Un site plein de ressources

J’ai découvert cette semaine aux “Rendez-vous de l’INSEE” (j’ai déjà parlé ici de ces rencontres régulières et enrichissantes) un site particulièrement intéressant : CIRCE (Catalogue interactif régional de consultation des études), fruit d’un partenariat Etat-Région Normandie, pour la mise en commun des études, analyses et rapports, produits par les acteurs publics des territoires en Normandie. En fait, j’ai eu presque honte de ne pas l’avoir encore découvert, car il est vraiment pile dans mes sujets de préoccupation et de recherche active et propose plus d’un millier de documents concernant la Normandie, accessibles par un moteur de recherche.

Circe pas à pas

Je me suis bien sûr aussitôt banchée sur le site, et j’ai trouvé de nombreuses études qui m’avaient échappées. J’ai donc profité de cette ressource pour faire “mon chiffre” : la rubrique “Data” de la Lettre EcoNormandie de cette semaine. Même pour une première utilisation/découverte, c’est d’une grande simplicité. Suivez le guide…

1 • Page d’accueil

La page d’accueil donne accès directement au moteur de recherche

2 • La recherche

J’ai cherché, dans la rubrique “année de publication” l’année 2019. Et j’ai trouvé un document publié par le CERC Normandie sur le bâtiment durable, une sujet que je n’ai pas encore traité, avec des données de 2018

3 • La fiche de l’étude

En cliquant dans la liste sur l’étude choisie, sa fiche apparaît, avec toutes les informations sur son contenu, l’éditeur et l’auteur, la date de données de l’étude.

4 • le téléchargement du document

Un simple clic sur l’icône “visualiser en ligne” permet de visualiser ou télécharger le document. La recherche a abouti, reste à préparer les données pour le graphique.

5 • le graphique issu des données

La page 2 deux propose un graphique intéressant sur les étiquettes énergétiques des logements, que nous avons repris pour La Lettre. On peut visualiser ci-dessous le graphique d’origine et ce qu’en ont fait les infographistes de Paris-Normandie, selon la charte de La Lettre. Et vous pouvez d’ailleurs télécharger La Lettre ici.

Sur le site EcoNormandie

Vous pensez bien que la découverte de ce site est pour moi comme une aubaine, et que mon premier souci est d’en faire profiter les Internautes habitués du site EcoNormandie.

C’est fait d’ores et déjà pour ce document “Chiffres-clés du bâtiment durable en Normandie, que l’on retrouve au à la recherche par “Thèmes”, comme on le voit ci-dessous, au thème “Bâtiment et Travaux publics”.

Et je vais m’atteler pendant l’été à repérer d’autres études qui iront mettre à jour, renouveler et enrichir la rubrique “Documents de référence” de chaque thème.

Le prétexte des usages de l’eau

La rubrique “Data” de la Lettre EcoNormandie de cette semaine s’est inspirée de données proposées dans l’édition 2019 de La Normandie en chiffres et en cartes, proposé par CCI Normandie. Un prétexte pour revenir aujourd’hui à la fois sur la source de données exploitée dans cette “data”, sur les données très riches de ce Panorama économique 2019 et sur la visualisation graphique de données.

Une bonne source pour l’eau

Le site Eau de France met à disposition sa banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (BNPE), l’outil national dédié aux prélèvements sur la ressource en eau.

Les informations portent sur les volumes annuels prélevés sur la ressource en eau et sont déclinées par localisation et catégorie d’usage de l’eau, avec un accès par régions, départements, communes ou ouvrages.

Ainsi, lorsque l’on sélectionne “Normandie” et “2016” (la dernière année disponible, avec la date de mise à jour précisée : 23/11/2018), on voit s’afficher les données ci-contre.

Dans le panorama économique

Je le disais d’emblée, c’est en feuilletant le tout nouveau Panorama économique 2019 que j’ai découvert cette source (et bien d’autres d’ailleurs). 75 pages de chiffres, de graphiques et de cartes pour cerner tous les domaines de l’économie et découvrir de nombreuses sources. Autant dire que j’ai là une bonne source d’inspiration pour mes prochains “chiffre de la semaine”.

Visualiser les données

Outre la découverte de la base BNPE et la pertinence des données sur l’usage de l’eau, j’ai retenu du Panorama économique le choix esthéitique pour la visualisation des données, et j’ai transmis le graphique aux infographistes de Paris-Normandie qui, chaque semaine, composent les graphiques de la rubrique Data. Sandra Vain l’a ainsi adapté pour La Lettre. Je vous laisse comparer.

Qu’apprend-on ?

