Faux camembert ou camembert faux ?

Mea culpa

Il y a quelques semaines, je vous ai présenté le dernier numéro de la revue In/Off, éditée par le Club de la presse et de la Communication de Normandie, et notamment la double page d’infographie, que j’ai réalisée avec Adèle Pasquet, et qui traitait cette année des résultats d’un sondage auprès des journalistes et communicants normands sur leur utilisation des réseaux sociaux.
Vous pouvez lire le post (ici) ou feuilleter le numéro d’In/Off ().

Dans ce post, j’avais repris et commenté trois des quatre graphiques présentés dans cette double page. Et pour cause… le quatrième graphique, un camembert, est faux, et c’est entièrement de ma faute, seulement, je m’en suis aperçue tardivement, justement en voulant le commenter dans ce blog.

De la vertu pédagogique d’une faute

J’ai choisi aujourd’hui de revenir sur ce graphique et sur cette erreur, d’une part pour la corriger et vous donner une bonne lecture des résultats, d’autre part pour en profiter, et vous éviter de tomber vous-même dans ce piège grossier une prochaine fois.

Les résultats bruts

Partons du commencement : les résultats du sondage, repris dans le tableau ci-dessous.

 

247 personnes ont répondu à cette question, en cochant un ou plusieurs items, parmi les 8 proposés. La plupart des communicants ou journalistes ont donné plusieurs réponses, car leur attente est multiple : au total, on a ainsi recueilli 943 réponses pour cette question, soit en moyenne presque 4 réponses par personne (exactement 3,82 réponses en moyenne par personne, c’est ce qu’indique le total de 382%).

Le calcul des pourcentages

L’attente la plus mise en avant, c’est “faire de la veille” : 184 personnes ont répondu à cette question, soit 74% des répondants.
Pour calculer ce pourcentage, on prend le nombre de réponses à cet item (184), que l’on divise par le nombre total de répondants (247) : 184/247 = 0,72 (ou 72%).

On peut de même reprendre tous les items, et calculer le pourcentage correspondant de personnes ayant coché chacune des réponses. C’est ce qui est indiqué dans la dernière colonne, dans le tableau ci-dessus, en %. On voit ainsi que 4 items sont cités par plus de la moitié des personnes interrogées : Faire de la veille, gagner en notoriété, étendre son réseau professionnel et augmenter le trafic sur son site web.

Le graphique juste

On peut donc représenter graphiquement les résultats, par exemple par des barres, comme ci-dessous (bien moins belles que la mise en page d’Adèle Pasquet dans la revue).

 

 

 

 

 

 

Pourquoi le camembert est-il faux ?

J’en reviens à mon camembert. Il faudrait d’ailleurs se demander plutôt en quoi il est faux. En fait il est faux d’une part d’un point de vue conceptuel – parce que le camembert n’est pas adapté à ce type de résultats et qu’il aurait fallu choisir un autre type de graphique – d’autre part tout simplement parce que les pourcentages sont faux, ils ne correspondent pas à ce qui est indiqué dans le tableau.

En fait ces deux erreurs sont liées. Un camembert, par convention, indique qu’on partage un tout (le camembert entier), en tranches ou en parts distinctes, qui refont le tout si on les remet ensemble. Or, “ensemble” cela correspond à 100% de la population interrogée. Pour avoir le droit d’utiliser le camembert, il faut que chaque répondant ne se retrouve qu’une fois dans les réponses, c’est-à-dire qu’il n’y ait qu’une réponse possible. On peut alors faire une partition sur cette population. Par exemple une question du type “A quelle tranche d’âge appartenez-vous ?” se prête bien au camembert, qui montrer visuellement la répartition des personnes en fonction de leur réponse.

Les logiciels d’assistance à la composition de graphiques connaissant bien cette règle, les pourcentages ont été recalculés automatiquement, de manière à ce que le total fasse 100% : c’est pour cela que les pourcentages indiqués sur le camembert faux – publié dans In Off et reproduit tout en haut de la page – sont faux. Et cela m’a complètement échappé à la relecture (il est vrai réalisée un peu à la dernière minute).

Revenons sur la manière dont ont été recalculés ces pourcentages. 

Comme je l’ai dit plus haut, le camembert va permettre de répartir visuellement une population (population totale = 100%) en parts plus ou moins grandes selon le nombre de réponses reçues. Si on veut répartir l’ensemble des réponses (943 réponses), la population totale qui sera retenue sera non plus la population des personnes ayant répondu (247) mais la population des réponses elles-mêmes (943), et c’est par rapport à cette population totale de 943 que seront recalculés les pourcentages. Ainsi, pour calculer le pourcentage correspondant à l’item “faire de la veille”, on prend le nombre de réponses avec cet item (184) , et on le divise par le nombre total de réponses (943) : 184/943 = 0,195 (ou 19,5%). CQFD !
Avouez que l’on s’en fiche pas mal, de savoir que cela correspond à 20% des réponses. Par contre, de savoir que pour 74% des répondants c’est une attente importante, c’est intéressant !

