Baromètre des territoires

L’Observatoire des territoires, créé par le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), a publié cet été son baromètre de la cohésion des territoires. J’ai choisi d’en tirer certains indicateurs pour l’infographie de la La Lettre EcoNormandie de cette semaine (à télécharger ici). Je vous propose donc de me suivre pour découvrir ce baromètre, qui se veut un outil de diagnostic et d’analyse des territoires, pour analyser la place de la Normandie selon les indicateurs retenus, et pour partager quelques réflexions sur ces données.

Des outils pour mesurer dynamisme et fragilité des territoires

L’observatoire des territoires met à disposition plusieurs outils complémentaires qui proposent une approche statistique, par thème et par territoire.

Le baromètre de la cohésion des territoires

Paru en juillet 2018, ce rapport de 68 pages propose quelques dizaines d’indicateurs regroupés selon six thèmes (solidarité, qualité de vie, transition socio-environnementale, empowerment, capital social des territoires, coopération entre territoires). (À télécharger ici).

Je voudrais souligner trois grandes qualités de cette étude :

  • La clarté graphique de sa présentation
  • La volonté pédagogique, avec notamment un paragraphe que l’on retrouve pour chaque thème : « pourquoi cet indicateur »
  • Le classement des régions françaises selon chaque indicateur retenu.

Vous pouvez visionner ci-dessous la page consacrée au revenu médian :

Le baromètre interactif

Interactif comme son nom l’indique, cet outil permet de retrouver les indicateurs selon un code couleur (cliquez par exemple sur la courbe de couleur prune pour accéder au revenu médian), et accéder à des informations et analyses supplémentaires par rapport à l’étude papier comme on le voit sur la copie d’écran ci-dessous. On peut trier selon les revenus 2012 ou 2014, passer la souris sur chaque région pour avoir les données correspondantes, et visionner au total 5 écrans sur ce thème avec graphiques et analyse.

Place de la Normandie ?

Le tableau publié en tête d’article (et repris ci-dessous), paru dans La Lettre EcoNormandie, a été réalisé par Cyril Thibouville, infographiste à Paris-Normandie, à partir des données tirées du baromètre évoqué ci-dessus. J’ai choisi les indicateurs relatifs aux deux premiers thèmes (solidarité et qualité de vie).

On observe que sur tous ces indicateurs sauf trois — dont deux relatifs au logement (rapport entre les demandes et les attributions de logements sociaux et taux de suroccupation des résidences principales) et le troisième portant sur la part de population couverte par le RSA — la Normandie est moins bien située que la moyenne française. Son classement, hormis pour les deux indicateurs « logement », est situé entre la 9e et la 13e place sur 18 régions, dont 13 régions métropolitaines. Un rappel pour dire que socialement, la Normandie se situe parmi les régions les moins favorisées.

Des indicateurs datés

Dans le tableau publié dans La Lettre, nous avons précisé et mis en évidence les dates pour chacun des indicateurs, telles qu’elles sont indiquées dans le rapport.

Pour plusieurs de ces indicateurs, il s’agit de 2014, et je connais beaucoup de personnes avisées — et notamment des journalistes — qui regardent avec dédain, voire se détournent, de données chiffrées si elles ne sont pas fraîches (un ou deux ans). Quand à moi, quand je parle de « données datées », c’est pour souligner le sérieux et la fiabilité des sources : on sait d’où et de quand viennent les chiffres. Je voudrais préciser que les délais entre l’observation et la restitution sont nécessairement un peu longs, et qu’il faut l’accepter. Si l’on veut observer sérieusement des réalités complexes, en utilisant des outils fiables, et des données vérifiées, il faut accepter que le temps pour les différentes étapes (recueil des données, compilation/vérifications, traitement, analyse, publication) n’est pas élastique, et que la mise à disposition d’informations chiffrées, analysées et bien présentées n’est pas immédiate. Il faut aussi reconnaître que la plupart des réalités étudiées bougent lentement, et qu’un décalage de trois-quatre ans permet déjà de donner une photographie à un moment donné et une tendance dans l’évolution.

« L’art du démographe est de savoir travailler avec des données imparfaites » précise le démographe François Héran, titulaire de la Chaire « Migrations et sociétés », dans sa 1re leçon au Collège de France (à écouter ici).

J’ajouterai que même en prenant toutes les meilleures précautions, les chiffres ne donnent qu’une approche incomplète et même un peu biaisée des phénomènes complexes étudiés : la réalité ne se résume pas à des chiffres et n’entre pas dans des petites cases. Ce qui est important ici, c’est que les chiffres soient comparables d’une région à l’autre, comparable avec une moyenne sur toute la France, et que l’on puisse appréhender l’évolution sur plusieurs années en étant sûr que les données se prêtent à la comparaison. Et tout nous montre que c’est le cas ici.