L’énergie d’abord

La première information qui saute aux yeux grâce à l’infographie, c’est la proportion utilisée pour l’énergie : 98 % en moyenne en France, et même 99 % en Normandie, comme le montre le graphique ci-contre.
(voir aussi ci-dessous, à quoi sert l’eau utilisée dans les centrales électriques dans “Conclusion 2”)

En Normandie, l’industrie avant l’irrigation

Deuxième information qui saute aux yeux également, c’est à quel point la Normandie se distingue de la moyenne des régions françaises : l’industrie y représente 49 % des usages (hors énergie) et l’agriculture / irrigation seulement 2 % (vs 23 % et 28 % en France).

Conclusion 1 :
rien ne vaut un graphique

Finalement, il m’a fallu sept paragraphes (voir ci-dessus) pour expliquer ce qui se trouvait sur le graphique (voir ci-dessous)

  • 1 La source de la BNPE figure en petit sous le graphique
  • 2 Le fait que cette information est publiée dans le Panorama de l’économie normande figure en bas du graphique
  • 3 La visualisation… parle d’elle même
  • 4 Le graphique de gauche met en évidence la prépondérance de l’énergie (99,1% de l’usage de l’eau en Normandie)
  • 5 Le graphique de droite met en évidence la différence d’usage entre la Normandie et la France (et le faible usage de l’irrigation en Normandie !)

Conclusion 2 :
Pour aller plus loin que le graphique

Un graphique met en évidence des différences, il ne les explique pas. Il peut éveiller l’intérêt. Ce que le graphique ne dit pas, par exemple, et qui pose question lorsqu’on constate la part prédominante de l’énergie, c’est ce que couvre exactement ce qui correspond à l’usage “énergie”.
On trouve la réponse sur le site Geoidd, service statistique du ministère du Développement durable :

L’eau est essentiellement utilisée pour le refroidissement des centrales nucléaires ou thermiques

On peut aussi trouver des informations sur l’utilisation de l’eau sur le site d’EDF :

Annuellement, en moyenne, le volume d’eau nécessaire au
fonctionnement du circuit de refroidissement d’un réacteur est
compris entre 50 millions de mètres cubes (si le refroidissement
est assuré par un aéroréfrigérant) et 1 milliard de mètres cubes
(si l’eau est rejetée directement dans le milieu naturel) soit
respectivement un besoin de 6 à 160 litres d’eau prélevés pour
produire 1 kWh
.”

Une erreur réparée

Dans la première version du graphique – avant de faire les recherches sur ce à quoi correspond l’usage “énergie” – j’avais repris le titre vu dans le Panorama économique de la CCI, en précisant “prélèvement en eau douce”. Mais en rajoutant par rapport au graphique du panorama les données sur l’énergie, j’aurais dû supprimer le mot “douce” du titre. En cherchant des données sur l’utilisation de l’eau dans les centrales, sur le site EDF et sur le site de la BNPE, j’ai constaté que l’eau utilisée pour le refroidissement des centrales nucléaire normandes est principalement une eau littorale (eau de mer).
J’ai donc corrigé le titre en supprimant “douce”

Les nouveaux indicateurs de richesses

la cartographie pour l’indicateur “DIRD” sur le site de l’Observatoire des territoires

Les nouveaux indicateurs de richesse offrent une vision des régions plus diversifiée que la seule analyse des PIB régionaux. Ils soulignent la nécessité de croiser les regards et de conjuguer les approches pour mieux analyser la situation de chaque territoire. 

Des indicateurs qui se déclinent à l’échelle régionale et qui offrent une nouvelle approche et de nouveaux critères de comparaison, par rapport au PIB… voilà bien des raisons pour le blog EcoNormandie de s’y intéresser.

Et comme chaque fois, l’intention est double : présenter les indicateurs eux-mêmes – et bien sûr les résultats pour la Normandie – mais aussi guider le lecteur pour l’inviter à aller lui-même chercher dans les sources à sa disposition, ici l’Observatoire des territoires.

Pourquoi de ” nouveaux indicateurs de richesse” ?

Je cite l’Observatoire des territoires : “Depuis plus de dix ans, et en particulier depuis les travaux de la Commission Stiglitz dont le rapport final a été remis en 2009, il est admis que le niveau et l’évolution du PIB ne peuvent être retenus comme critères uniques de la bonne santé d’un pays. La loi Eva Sas, promulguée le 14 avril 2015, donne obligation au Gouvernement de remettre au Parlement un rapport présentant l’évolution de nouveaux indicateurs de richesse, tels que des indicateurs d’inégalités, de qualité de vie et de développement durable.”

