Comment réseautez-vous ?

Quels sont les réseaux sociaux préférés des communicants et journalistes normands ?  Y sont-ils plus assidus à titre professionnel ou à titre personnel ? Comment les utilisent-ils ? À quel rythme ?  Pour quoi faire ? Voilà quelques-unes des questions que nous cherchions à élucider en lançant une enquête auprès des communicants et journalistes normands. (Retrouvez la méthodologie en fin d’article)

Une enquête parue dans la revue IN/OFF

«  Les réseaux sociaux et leur impact dans nos métiers de journalistes et de communicants » telle est la thématique choisie cette année par les adhérents du Club de la presse et de la communication de Normandie (auteurs et graphistes), qui ont joué la carte du travail collaboratif afin de produire le numéro 5 de leur revue annuelle, entraînés par Bruno Morice, JRI sur France 3 Normandie, qui était pour cette année le rédacteur en chef (numéro à télécharger ici).

Quelques enseignements

Tous en réseaux

Premier constat : tous les répondants (soit 258 journalistes et communicants interrogés, voir ci-dessous la note méthodologique) ont un compte dans au moins un réseau social. Notons que 100% des répondants de moins de 30 ans ont un compte sur Facebook, et 99% sur LinkedIn et Twitter. Le nombre de réseaux est d’ailleurs inversement proportionnel à l’âge : les moins de 30 ans déclarent en moyenne avoir un compte sur 6,6 réseaux (sur 9 proposés), contre 5,5 entre 30 et 50 ans et 4,6 pour les plus de 50 ans.

Le(s) Top(s) 3 des réseaux

Le classement diffère selon l’usage, l’âge et la profession.

Comptes pro et privés confondus, Facebook est largement en tête puisque 93% des personnes ayant répondu au questionnaire déclarent y avoir un compte pro ou privé. Suivent LinkedIn (82%) et Twitter (68%). Toutefois, chez les journalistes, Twitter (avec 76%) arrive avant LinkedIn (67%).

Le classement varie si l’on considère l’usage : en comptes pro, LinkedIn arrive en tête (44% des répondants ont un compte LinkedIn), suivi de Twitter (31%), Facebook ne se plaçant qu’en 3e position (27%). Pour ce qui est des comptes « Structures », le classement est encore différent : Facebook (60%), Twitter (49%) YouTube (38%).

Si l’on regarde l’assiduité, en prenant en compte la part de ceux qui se connectent au moins une fois par jour, Facebook reste en tête (66% des répondants sont dans ce cas pour leur compte pro et 73% sur le compte perso). Pour les comptes pro, la 2e place revient à Twitter (44% se connectent au moins une fois par jour), suivi de LinkedIn (33%). Pour les comptes perso, le classement fait remonter Instagram (37%), suivi de Twitter (35%) et LinkedIn (27%).

Pour ce qui est de l’importance de la communauté, Facebook est encore une fois très largement en tête, que ce soit pour les comptes pro (avec notamment 9 répondants qui déclarent avoir une communauté de plus de 100 000 personnes), les comptes des structures ou les comptes perso. Twitter arrive en 2e position et LinkedIn en 3e.

Quelle activité ?

Communicants et journalistes sont plus actifs sur les réseaux pro que sur leurs réseaux perso. S’ils sont plus accros à leur Facebook privé, comme on l’a vu plus haut (73% d’entre eux y vont au moins une fois par jour), ils sont plus souvent connectés à Twitter et LinkedIn pour des raisons professionnelles que pour des raisons personnelles.

Ils sont aussi plus visibles : alors que seuls 36% des personnes interrogées déclarent « ne faire qu’observer et lire » sur leurs réseaux pro, ils sont 45% dans ce cas dans le privé. Leur activité consiste d’abord à relayer les posts des autres (53% le font souvent sur leurs réseaux pro et 44 % sur leurs réseaux perso), à faire des liens vers des articles extérieurs (respectivement 50% et 43%) et à publier des posts originaux (43% et 37%). En revanche, ils commentent plus volontiers à titre privé (40%, contre 24% à titre pro). Notons aussi que sur les réseaux professionnels, 79% des répondants déclarent faire des liens vers les articles parlant de leur structure, dont 52% le font souvent.

Note méthodologique et précautions d’emplois

L’enquête a été réalisée en ligne, en mars-avril 2018, par Béatrice Picard (SNIC – EcoNormandie). L’infographie est d’Adèle Pasquet.