La morale de l’histoire

Le choix d’un graphique en camembert n’est possible que si et seulement si (condition nécessaire et suffisante) la somme des pourcentages égale 100%.

Autrement dit, il faut que toutes les lignes se réfèrent à la même population et qu’il n’y ait qu’une seule réponse possible par personne.

La pédagogie de l’erreur

J’ai déjà évoqué (ici) la difficulté de bien lire un graphique, e la nécessité d’accepter le fait que, parfois, on s’aperçoit trop tard de notre faute (c’est vrai pour moi aujourd’hui). Cela montre que rien n’est évident, ni dans la manière de matérialiser une information, ni dans la lecture rapide d’un graphique.

Plutôt que d’essayer de masquer mon erreur (je me demande combien de lecteurs de In Off l’ont remarqué ?), j’ai choisi d’en parler, ce qui m’a donné l’occasion d’expliquer en détail comment on lit et comment on choisit tel ou tel type de graphique.

J’attends vos commentaires.

Nota : vous avez compris que je ne parle pas ici de faux camembert, mais bien de camembert faux !

 

Comment réseautez-vous ?

Quels sont les réseaux sociaux préférés des communicants et journalistes normands ?  Y sont-ils plus assidus à titre professionnel ou à titre personnel ? Comment les utilisent-ils ? À quel rythme ?  Pour quoi faire ? Voilà quelques-unes des questions que nous cherchions à élucider en lançant une enquête auprès des communicants et journalistes normands. (Retrouvez la méthodologie en fin d’article)

Une enquête parue dans la revue IN/OFF

Les réseaux sociaux et leur impact dans nos métiers de journalistes et de communicants » telle est la thématique choisie cette année par les adhérents du Club de la presse et de la communication de Normandie (auteurs et graphistes), qui ont joué la carte du travail collaboratif afin de produire le numéro 5 de leur revue annuelle, entraînés par Bruno Morice, JRI sur France 3 Normandie, qui était pour cette année le rédacteur en chef (numéro à télécharger ici).

Quelques enseignements

Tous en réseaux

Premier constat : tous les répondants (soit 258 journalistes et communicants interrogés, voir ci-dessous la note méthodologique) ont un compte dans au moins un réseau social. Notons que 100% des répondants de moins de 30 ans ont un compte sur Facebook, et 99% sur LinkedIn et Twitter. Le nombre de réseaux est d’ailleurs inversement proportionnel à l’âge : les moins de 30 ans déclarent en moyenne avoir un compte sur 6,6 réseaux (sur 9 proposés), contre 5,5 entre 30 et 50 ans et 4,6 pour les plus de 50 ans.

Le(s) Top(s) 3 des réseaux

Le classement diffère selon l’usage, l’âge et la profession.

Comptes pro et privés confondus, Facebook est largement en tête puisque 93% des personnes ayant répondu au questionnaire déclarent y avoir un compte pro ou privé. Suivent LinkedIn (82%) et Twitter (68%). Toutefois, chez les journalistes, Twitter (avec 76%) arrive avant LinkedIn (67%).

Le classement varie si l’on considère l’usage : en comptes pro, LinkedIn arrive en tête (44% des répondants ont un compte LinkedIn), suivi de Twitter (31%), Facebook ne se plaçant qu’en 3e position (27%). Pour ce qui est des comptes « Structures », le classement est encore différent : Facebook (60%), Twitter (49%) YouTube (38%).

Si l’on regarde l’assiduité, en prenant en compte la part de ceux qui se connectent au moins une fois par jour, Facebook reste en tête (66% des répondants sont dans ce cas pour leur compte pro et 73% sur le compte perso). Pour les comptes pro, la 2e place revient à Twitter (44% se connectent au moins une fois par jour), suivi de LinkedIn (33%). Pour les comptes perso, le classement fait remonter Instagram (37%), suivi de Twitter (35%) et LinkedIn (27%).

Pour ce qui est de l’importance de la communauté, Facebook est encore une fois très largement en tête, que ce soit pour les comptes pro (avec notamment 9 répondants qui déclarent avoir une communauté de plus de 100 000 personnes), les comptes des structures ou les comptes perso. Twitter arrive en 2e position et LinkedIn en 3e.

Quelle activité ?

Communicants et journalistes sont plus actifs sur les réseaux pro que sur leurs réseaux perso. S’ils sont plus accros à leur Facebook privé, comme on l’a vu plus haut (73% d’entre eux y vont au moins une fois par jour), ils sont plus souvent connectés à Twitter et LinkedIn pour des raisons professionnelles que pour des raisons personnelles.

