Un outil de visualisation simplissime

Je vais vous présenter aujourd’hui l’outil « statistiques locales », disponible sur le site de l’Insee, qui permet de réaliser des cartes de travail interactives. J’en profiterai pour revenir sur la richesse des données issues du recensement — au-delà des chiffres de population — et reviendrai sur l’importance de la présentation et du choix de l’infographie pour lire et analyser les statistiques. 

Les résultats du recensement : une mine !

J’en ai déjà parlé l’an dernier à peu près à la même époque (ici) : les données du recensement de la population sont une mine dont je ne me lasserai pas de vanter la richesse. Chaque année, au 1er janvier, la population de chaque portion de territoire est ainsi mise à jour (voir ici le post consacré au millésime 2018 / RP 2015). Et à la mi-année, l’exploitation des résultats permet d’en savoir plus sur les caractéristiques de la population, le logement, la famille, l’emploi, la formation, la population active…

Le site de l’Insee permet de retrouver toutes ces données, disponibles sous forme de tableaux d’un territoire au choix (France, régions, communes, aires urbaines…) et sur un thème (évolution de la structure de la population, familles, logements, diplômes, chômage…), ou de fichiers détail sur les différents domaines (logements ; individus ; activité ; mobilités scolaires et professionnelles ; migrations résidentielles).

L’outil « statistiques locales » : un trésor !

Parmi les richesses cachées du site de l’Insee, je veux vous faire découvrir aujourd’hui cet outil « statistiques locales » (page d’accueil ici), qui propose une visualisation cartographique des données, en grande partie issues du recensement.

La carte proposée ci-dessus (et visualisable ici en format interactif) met en évidence les niveaux de diplôme des Normands, selon un découpage par arrondissement. Elle se construit en trois clics :

  • 1 — Choisir le thème de son indicateur (à gauche de la carte).
    J’ai choisi “Éducation • formation • compétence ».

 

 

 

  • 2 — Choisir précisément 1 ou 2 indicateurs parmi ceux proposés dans le thème sélectionné.
    J’ai choisi deux indicateurs : le diplôme le plus élevé obtenu (qui sera caractérisé, par un camembert présentant le pourcentage de personnes ayant atteint chaque niveau de diplôme) et la part des diplômés du supérieur (qui sera caractérisé par la coloration plus ou moins dense selon le pourcentage).

 

 

  • 3 — Choisir le découpage géographique
    J’ai choisi le découpage par arrondissement.

 

 

Et voilà ! la carte s’affiche, on peut passer la souris pour visualiser les valeurs correspondant à chaque territoire, exporter les tableaux de données, basculer vers une carte avec les valeurs de 2010 pour observer l’évolution, comparer avec d’autres niveaux géographiques.

Une autre manière de présenter ces données

Le numéro du 7 septembre 2018 de La Lettre EcoNormandie présente ces informations sous une autre forme. En effet, le format réservé dans La Lettre à l’infographie ne permet pas de présenter clairement toutes ces données, d’autant qu’il n’est pas question sur le PDF de « passer la souris » pour voir s’afficher les valeurs. Nous avons donc choisi d’une part de simplifier le zonage en retenant le département (et non l’arrondissement), et d’autre part d’extraire les données du tableau pour realiser des graphiques lisibles sur le format de la lettre.

Pour extraire les données, c’est très simple : cliquer sur l’onglet « tableau » et dans le menu « Actions » cliquer sur « Exporter ».

De la carte aux barres

Après discussion avec l’infographiste Cyril Thibouville, nous avons choisi de présenter ces informations sous forme de barre pour chaque département, avec un camembert pour les niveaux Normandie et France.

Ce que l’on retiendra

La carte par arrondissement (en tête de ce post ou en ligne ici) fait très nettement apparaître des disparités, avec une proportion de diplômés de l’enseignement supérieur plus forte dans l’arrondissement de Caen (plus de 40%), et juste derrière les arrondissements de Rouen et d’Évreux. L’Orne et le nord de la Seine-Maritime comptent en revanche moins de 18% de diplômés de l’enseignement supérieur.

Le graphique proposé dans La Lettre EcoNormandie, réalisé avec les mêmes données, montre (visualisation immédiate de la taille des barres vertes) que le département du Calvados compte la plus forte proportion de diplômés du supérieur (24,7%), tout en restant en-deçà de la moyenne des Français (28,3%). Suivent la Seine-Maritime (23,1%) et l’Eure (21,3%), tandis que l’Orne et la Manche sont à moins de 20%.

