Enquête sur le moral des journalistes

Infographie parue dans La Lettre EcoNormandie du 20 septembre 2019

Dans un contexte de montée de la défiance vis-à-vis des médias, le Club de la presse et de la communication de Normandie a interrogé les journalistes normands sur les évolutions et les difficultés de leur métier.
L’enquête est parue dans le numéro 2019 de la revue annuelle du club, In/Off (à consulter ici) et ses résultats sont désormais en ligne sur le site du club (à consulter ici). La Lettre EcoNormandie en a tiré son infographie dans son numéro daté du 20 septembre 2019 . Le blog EcoNormandie revient cette semaine sur ces résultats, tout d’abord avec (ci-dessus) le résumé graphique proposé dans La Lettre, grâce à la patte d’Isabelle Loyer, infographiste à Paris Normandie, puis ci-dessous avec les graphiques reprenant l’ensemble des résultats aux questions fermées. Nous vous invitons à consulter aussi (ici) les commentaires, souvent longs et très personnels, reçus en réponse à la question ouverte. Nous savions qu’il y avait un malaise dans la profession, et dans la manière dont les journalistes sont perçus, mais il est intéressant – et même inquiétant – de constater à quel point ce malaise touche d’une manière ou d’une autre les trois-quarts de la profession.

Les résultats de l’enquête

Les répondants : qui sont-ils ?

Note méthodologique

L’enquête « Le moral des journaliste » a été réalisée en ligne, en avril 2019, par Béatrice Picard (SNIC – EcoNormandie) dans le cadre de la rédaction du numéro 2019 de la Revue In/Off réalisée par le Club de la Presse et de la Communication de Normandie (à télécharger ici). Environ 500 journalistes normands ont reçu une invitation à répondre à l’enquête. 127 réponses ont pu être traitées, soit un taux de réponse de 25 %, qui est un premier enseignement : ce sujet les concerne !
Au total, 115 journalistes cartés et 12 journalistes non cartés ont répondu (dont 31 % sont adhérents du Club), à quasi-parité hommes (52 %) — femmes (48 %). Les moins de 30 ans représentent 14 % des répondants et les plus de 50 ans 25 %. L’échantillon n’étant pas un échantillon représentatif, on ne peut pas extrapoler les résultats pour l’ensemble de la population des journalistes normands. Cependant le nombre de réponses est suffisant pour donner une tendance (en 2018, la CCIJP recensait 822 journalistes cartés en Normandie : 1 sur 8 a répondu à l’enquête).

En bonus

Au moment où j’écris cet article, je tombe sur une chronique intitulée “Les médias sont-ils moins libres qu’avant ? dans l’émission de France Culture Les Chemins de la philosophie. A écouter ici.

Arrêt sur statistiques

Vous connaissez mon intérêt pour les chiffres et mon plaisir de le transmettre. Il a été comblé cette semaine [le 25 avril] avec la venue au Club de la presse et de la communication de statisticiens de l’Insee Normandie. Je prends aujourd’hui le prétexte de ce « Campus-sandwich », mais aussi d’autres rencontres organisées par l’Insee Normandie, pour faire un « arrêt sur statistiques », comme on parle « d’arrêt sur image ». Mon propos aujourd’hui n’est pas de m’intéresser aux résultats ni à l’analyse des données, mais de m’arrêter sur quelques commentaires faits par les statisticiens afin de partager mes réflexions sur la méthode statistique.

À l’occasion du « Campus-sandwich » de ce 25 avril, Jean-Louis Reboul, et son équipe avaient 1h30 pour donner quelques pistes afin de mieux se retrouver dans la forêt de données disponibles sur le site insee.fr.

Ils ont souligné que ces données doivent servir à éclairer le débat public et rappeler que « pour faire de la statistique, il faut des conventions, des seuils, et il faut interpréter ». Ce sont ces conventions, ces règles d’interprétation et aussi leurs limites qui m’intéressent aujourd’hui.

C’est en fait lors des derniers « Rendez-vous de l’Insee » consacrés aux “QPV” (quartiers politique de la ville), dont j’ai déjà parlé, que l’idée de cet « arrêt sur statistiques » a germé.

N’étant pas, contrairement aux autres participants, directement concernée par le sujet, j’ai pris de la distance par rapport aux enseignements que l’on pouvait tirer des différents exposés et des échanges qui suivaient, pour en tirer chaque fois une leçon de statistique, et de ce point de vue, j’ai été nourrie, car en trois heures, beaucoup des questions qui se posent lorsqu’on analyse des données ont été abordées. Je reviens ci-dessous sur certaines d’entre elles, et je dois avouer le réel plaisir que je retire des mots et des expressions mêmes que j’ai glanés durant ces rencontres.