Ils sont aussi plus visibles : alors que seuls 36% des personnes interrogées déclarent « ne faire qu’observer et lire » sur leurs réseaux pro, ils sont 45% dans ce cas dans le privé. Leur activité consiste d’abord à relayer les posts des autres (53% le font souvent sur leurs réseaux pro et 44 % sur leurs réseaux perso), à faire des liens vers des articles extérieurs (respectivement 50% et 43%) et à publier des posts originaux (43% et 37%). En revanche, ils commentent plus volontiers à titre privé (40%, contre 24% à titre pro). Notons aussi que sur les réseaux professionnels, 79% des répondants déclarent faire des liens vers les articles parlant de leur structure, dont 52% le font souvent.

Note méthodologique et précautions d’emplois

L’enquête a été réalisée en ligne, en mars-avril 2018, par Béatrice Picard (SNIC – EcoNormandie). L’infographie est d’Adèle Pasquet.

Le questionnaire comprenait au total 12 questions fermées, une question ouverte et 3 questions d’identification. Les questions non traitées ici ou dans la revue papier seront mises en ligne à la fin de l’été sur ce blog et sur le site du Club de la presse et de la communication.

1 700 personnes, journalistes et communicants, ont été sollicitées, dont 500 membres du Club de la Presse et de la Communication de Normandie, les autres étant des responsables extraits du fichier EcoNormandie. 258 réponses ont pu être traitées, soit un taux de réponse de 15%. Au total, 35 journalistes cartés, 17 journalistes non cartés, et 170 communicants (dont 146 dans un service Com) ont répondu. Il s’agit principalement de femmes (66 % de l’échantillon). Les moins de 30 ans représentent 16% des répondants et les plus de 50 ans 31%.

Les résultats sont donnés en % des personnes ayant répondu.

L’échantillon n’étant pas un échantillon représentatif, on ne peut pas extrapoler les résultats pour l’ensemble de la population interrogée. On notera par exemple que tous les répondants ont un compte dans au moins un réseau social, à titre privé ou professionnel. Cela ne signifie pas que c’est le cas de tous les journalistes et communicants normands, mais on peut supposer que ceux qui se sentent concernés ont plus volontiers répondu…

 

EcoNormandie à Caen

Tout était réuni mardi 3 avril pour une belle rencontre à Caen autour d’EcoNormandie : un nouveau lieu accueillant et fonctionnel en centre-ville – Hey! Coworking – des connexions et du matériel au top qui laisseraient croire que c’est toujours aussi facile, un café-croissant pour commencer, et une douzaine de personnes réunies à l’invitation du Club de la Presse et de la Communication de Normandie.

Le tour d’EcoNormandie

EcoNormandie à Caen chez Hey CoworkingDes élus ou leurs collaborateurs (Région, Département du Calvados, Ville de Caen, Assemblée nationale), des représentants de grandes et petites entreprises, des indépendants, des communicants, des responsables de structures de développement ou d’aménagement… La petite assemblée représentait bien les utilisateurs d’EcoNormandie et c’est bien en pensant à eux que notre petite équipe travaille toute l’année pour mettre à jour le guide et faire tourner le site.

Après la présentation de la dernière édition du guide, nous avons échangé sur ce qui me passionne et dont je vous entretiens dans ce blog : pourquoi je crois encore au guide papier (voir ici), les défis de la mise à jour (ici) ou la manière d’utiliser le portail EcoNormandie pour la veille économique.

Il y a eu une démonstration du site EcoNormandie, dont les multiples ressources restent méconnues et sous-utilisées, quelques questions, des compliments venus du public. Comme je le disais pour commencer, ce fut une belle rencontre et je suis prête à me déplacer autant qu’il le faut pour faire découvrir les ressources d’EcoNormandie ou montrer comment mieux les utiliser.

Clin d’œil

Une douzaine à Caen, c’est un peu plus qu’à Rouen en décembre (voir ici) pour une rencontre sur le même thème, et ce n’est pas pour me déplaire. J’y vois un encouragement pour le nouvel espace Hey! Coworking ouvert il y a quatre mois. J’y lis une réussite pour le Club de la presse et de la communication de Normandie, qui fête cette année ses 15 ans, mais s’est étendu à toute la Normandie il y a seulement 2 ans. Le club n’a pas encore d’équipe permanente à Caen, et compte encore peu d’adhérents dans le Calvados, l’Orne et la Manche. Des rencontres régulières y sont programmées, à suivre…

C’est aussi une leçon d’humilité pour EcoNormandie, qui vient de publier la 27e édition du guide éponyme, qui couvre depuis bientôt 30 ans les cinq départements normands, et qui reste moins connu et moins utilisé dans l’ex Basse-Normandie ! À méditer pour nous qui croyons (et pratiquons) à la grande Normandie depuis la première édition du guide. L’ambition d’EcoNormandie reste plus que jamais d’actualité : « Mieux se connaître pour mieux travailler ensemble ! »