est mobilisée et c’est bien ce qui m’amuse !

Souple

Depuis plus de 25 ans que je suis autonome pour développer, gérer et faire vivre la base de données que j’ai créée et dont j’ai la charge, il est arrivé régulièrement que l’on me propose des solutions « beaucoup plus performantes » que FileMaker, à développer par des informaticiens professionnels. Des sous-traitants bien intentionnés, des chefs soucieux d’efficacité ou des responsables du service informatique ont en effet souvent l’idée qu’une solution développée par des professionnels serait plus adaptée. Et régulièrement, je me félicite de la confiance que l’on m’a faite en me laissant bricoler selon mes besoins pour adapter la base presque quotidiennement aux nouvelles utilisations, en l’améliorant sans cesse.  L’autonomie que j’ai pu préserver ainsi a permis de tirer profit de la souplesse du logiciel.

Universel

FileMaker Pro est devenu au fil du temps le logiciel que j’utilise le plus, avec des solutions que je me suis développées au fur et à mesure. Pour la base EcoNormandie bien sûr, et pour mettre à jour le site Econormandie,* qui utilise aussi un fichier FileMaker Pro. Mais aussi pour faire des courriers, devis ou factures, ou gérer les abonnements et la diffusion de nos newsletters, tous ces fichiers étant liés entre eux et avec EcoNormandie. Et encore pour organiser mes archives documentaires ou les plannings de l’équipe. Et même pour mettre en forme les indicateurs fournis par l’Insee pour le guide EcoNormandie.

Développeurs et utilisateurs

J’ai profité de la pause pour discuter avec des développeurs, et j’ai compris que le côté « simple, ludique, souple » n’était plus tout à fait à l’ordre du jour. FileMaker Pro préfère, paraît-il, mettre en avant le côté performant et sérieux, et les développeurs vantent la sécurité et la rapidité de développement, surtout quand ils travaillent pour de grands groupes.

Quant à moi, je vais continuer à travailler en m’amusant, tout en sachant que je n’utilise qu’une faible partie de la puissance du logiciel.

*le site econormandie a été développé par Lesterius

 

 

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Bientôt le guide

J’ai été très absorbée ces derniers temps par le bouclage du « Guide éco » 2018.
Je n’ai pas trouvé le temps pour poster un nouvel article et ça me désole.

Mais ce silence m’a permis d’avancer sur d’autres fronts. J’ai signé le « BAT » ce matin, le guide sortira le 31 octobre, je tenais à vous annoncer cette bonne nouvelle dès maintenant.

Je peux aussi vous annoncer que la partie « carnet d’adresses » comprend les noms et les coordonnées de plus de 3 000 responsables normands (élus, chefs d’entreprise, hauts fonctionnaires, directeurs d’établissements publics, d’associations, de structures d’aménagement…) dont plus de 20 % ont changé depuis la dernière édition en 2016. Et bien sûr, tout cela à jour… ou presque (par exemple au moment où j’ai bouclé, le sénateur fraichement réélu Philippe Bas et toujours président du Conseil départemental de la Manche devait démissionner pour se mettre en conformité avec la loi sur le non-cumul des mandats).

J’aurai l’occasion de revenir dans les prochaines semaines sur le processus de fabrication du guide, et notamment sur deux questions que je commence à bien maîtriser :

  • Comment passe-t-on d’informations contenues dans un fichier de type base de données à des notices de type texte mis en forme en vue de l’impression (et bien sûr sans avoir à ressaisir quoi que ce soit) ?
  • Combien de temps et quels moyens (multiples) utilise-t-on pour mettre à jour une telle base de données ?

Et pour ceux qui souhaitent acquérir le guide au tarif souscription (10 € TTC jusqu’à parution, 12 € ensuite + 2,50 € de frais de port), c’est possible ici.

+ Sur le portail EcoNormandie

Vous pouvez retrouver dès maintenant les informations du guide papier sur le portail EcoNormandie. L’entrée par thème reprend en effet les 40 chapitres du guide. Les chapeaux introductifs sont déjà à jour sur le site, de même que la sélection des structures par thème, la cartographie, les plus gros employeurs…

Autant d’informations accessibles même aux non-abonnés.

Si le guide s’impose par sa lisibilité et sa maniabilité, le site représente, tout au long de l’année, un complément intéressant avec :

  • les dernières mises à jour
  • la cartographie des principaux acteurs
  • toute l’actualité sur chaque secteur d’activité, chaque thème…
  • Une liste des principaux sites et documents de référence

Je suis fière de ce travail accompli de façon très scrupuleuse depuis des années et c’est un plaisir de partager cette fierté ici.

 

Le recensement, et après ?

Du recensement, on connaît bien les chiffres de population légale, diffusés chaque année le 1er janvier pour tous les échelons géographiques (j’en ai déjà parlé ici). C’est d’ailleurs le  premier objectif du recensement.

 On connaît plus confusément toutes les autres données issues du recensement, qui permettent d’en savoir plus sur la structure de la population, la formation et les diplômes, les déplacements et les migrations, la situation vis-à-vis de l’emploi, mais aussi les professions et catégories professionnelles, les secteurs d’activité économiques et la structure familiale des ménages. Ces données sont diffusées chaque année au début de l’été. Pour celles qui ont été mises en ligne il y a quelques semaines, il s’agit du millésime 2014, issu des enquêtes de recensement 2012-2016.

Emploi au lieu de travail

Dans le  numéro de 8 septembre de la Lettre EcoNormandie (à télécharger ici), j’ai choisi de consacrer l’infographie à la variable “Emploi au lieu de travail”, comme le montre le tableau ci-dessus.