Un outil de visualisation simplissime

Je vais vous présenter aujourd’hui l’outil « statistiques locales », disponible sur le site de l’Insee, qui permet de réaliser des cartes de travail interactives. J’en profiterai pour revenir sur la richesse des données issues du recensement — au-delà des chiffres de population — et reviendrai sur l’importance de la présentation et du choix de l’infographie pour lire et analyser les statistiques. 

Les résultats du recensement : une mine !

J’en ai déjà parlé l’an dernier à peu près à la même époque (ici) : les données du recensement de la population sont une mine dont je ne me lasserai pas de vanter la richesse. Chaque année, au 1er janvier, la population de chaque portion de territoire est ainsi mise à jour (voir ici le post consacré au millésime 2018 / RP 2015). Et à la mi-année, l’exploitation des résultats permet d’en savoir plus sur les caractéristiques de la population, le logement, la famille, l’emploi, la formation, la population active…

Le site de l’Insee permet de retrouver toutes ces données, disponibles sous forme de tableaux d’un territoire au choix (France, régions, communes, aires urbaines…) et sur un thème (évolution de la structure de la population, familles, logements, diplômes, chômage…), ou de fichiers détail sur les différents domaines (logements ; individus ; activité ; mobilités scolaires et professionnelles ; migrations résidentielles).

L’outil « statistiques locales » : un trésor !

Parmi les richesses cachées du site de l’Insee, je veux vous faire découvrir aujourd’hui cet outil « statistiques locales » (page d’accueil ici), qui propose une visualisation cartographique des données, en grande partie issues du recensement.

La carte proposée ci-dessus (et visualisable ici en format interactif) met en évidence les niveaux de diplôme des Normands, selon un découpage par arrondissement. Elle se construit en trois clics :

  • 1 — Choisir le thème de son indicateur (à gauche de la carte).
    J’ai choisi “Éducation • formation • compétence ».

 

 

 

  • 2 — Choisir précisément 1 ou 2 indicateurs parmi ceux proposés dans le thème sélectionné.
    J’ai choisi deux indicateurs : le diplôme le plus élevé obtenu (qui sera caractérisé, par un camembert présentant le pourcentage de personnes ayant atteint chaque niveau de diplôme) et la part des diplômés du supérieur (qui sera caractérisé par la coloration plus ou moins dense selon le pourcentage).

 

 

  • 3 — Choisir le découpage géographique
    J’ai choisi le découpage par arrondissement.

 

 

Et voilà ! la carte s’affiche, on peut passer la souris pour visualiser les valeurs correspondant à chaque territoire, exporter les tableaux de données, basculer vers une carte avec les valeurs de 2010 pour observer l’évolution, comparer avec d’autres niveaux géographiques.

Une autre manière de présenter ces données

Le numéro du 7 septembre 2018 de La Lettre EcoNormandie présente ces informations sous une autre forme. En effet, le format réservé dans La Lettre à l’infographie ne permet pas de présenter clairement toutes ces données, d’autant qu’il n’est pas question sur le PDF de « passer la souris » pour voir s’afficher les valeurs. Nous avons donc choisi d’une part de simplifier le zonage en retenant le département (et non l’arrondissement), et d’autre part d’extraire les données du tableau pour realiser des graphiques lisibles sur le format de la lettre.

Pour extraire les données, c’est très simple : cliquer sur l’onglet « tableau » et dans le menu « Actions » cliquer sur « Exporter ».

De la carte aux barres

Après discussion avec l’infographiste Cyril Thibouville, nous avons choisi de présenter ces informations sous forme de barre pour chaque département, avec un camembert pour les niveaux Normandie et France.

Ce que l’on retiendra

La carte par arrondissement (en tête de ce post ou en ligne ici) fait très nettement apparaître des disparités, avec une proportion de diplômés de l’enseignement supérieur plus forte dans l’arrondissement de Caen (plus de 40%), et juste derrière les arrondissements de Rouen et d’Évreux. L’Orne et le nord de la Seine-Maritime comptent en revanche moins de 18% de diplômés de l’enseignement supérieur.

Le graphique proposé dans La Lettre EcoNormandie, réalisé avec les mêmes données, montre (visualisation immédiate de la taille des barres vertes) que le département du Calvados compte la plus forte proportion de diplômés du supérieur (24,7%), tout en restant en-deçà de la moyenne des Français (28,3%). Suivent la Seine-Maritime (23,1%) et l’Eure (21,3%), tandis que l’Orne et la Manche sont à moins de 20%.

Les camemberts permettent de comparer, sous une autre forme, le niveau de diplôme des Normands avec la moyenne française, et on constate d’un coup d’oeil (tranche verte) qu’il sont moins diplômés que la moyenne (22% de diplômés de l’enseignement supérieur en Normandie, vs 28,3% en France).