Le questionnaire comprenait au total 12 questions fermées, une question ouverte et 3 questions d’identification. Les questions non traitées ici ou dans la revue papier seront mises en ligne à la fin de l’été sur ce blog et sur le site du Club de la presse et de la communication.

1 700 personnes, journalistes et communicants, ont été sollicitées, dont 500 membres du Club de la Presse et de la Communication de Normandie, les autres étant des responsables extraits du fichier EcoNormandie. 258 réponses ont pu être traitées, soit un taux de réponse de 15%. Au total, 35 journalistes cartés, 17 journalistes non cartés, et 170 communicants (dont 146 dans un service Com) ont répondu. Il s’agit principalement de femmes (66 % de l’échantillon). Les moins de 30 ans représentent 16% des répondants et les plus de 50 ans 31%.

Les résultats sont donnés en % des personnes ayant répondu.

L’échantillon n’étant pas un échantillon représentatif, on ne peut pas extrapoler les résultats pour l’ensemble de la population interrogée. On notera par exemple que tous les répondants ont un compte dans au moins un réseau social, à titre privé ou professionnel. Cela ne signifie pas que c’est le cas de tous les journalistes et communicants normands, mais on peut supposer que ceux qui se sentent concernés ont plus volontiers répondu…

 

Mon secret

Big data ou small data ?

La notoriété d’EcoNormandie n’est pas encore aussi grande que je le souhaiterais. Et pourtant on m’identifie souvent à « Madame bases de données en Normandie ». C’est vrai dans les petits cercles qui ont suivi l’aventure, depuis normandieonline ou le Guide économique de la Normandie, comme parmi ceux qui ont découvert plus récemment EcoNormandie.

Il est vrai que j’y consacre mon temps et beaucoup de mon énergie, depuis des années. Avec PTC, nous avons été pionniers dans les bases de données en ligne en ouvrant dès 2001 normandieonline. Le site permettait l’interrogation et la consultation en ligne des fiches des principaux responsables entreprises ou organismes normands.

À l’époque où le Big data fait fantasmer – fantasmes de peur, de puissance ou d’initiés – beaucoup pensent que mon travail consiste d’abord à traiter ces big datas. C’est en partie vrai, mais au quotidien on est plus souvent dans le minuscule que dans le big, et je comparerais plus volontiers la mise à jour d’un fichier de responsables à un travail de fourmis. Et cela m’a amusée de constater (ici et ) que même chez les géants du Big Data, le travail de fourmis s’imposait.

Imagine-t-on le nombre d’informations contenues dans une base de données comme EcoNormandie ? Près de 3 000 communes et autres collectivités, 3 000 entreprises, 1 700 associations, des centaines d’organisations professionnelles, d’administrations, de médias, et leurs responsables, qu’ils soient PDG, directeur, président, secrétaire général ou chef de service. Au total, cela fait des dizaines de milliers d’adresses, de numéros de téléphones, de mails, de prénoms et de noms, des centaines de milliers de chiffres et de mots… et autant d’occasions de faire des fautes d’orthographe, des erreurs de saisie, des mauvaises copies, des coquilles ou des étourderies.

Mon secret s’appelle…

Face à une telle masse d’informations, ce qui compte le plus, c’est la rigueur et la fiabilité de la personne qui chaque jour, une par une, rentre les informations et fait les corrections. Et pour cela, j’ai un secret, et il a un nom : Sophie Racapé.  Si je suis « Madame base de données », elle est « Madame qualité des données », et cela n’a rien à voir avec les forçats du net cités dans l’article ci-dessus.

Voilà plus de 25 ans que nous travaillons ensemble, et je me devais, dans un de mes tout premiers posts, de mentionner son travail.

+ sur la base de données EcoNormandie

Base de données mise à jour quotidiennement sur les acteurs économiques normands : élus, chefs d’entreprise, hauts fonctionnaires, responsables d’établissements publics ou d’associations à vocation régionale, ainsi que leurs structures, entreprises, associations, communes, EPCI, administrations…

• Accessible en ligne sur le portail EcoNormandie, extraction et constitution de fichiers sur mesure, publication annuelle dans le Guide EcoNormandie

Pour en savoir plus, cliquez ici

Je t’aime moi non plus

Paroles croisées de journalistes et hommes politiques normands

La séquence électorale qui s’achève semble bien choisie pour revenir sur une enquête publiée dans le numéro 2016 de la revue In/Off, la revue annuelle éditée par le Club de la presse et de la communication de Normandie.