Un mot sur la définition de cette variable

Voyons ce que dit l’INSEE : “Les personnes employées au sens du recensement de la population sont celles ayant déclaré avoir un emploi dans le formulaire du recensement. Cet emploi est comptabilisé soit dans la commune de lieu de travail, soit dans la commune de résidence.
Pour la définition complète, on lira ici.

Lorsque l’emploi est comptabilisé dans la commune du lieu de travail, on considère le nombre de personnes travaillant dans une commune (salariés ou non salariés), quel que soit leur domicile, et on parle d’emploi au lieu de travail, la variable qui nous intéresse ici.

Lorsque l’emploi est comptabilisé dans la commune du lieu de résidence, on considère le nombre de personnes résidant dans une commune et ayant un travail salarié ou non, quel que soit le lieu de ce travail et on parle de population active ayant un emploi.

Que montre le tableau ?

J’ai choisi de comparer l’emploi dans les principales villes normandes* et son évolution sur 5 ans. Je vous livre ci-dessous trois remarques tirées du tableau :

  1. Premier constat : le classement par nombre d’emplois ne reprend pas le classement par habitants. Rouen est ici première selon le  classement par emplois, mais c’est Le Havre qui arrive en tête par habitants. Quant à Caen, elle est troisième dans les deux classements.
    Ce que ne montre pas le tableau, c’est que les dix villes normandes qui accueillent le plus grand nombre d’emplois (salariés ou non salariés) ne correspondent pas à la liste des dix premières villes normandes en population. Sotteville-lès-Rouen, Grand-Quevilly et Vernon, qui figurent dans le Top 10 par la population, avec plus de 22 000 habitants, n’atteignent pas les 12 000 emplois. En revanche, Saint-Lô, Lisieux et Hérouville-Saint-Clair figurent dans le Top 10 par emplois, alors qu’elles ont moins de 22 000 habitants.
  2. Deuxième constat : les préfectures arrivent en tête du classement et profitent d’une plus grande concentration de l’emploi par rapport à leur population (voir dernière colonne : rapport nombre d’emplois / population), avec des taux allant de 68% pour Caen à 90% pour Saint-Lô (qui a presque autant de personnes travaillant dans la commune que de résidents), très nettement au-dessus de la moyenne régionale (39%).
  3. Troisième constat : l’emploi a régressé depuis le recensement de 2009 (-2% en moyenne sur la Normandie). Seules trois villes voient le nombre d’emplois sur leur sol progresser : Rouen (+ 0,3%), Saint-Etienne-du-Rouvray (+ 2,6%) et Hérouville-Saint-Clair (+1,7%).

Comment s’y retrouver ?

Où télécharger ?

Toutes les données du recensement sont disponibles en téléchargement sur le site de l’INSEE. Ceux qui aiment les chiffres ne seront pas déçus : le tableau qui nous intéresse (ici) comprend plus de 35 000 lignes (une par commune de la France métropolitaine) et 116 colonnes. Au total, plus de 4 millions de cases, ou de données, pour 2014, et sensiblement le même nombre pour 2009, année de comparaison que l’on trouve dans le même document, dans un deuxième ongletOn approche les mega données. On risque de s’y perdre. 

C’est pourquoi, comme toujours lorsqu’on travaille à partir de big data, il faut d’abord avoir une idée de ce qu’on a envie de comprendre ou de raconter, et extraire les données pertinentes. Ainsi j’ai extrait la variable qui nous intéresse, qui s’appelle “P14_EMPLT” et se trouve à la colonne 68. 

Mon point de vue

En choisissant de vous parler de ces « autres chiffres du recensement », mon propos est de mettre le focus sur la richesse et l’accessibilité de ces données et d’insister sur trois points :

  1. Revenir sur le module de définitions proposé sur le site de l’insee (ici), d’où j’ai tiré la définition de l’emploi au lieu de travail. Mon conseil est de le faire figurer parmi les préférences.
  2. Préciser que toutes les données  sont assorties d’une documentation très complète qu’il faut prendre le temps de lire, non seulement pour connaître les définitions des variables, mais pour intégrer toutes les précautions d’utilisation de ces statistiques. Par exemple, le découpage géographique pour le recensement millésimé 2014 est celui de 2016 (un détail qui a son importance quand on sait que 210 communes normandes ont fusionné au 1/1/2017, donnant naissance à 47 nouvelles communes). A savoir aussi : pour la comparaison, le recensement précédent à mettre en regard est celui de 2009.
  3. Enfin, je redonne ici le lien vers la page pour accéder à l’ensemble des données  de l’INSEE issues du recensement, sur les différents thèmes (ici). Afin que chacun puisse faire son choix dans la richesse, 

+ Sur le portail EcoNormandie

Sur le site econormandie.paris-normandie.fr, les données issues du recensement (population municipale, population totale et nombre d’emplois au lieu de travail) sont indiquées pour les 2 723 communes normandes et pour les 73 EPCI à fiscalité propre de Normandie : métropole, communautés urbaines, communautés d’agglomération, communautés de communes. On peut visualiser une fiche EPCI ici et une fiche commune . Les données du recensement apparaissent sur l’onglet points de repère. 

Sur EcoNormandie, les chiffres de population légale sont mis à jour chaque année au 1er janvier, et l’emploi au lieu de travail est mis à jour l’été.


*Notons que Cherbourg-en-Cotentin ne figure pas dans la liste, car la comparaison avec 2009 n’est pas possible en raison du changement de périmètre dû à la fusion au 1/1/2016 des communes de l’ex communauté urbaine. Quand je parle du Top 10, c’est donc en excluant Cherbourg-en-Cotentin, qui, il faut le noter, figure en 2014 à la 4e place avec 37 114 emplois.