Les camemberts permettent de comparer, sous une autre forme, le niveau de diplôme des Normands avec la moyenne française, et on constate d’un coup d’oeil (tranche verte) qu’il sont moins diplômés que la moyenne (22% de diplômés de l’enseignement supérieur en Normandie, vs 28,3% en France).

Pour aller plus loin

Sachez que l’Insee propose des démonstrations de ses outils – et notamment de l’outil statistiques locales et se déplace dès lors qu’il y a une équipe intéressée pour l’utiliser. Contact : dr76-communication-externe@insee.fr

Remettez vos cartes à jour

J’ai déjà parlé, ici et , du travail de fourmi que demande la mise à jour d’une base de données. En général, quand on pense mise à jour, on imagine des noms, des téléphones, des adresses e-mail, des effectifs… à rechercher, à contrôler, à corriger, à compléter…  

Je viens de me livrer à une tout autre mise à jour : celle des territoires normands, avec les communes et leurs intercos (communautés de communes, communautés d’agglomérations…), car c’est une des particularités du portail EcoNormandie de proposer un accès à l’information régionale par territoires.

Or, au 1er janvier 2018, de nombreux changements ont rendu nécessaire cette mise à jour de notre site (ci-dessus, en illustration, le résultat de la recherche « communes nouvelles 2018 » affiché en carte). La mise à jour s’apparente ici à de la mécanique de précision, et évoque plutôt le découpage fin ou l’assemblage minutieux, pour retrouver et rassembler les informations des communes fusionnées, attribuer la bonne communauté de communes aux collectivités qui ont choisi d’en changer, et mettre à jour les données de population en conséquence. Je vous propose donc aujourd’hui un article présentant ces changements (paru le 2 février dans La Lettre EcoNormandie), suivi du rappel de ce que vous pouvez trouver sur le portail EcoNormandie concernant les territoires (et sur quoi porte la mise à jour). Mais d’abord, je donnerai quelques pistes pour aller chercher les informations à la source.

Aux sources de l’info

C’est auprès des préfectures que l’on peut retrouver les informations sur les communes nouvelles ou les périmètres des intercommunalités. On peut notamment télécharger la liste des communes nouvelles ou les schémas arrêtés en 2017 par les commissions départementales de coopération intercommunale (CDCI) sur les sites des préfectures (onglet “politiques publiques”, rubrique “collectivités territoriales”).

Je donne ci-dessus les liens directs pour chaque préfecture :

Intercos et communes nouvelles :
les nouveaux territoires normands

Rien à voir avec le big bang de la Saint-Sylvestre 2017. Pour autant, le paysage communal normand a de nouveau subi quelques modifications au 1er janvier 2018. Ce début d’année a vu la disparition d’une comcom, la fusion de dix-neuf communes regroupées au sein de huit communes nouvelles, et la modification de périmètre de seize intercos :

Le département le plus concerné est l’Eure, où onze localités ont fusionné pour créer ou étendre cinq communes nouvelles, tandis qu’une trentaine d’autres communes ont changé d’interco, agrandissant ou diminuant le territoire des trois communautés d’agglomération et de huit comcom du département.

Dans l’Orne les fusions ont touché huit communes, formant trois communes nouvelles.

Le Calvados enregistre la disparition de la comcom de Cambremer, trop petite, au bénéfice des trois intercos voisines. Lesquelles ont ouvert les bras à l’une ou l’autre de ses vingt-deux communes.

En Seine-Maritime, la comcom Aumale-Blangy est forte de quarante-quatre communes depuis janvier, grâce à l’arrivée de Saint-Maxent exfiltrée du Vimeu dans la Somme. À l’inverse, la comcom des Quatre Rivières a dû se séparer du village eurois de Martagny parti rejoindre le Vexin normand.

Moyennant quoi, au 1er janvier 2018, la Normandie compte 72 intercommunalités et 2 711 communes (vs 2722 communes et 73 EPCI en 2017, et 3 232 communes et 162 EPCI en 2014). Avec ses 147 communes nouvelles, la Normandie concentre près du tiers de toutes celles créées dans l’hexagone depuis 2015.

C’est la confirmation du fait que notre région est bien championne de France des communes nouvelles. Preuve qu’il existe des élus clairvoyants que les querelles de clocher laissent indifférents. On ne va pas s’en plaindre.