Le choix du seuil

Le mode de calcul du seuil de pauvreté (60 % du revenu médian) définit un pauvre en France comme un individu ayant un niveau de vie inférieur à 1026 € (salaire 2016, pour une personne vivant seule ou encore 2150 € pour un couple avec 2 enfants). Avec cette définition, on compte 8,8 millions de pauvres, soit 14 % de pauvres. Avec un seuil à 50 %, on en compterait 5 millions.
Question : comment choisir le seuil le plus pertinent (en gardant en tête que l’objectif est « d’éclairer le débat public »)  ?

Le droit de comparer

Je l’ai souvent répété, un chiffre seul n’apporte pas une information pertinente, c’est la comparaison qui permet d’analyser.
Encore faut-il avoir le droit de comparer deux données entre elles. Il faut pour cela veiller à ce qu’elles aient la même source, et que la population de référence et le périmètre soient définis de manière à ce que l’on puisse comparer.
Pour des comparaisons dans le temps, cela pose la question de la pérennité des zonages et des modes de calcul.

Le décalage de temps

Le temps du recueil des données n’est pas le temps des décisions politiques, ce décalage est apparu clairement lors des échanges des “Rendez-vous de l’Insee”. Pour de nombreuses données collectées sur le thème de la politique de la ville, il faut compter 3 ans pour les remontées de données définitives et comparables, leur analyses par les statisticiens, et la mise à disposition. Mais sur le terrain, la nécessité de faire des bilans à mi-parcours pour les contrats politique de la ville achoppe sur cette question de délais.

La robustesse des données

La robustesse d’une donnée ou d’un indicateur (par opposition à sa fragilité) est ce qui assure sa fiabilité. Par exemple si l’échantillon est trop petit, ou mal construit, les données seront fragiles.

Le secret statistique

L’Insee ne diffuse que des données anonymisées, en veillant à ce qu’aucune information sur un individu de l’échantillon (personne, entreprise, collectivité, etc.) ne puisse être déduite des résultats. Lorsqu’il y a trop peu de monde dans une catégorie, on parle de secret statistique, et l’information n’est pas diffusée à cette maille, on agrège les résultats à une autre catégorie. Cela rend bien sûr indisponibles certaines informations .

Eclairer sans répondre

Le rôle des statisticiens n’est pas de répondre aux questions que se posent élus, journalistes, chercheurs, acteurs du terrains, mais de donner des informations qui leur permettront de répondre.

L’Open Data dans les collectivités normandes

Cette semaine, je vous invite à lire l’article paru sur le site paris-normandie.fr : “Les collectivités de Normandie ont-elles pris le train de l’open data ?” (ou accès direct à l’article complet ici). C’est un sujet que j’ai déjà évoqué (par exemple ici avec le fichier Sirene), car les données en libre accès bouleversent la manière de travailler dans les deux domaines auxquels s’intéresse ce blog : la gestion de bases de données et les infographies.
Amandine Briand, qui a mené l’enquête, nous propose ici un point très complet, avec des rappels sur ce qu’est l’open data ou un historique sur les étapes qui ont amené l’ouverture des données publiques depuis 2012. Mais le bonus, c’est la mise à disposition d’un outil de recherche interactif sur les collectivités et leurs “datas”.
Je vous laisse aller lire l’article, et si vous vous intéressez aux évolutions du site paris-normandie.fr, je vous donne quelques précisions ci-dessous.

À découvrir sur “PN Interactif”

Depuis quelques mois, l’univers numérique de Paris-Normandie évolue, avec une équipe dédiée, qui a vocation à produire du contenu interactif. Ainsi les articles ou reportages rassemblés sous l’onglet  “PN interactif” laissent s’exprimer pleinement toutes les possibilités du web, avec images, vidéos, animations ou infographies, et surtout une scénographie adaptée à la lecture à l’écran : “Grands formats” ou infographie.

Les “Grands formats”

Enquêtes illustrées, sur des sujets variés, dont voici quelques exemples :

Infographie
Des cartes interactives et quiz, dont voici quelques exemples :

A suivre de près

Ca me plait de relayer ici cet article sur l’open data, avec un sujet au cœur de mes préoccupations et un traitement exploitant les ressources et techniques du web. Et ça me plait de montrer que ça bouge à  Paris-Normandie, et que ça se voit déjà sur le site…