Nous y interrogions journalistes et politiques normands, pour comprendre comment ils se perçoivent mutuellement et savoir ce qu’ils pensent et disent les uns des autres.

Les réponses croisées parlent d’elles-mêmes. Je vous livre donc d’abord un extrait de l’enquête sous forme de graphique, vous pourrez lire le commentaire en-dessous, et consulter la revue ici.

Ils se connaissent, ils se côtoient, ils s’estiment

Journalistes et politiques sont d’accord (à 80 % dans les deux populations interrogées) pour dire qu’ils entretiennent de bonnes relations. Ils se connaissent bien, se côtoient au quotidien et discutent volontiers (91 % des politiques et 70 % des journalistes le disent). En revanche, moins de la moitié (46 % des politiques et 40 % des journalistes) reconnaissent des relations de connivence. 60 % des journalistes estiment cependant que les politiques aiment jouer le jeu de la confidence.

Les politiques connaissent bien leur territoire, c’est ce qu’affirment 72 % des journalistes, tandis que 91 % des politiques le disent des journalistes. Et chacun reconnaît à l’autre une bonne connaissance des dossiers (seuls 28 % pensent le contraire).

Les journalistes : incontournables, mais on s’en méfie !

89 % des politiques sont d’accord pour dire qu’ils ont besoin des journalistes pour informer, mais aussi pour faire passer les messages sur la vie locale. Et 71 % pensent que l’information traitée par les journalistes a plus de force, qu’elle est plus crédible. Ils ne sont d’ailleurs que 29 % à penser que les journalistes ne sont pas libres par peur de choquer leurs lecteurs.

Cependant, 63 % des politiques reprochent aux journalistes de ne retenir que ce qui va mal, 69 % pensent qu’ils aiment faire un, carton sur les hommes politiques, et 66 % estiment qu’ils contribuent à entretenir un climat anxiogène, si bien que 86 % des politiques se méfient toujours de ce qu’ils disent aux journalistes. Cependant, seuls 11 % des politiques pensent que les journalistes sont trop impertinents avec les journalistes.

Les politiques : un discours trop encadré

Les journalistes reprochent aux politiques (à 90 %) une communication trop encadrée. Ils n’ont pas le même langage en tête à tête et en public (85 % des journalistes le pensent), ils cherchent d’abord à servir un discours tout prêt (82 %), ils ne pensent qu’à leur image (85 %) et qu’à leur réélection (83 %), et ne sont pas libres, car ils ont peur de choquer leurs électeurs (82 %). Ils ne répondent jamais directement à une question (70 %).

80 % des journalistes ont même l’impression que les politiques considèrent que les journalistes sont là pour mettre en valeur leurs actions et 68 % pensent que les politiques cherchent à les manipuler. Critiques envers eux-mêmes, 75 % des journalistes interrogés estiment que les journalistes ne sont pas assez impertinents, et 30 % reconnaissent pratiquer personnellement l’autocensure très ou assez souvent.

Particulièrement sévères envers les politiques, 90 % des journalistes interrogés sont d’accord pour dire que les Français ne croient plus les politiques.

Mon point de vue

Lorsque j’ai proposé, pour le numéro du club consacré à « Médias et pouvoirs », une double enquête auprès des journalistes et des politiques, j’avais l’intuition (appuyée sur quelques témoignages), que ces deux mondes amenés à se côtoyer ne se comprenaient pas toujours. C’est pourquoi il m’a semblé intéressant de poser aux deux populations les mêmes questions, ou des questions se faisant écho.
Ce qui m’a frappée à l’analyse des résultats, c’est une certaine méfiance qui se dessine à travers les réponses, et le sentiment qui se dégage que chacun se sent mal traité. Là où j’avais imaginé une certaine connivence, je crois plutôt déceler une sorte de désabusement. On notera aussi que les journalistes sont plus critiques envers les politiques que le contraire… mais c’est sûrement leur métier qui veut cela.

Sur le portail EcoNormandie

Retrouvez les coordonnées, le parcours, le CV, les différents mandats et fonctions et toute l’actualité des élus normands : députés, sénateurs, conseillers départementaux et régionaux, maires et adjoints, présidents des structures intercommunales…

Cliquer ici pour voir un exemple de fiche sur le portail EcoNormandie