Au total, neuf thèmes ont été retenus, parmi lesquels pauvreté, éducation, santé, emploi, investissement, biodiversité. Et pour chacun de ces thèmes plusieurs indicateurs.

L’effort de recherche

EcoNormandie s’est intéressé à l’effort de recherche (DIRD : Dépense intérieure de recherche et développement), et a consacré la rubrique “Infographie/Data” de La Lettre EcoNormandie du 21 décembre un tableau présentant les résultats. Vous pouvez télécharger la Lettre (ici) ou observer le tableau ci-dessous :

Et pour avoir toutes les définitions et précisions sur la dépense de recherche et ses déclinaisons en recherche publique (DIRDA, avec A pour Administration) et recherche privée (DIRDE, avec E pour Entreprise), je vous invite à nouveau à consulter le site de l’Observatoire des territoires à la rubrique correspondante. J’ai remarqué que la version mobile (ici) du site est plus claire, notamment pour les définitions et explications sur DIRD, DIRDA et DIRDE.

Visite guidée

Les informations du tableau ci-dessus sont issues du site de l’Observatoire des territoires, et je vous propose de me suivre dans ma démarche de recherche d’informations :

1 • Le choix des indicateurs
sur la page d’accueil, cliquez sur “Nouveaux indicateurs de richesse”, puis affichez le tableau des indicateurs disponibles et cliquez sur “Dépenses de recherche et développement” vous pouvez alors choisir “DIRD”. Les informations sur cet indicateur s’affichent, ainsi que la carte correspondante. On voit que la part de la DIRD rapportée au PIB est de 1,4% pour la Normandie et 2,3% pour la France.

2 • L’ajout d’autres indicateurs
continuez et cliquez pour afficher d’autres indicateurs : choisir “DIRDE” puis “DIRDA”.
Vous pouvez choisir l’année, et même visualiser l’évolution entre 2009 et 2016. J’ai choisi la dernière année disponible, 2016.

3 • L’affichage des valeurs pour toutes les régions
Dans la zone “informations sur la sélection, cliquez sur l’onglet “rapports” puis cliquez sur “profil comparé avec une zone”. Vous voyez s’afficher à gauche de la carte les valeurs des trois indicateurs choisis, pour l’année 2016, pour toutes les régions.

4 • Le choix des informations pour le tableau final
Toutes les informations sont désormais disponibles, vous pouvez les réorganiser comme nous l’avons fait pour le tableau que je reproduis à nouveau ci-dessous.

Mon point de vue

Comme je l’ai déjà dit dans ce blog, un chiffre isolé n’a pas d’intérêt, car il ne peut pas être interprété. J’ai donc choisi de présenter en parallèle, pour la région Normandie, trois indicateurs : part de la DIRD (Dépense intérieure de recherche et développement) dans le PIB, mais aussi sa déclinaison en recherche publique et recherche privée, soit en DIRDA (A pour Administration) et DIRDE (E pour entreprise). Il est toujours intéressant de comparer la région à la moyenne française : ces données apparaissent en dernière ligne du tableau. On cherche aussi à savoir comment se place la région par rapport aux autres régions françaises : ce que l’on appréhende à la fois en regardant son rang dans le classement des régions et en comparant avec les valeurs des indicateurs pour la région la mieux classée.

Les enseignements d’une infographie

Regardons donc les indicateurs pour la Normandie, et comparons comme il est dit ci-dessus. Le tableau sur l’effort de recherche montre une Normandie à la traîne en R&D, aussi bien publique que privée : très en dessous de la moyenne française (1,4% vs 2,3% pour ce qui est de la part DIRD/PIB), elle ne se classe que 8e sur 13 régions, et même 12e pour ce qui est de la recherche publique, alors que dans la première région, l’Occitanie, l’effort de recherche est plus du double qu’en Normandie (3,7% vs 1,4%). L’effort y est même 5 fois plus important pour ce qui est de la recherche publique (1,5% vs 0,3%).

Pour aller plus loin avec le Portail EcoNormandie

Ne nous y trompons pas, la Normandie a des atouts, avec des équipements uniques en France, des équipes labellisées Labex ou Equipex, des laboratoires universitaires de renom et des belles entreprises qui investissent dans la R&D.Par ailleurs, les responsables ont conscience du retard de la Normandie. Pour comprendre les enjeux, connaître les projets, trouver les coordonnées des principaux acteurs du secteur – publics et privés, en savoir plus, rendez-vous sur le portail EcoNormandie, thème “Recherche et innovation.