Cet article est paru le 2 février 2018 dans La Lettre EcoNormandie (lire ici)

+ sur le portail EcoNormandie

Toutes ces modifications de territoires sont à jour sur le portail EcoNormandie (recherche par ECPI ou recherche par commune).Retrouvez sur le portail, pour chaque collectivité ou interco, les coordonnées, la composition du territoire (EPCI de rattachement ou communes rattachées à un ECPI), les élus, la population au dernier recensement, les plus gros employeurs et l’ensemble des acteurs économiques incontournables du territoire. Notez que vous aurez du mal, à trouver ailleurs que sur EcoNormandie des données de population à jour au 1er janvier 2018 pour les communes nouvelles ou les EPCI dont le périmètre a été modifié !

La consultation complète est réservée aux abonnés. Vous pouvez voir les offres d’abonnement ici ou consulter des fiches-exemples en cliquant sur les boutons ci-dessous.

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Quelle population pour la Normandie ?

Recensement et estimation de population

L’INSEE vient de publier le bilan démographique 2016, au niveau national (voir ici) et bien sûr au niveau régional, et notamment pour la Normandie (voir ici).

Ça tombe bien, j’avais justement l’intention de consacrer un des premiers post de ce nouveau blog au site de l’INSEE, d’une richesse quasi inépuisable. Une référence dans bien des domaines, pour ses chiffres, ses tableaux, ses analyses, ses fichiers à télécharger, bref ce qu’on nomme désormais data. J’ai d’ailleurs failli donner comme titre à ce post « Mon site préféré ».

La population, un des domaines phares de l’INSEE

La population légale de la Normandie est de 3 335 645 au 1er janvier 2014

Responsable du recensement de la population, L’INSEE publie chaque année, le 1er janvier, les chiffres de la population légale : nombre d’habitants pour chaque commune, chaque territoire de France, selon le dernier recensement. Pour l’année 2017, la date de référence statistique est le 1er janvier 2014.

Les curieux qui veulent comprendre pourquoi les populations légales entrées en vigueur le 1er janvier 2017 sont millésimées 2014 se reporteront aux explications de l’INSEE (voir ici).

 La population de la Normandie est de 3 343 250 habitants au 1er janvier 2016. 

Le bilan démographique publié en mai 2017 donne, quant à lui, la population estimée au 1er janvier de chaque année et l’évolution de la situation démographique. Il est établi à partir des résultats définitifs du recensement 2014. L’estimation de population au 1er janvier 2014 est donc définitive. Pour les années suivantes, cette estimation est actualisée à partir des statistiques d’état civil (naissances, décès) et d’une estimation du solde migratoire. Il s’agit donc d’estimations de population, provisoires pour les années 2015 et 2016.

Mon point de vue

Ne jamais laisser un chiffre tout seul

Ce chiffre de 3 343 250 de Normands n’est pas très parlant si on le laisse tout seul. Il appelle des questions, par exemple :

  • Quel est le poids de la Normandie par rapport à la France ?
  • Quel est le rang de la région parmi les autres régions françaises ?
  • Comment la population évolue-t-elle sur plusieurs années ?
  • Quelle est la part des différents facteurs (décès, naissance, migrations)
  • Comment évolue la population normande par rapport à la France métropolitaine ?

C’est une règle générale lorsqu’on manie des données chiffrées : pour avoir une information intéressante, pertinente, il faut mettre les données en perspective, les comparer, ce que propose par exemple l’infographie ci-dessous, publiée dans La Lettre EcoNormandie (on peut télécharger le numéro ici) et qui reprend les tableaux publiés par l’INSEE.

Population légale et population estimée

C’et à dessein que j’ai rapproché dans ce post les chiffres de population légale (au 1er janvier 2014), et ceux de la population estimée (au 1er janvier 2016), qui ont des modes de calculs et des utilisations différentes (j’y reviendrai dans des posts ultérieurs), mais qui font référence, comme étant les dernières données, en vigueur en 2017. Pour des territoires inférieurs aux départements (commune, EPCI…), on se référera à la population légale issue du recensement.

+ Sur le portail EcoNormandie

A savoir : dès le début janvier, comme chaque année, les chiffres de population ont été actualisés sur notre portail EcoNormandie, qui propose, dans son approche territoriale, un panorama des 2 723 communes et 73 EPCI de Normandie (métropole, communautés urbaines, communautés d’agglomération, communautés de communes). L’onglet « Points de repère » donne notamment pour chaque territoire les chiffres de population. On peut visualiser une fiche EPCI ici et une fiche commune .