Pour aller plus loin

Sachez que l’Insee propose des démonstrations de ses outils – et notamment de l’outil statistiques locales et se déplace dès lors qu’il y a une équipe intéressée pour l’utiliser. Contact : dr76-communication-externe@insee.fr

SIRENE à portée de tous

Rangée de serveurs dans un data centre.

Quel bonheur que la politique d’open data décidée par le gouvernement !
Le fichier Sirene de l’Insee, fichier de référence de tous les établissements actifs français, avec bien sûr les numéros Siret et Siren (pour l’identification unique de l’établissement et de l’entreprise), le Code NAF (pour l’activité), la localisation ou la tranche d’effectif, est accessible gratuitement, depuis le 1er janvier 2017, en consultation ou en libre téléchargement depuis le site de l’Insee ou le site open data du gouvernement.

Téléchargement, mode d’emploi

Si vous souhaitez une sélection de fiches sur mesure, selon vos propres critères (effectif, activité, localisation…), connectez-vous sur le site de l’Insee qui vous permettra de constituer votre liste, à condition qu’elle ne comprenne pas plus de 100 000 établissements.

Si vous souhaitez télécharger l’ensemble de la base Sirene – ou si votre fichier fait plus de 100 000 fiches – il faut opter pour le site open data du gouvernement. Le fichier « stock », mis à jour chaque mois, en début de mois, comprend l’ensemble des établissements actifs, il est complété des fichiers « mis à jour », mensuels et quotidiens, qui permettent de récupérer uniquement les fiches ayant été modifiées.

Une astuce : pour EcoNormandie, je m’intéresse à tous les établissements normands ayant au moins un salarié. Alors qu’en 2017, ce fichier comprenait 98 000 fiches, il en comprend 103 000 en 2018 – au-delà des 100 000 ! Mais pas question pour autant de télécharger l’ensemble du fichier Sirene, j’ai simplement fait deux téléchargements : un pour les établissements normands de 1 ou 2 salariés (environ 50 000 fiches) et l’autre pour les établissements de 3 salariés ou plus (un peu plus de 53 000 fiches).

Toutes les étapes d’un fichier sur mesure

1 • Connectez-vous (et éventuellement, créez votre compte si ce n’était pas fait)

2 • Cliquez sur « Constituer gratuitement une liste sur mesure »

3 • Rentrez vos critères

4 • Enregistrez

5 • Cliquez sur « Calculer le nombre d’enregistrements »

 

6 • Si le nombre est inférieur à 100 000 et
que la sélection vous convient, cliquez
sur « confirmer »

 

7 • Validez après avoir pris connaissance des CGU

 

8 • Un email vous parviendra (prenez patience, ce n’est pas immédiat) et vous donnera un lien de téléchargement. Vous avez 15 jours pour télécharger le fichier.

Le fichier livré

C’est un fichier en format .csv comprenant plus de 50 rubriques.

Pour s’y retrouver dans le dessin du fichier, les définitions et caractéristiques des rubriques, c’est ici

EcoNormandie et SIRENE


Pour l’équipe EcoNormandie, spécialiste des bases de données et des fichiers régionaux à l’échelle de la Normandie, SIRENE constitue une référence, qui permet régulièrement de comparer les établissements de notre base aux établissements de la base SIRENE, pour repérer les nouveaux établissements, compléter ou corriger les effectifs, vérifier l’existence ou suivre les changements. Concrètement, nous intégrons le fichier .csv dans notre base de données FileMaker, et faisons des liens de comparaison entre les fiches du fichier SIRENE et nos propres fiches.

Ce que SIRENE donne et ne donne pas

Le fichier SIRENE n’est pas utilisable tel quel : il ne comprend ni téléphone, ni nom de dirigeants, ni effectifs exacts (seul la tranche d’effectifs est indiquée). Mais c’est une référence pour suivre les modifications du tissu économique. Et il contient tous les établissements actifs quels que soient leurs statuts (entreprise, collectivité, association, établissement public, administration…), ce qui nous intéresse, car notre base EcoNormandie est aussi une base très large à l’échelle de la Normandie.

Ce qu’EcoNormandie donne et ne donne pas

EcoNormandie donne beaucoup d’informations qui ne sont pas sur SIRENE (effectif, dirigeants, activité, actualité, téléphone, e-mail, site web et réseaux sociaux, logo…) mais n’a pas vocation à être exhaustif. Tandis que le fichier SIRENE comprend 103 000 établissements normands ayant au moins 1 salarié, notre base de données en ligne présente 10 000 structures sur le portail EcoNormandie. Sur certaines catégories cependant, EcoNormandie présente l’ensemble des établissements normands : les 2 710 communes de Normandie (avec maires et adjoints), les 72 EPCI à fiscalité propres (avec présidents et vice-présidents), toutes les directions décentralisées de l’Etat, ou encore tous les établissements de plus de 100 salariés (avec dirigeants, effectif, actualité, et, pour les sièges d’entreprises, Chiffres d’affaire).

 

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