Municipales : 2 millions d’électeurs, 38000 conseillers municipaux, 57000 candidats

Alors que la date des élections municipales approche, que les listes électorales sont mises à jour depuis le 7 février dernier, que les candidats ont déposé leurs déclarations de candidature depuis le 27 février, le blog EcoNormandie fait le point sur le nombre et la répartition des électeurs, des listes et des candidats, et en profite pour pointer quelques sources utiles.

2 652 communes normandes

Depuis le 1er janvier 2020, la Normandie compte 2652 communes, dont 621 communes de 1 000 habitants ou plus, c’est-à-dire avec un scrutin de liste (23% des communes et 76% des habitants), et 2031 communes de moins de 1000 habitants, avec scrutin majoritaire (77% des communes et 24% des habitants).

En outre, pour les 169 communes nouvelles que compte la Normandie, un mode de calcul du nombre de conseillers municipaux particulier s’applique.

38 116 conseillers municipaux à élire en Normandie

Au total, ce sont 38 116 conseillers municipaux qui seront élus les 15 et 22 mars. Parmi eux, 2652 seront, dans les dix jours suivants, choisis comme maire lors du premier conseil municipal, et un maximum de 11454 seront adjoints (le nombre d’adjoints ne peut dépasser 30% du total des conseillers).

57 295 candidats et 1 122 listes déposées en Normandie

Le ministère de l’Intérieur a mis en ligne sur le site consacré aux élections un module avec l’ensemble des candidatures. On peut chercher, par département, puis suivant l’ordre alphabétique des communes, toutes les candidatures par commune, soit au total 57 295 candidats sur les cinq départements normands. Un aperçu du site ci-dessous :

En exploitant les données sur la Normandie, on y apprend que dans les 621 communes où s’applique le scrutin de liste, un total de 1 122 listes ont été déposées, soit une moyenne de 1,8 liste par commune. Dans 285 communes, il n’y a même qu’une seule liste, et seules 38 communes ont au moins 4 listes. C’est évidemment dans les plus grands villes que le nombre de listes est le plus important : 10 à Rouen, 7 à Caen, Le Havre et Evreux, 5 à Dieppe et Alençon, 4 à Cherbourg-en-Cotentin et Saint-Lô.
Le tableau ci-dessous récapitule ces informations par département.

Répartition par nuance politique

Pour les 157 communes normandes de plus de 3 500 habitants, la mention de la nuance politique est indiquée. 405 listes ont été déposées dans ces communes. Notons que près d’un tiers se réfugie dans le “divers”, tandis que la gauche et l’extrême gauche regroupe 31% des listes. Je reprends ci-dessous le graphique mis en tête d’article avec la répartition par nuance.

Et la parité ?

A observer les listes déposées, ce n’est pas encore cette année que nous approcherons d’une parité pour le siège de maire.
Si l’alternance homme/femme – et donc la parité – est de mise pour les scrutins de listes, les têtes de liste restent très majoritairement des hommes (77% des 1 122 listes de Normandie) graphique ci-dessous).

Il est vrai que sur les 621 communes normandes où le scrutin de liste est la règle, on compte 86% d’hommes parmi les maires sortants, un taux un peu supérieur à ce que l’on observe dans les communes de moins de 1000 habitants, où “seuls” 80% des maires sortants sont des hommes.
Dans ces petites communes, sur les 28972 candidats et candidates, 39% sont des femmes et 61% des hommes (voir ci-desssus).

67% des maires sortants se représentent

Au total, 1 773 des 2 652 maires sortants se représentent, soit un taux de 67%, qui diffère très peu entre les communes avec scrutin majoritaire (67%) et les communes avec scrutin de liste (68%). Notons que sur ces dernières communes, si 377 maires sortants sont têtes de liste (soit 61%), on compte également 7% sortants qui se représentent sans être tête de liste.

2 378 137 électeurs normands

L’INSEE vient de faire paraître dans la collection INSEE Focus” un numéro consacré aux électeurs, et donne en bas de page (il vaudrait mieux dire bas d’écran) des pistes pour en savoir plus, dont GéoClip / Statistiques locales, son système de géolocalisation de données, avec un lien direct qui permet de visualiser les informations sur les électeurs et leur répartition par sexe et âge et département.

Nous en avons tiré la “Data” publiée cette semaine en Une de La Lettre EcoNormandie (voir graphique ci-dessus, réalisé par Sandra Vain, du service Infographie de Paris-Normandie). On y voit la répartition des 2 millions et quelques électeurs normands, par département et par sexe.
En complément, vous trouvez ci-dessous la répartition par âge. Notons aussi que 91% des Normands en âge d’aller voter sont inscrits sur les listes électorales (94% au niveau national).

Je reprends ci-dessous la carte proposée via GéoClip /Statistiques locales.

Site de statistiques locales de l’INSEE

Pour aller plus loin

Dans La Lettre EcoNormandie de cette semaine, Nathalie Jourdan consacre l’article, Les élections municipales, combien de divisions ? à l’analyse des nuances politiques, pour les 405 listes déposées dans des communes de plus de 3 500 habitants. A lire en ligne (pour les abonnés).

Le portail EcoNormandie à jour dès avril

J’ai détaillé il y a quelques semaines sur ce blog, dans l’article Prêts pour les municipales ? l’ensemble des informations sur les communes et les intercommunalités normandes disponibles sur le Portail EcoNormandie. Dès la fin avril, l’ensemble des 2 652 communes normandes seront à jour, avec pour chacune le maire et les adjoints, de même que seront à jour les 69 intercos, avec les présidents et vice-présidents.

Pour avoir accès au portail et à La Lettre EcoNormandie

L’accès complet à la base de données en ligne EcoNormandie et à La Lettre EcoNormandie sont réservés aux abonnés.

Si vous souhaitez essayer les services d’EcoNormandie gratuitement pendant deux mois, il suffit de le demander ici.

Zoom sur les auto-entrepreneurs normands

Des informations proposées par les Urssaf de Normandie

Les Urssaf de Normandie participent au réseau de collecte des cotisations et contributions sociales qui financent le régime général de la Sécurité sociale. Elles accompagnent les différentes catégories de cotisants. Elles récoltent des informations précieuses sur le marché de l’emploi, et avec l’Acoss, la Caisse nationale des Urssaf, elles mettent à disposition un ensemble de bases de données régulièrement mises à jour sur les effectifs salariés, la masse salariale et le nombre d’établissements du secteur privé. À consulter dans la rubrique Observatoire économique.

Des informations précieuses sur les auto-entrepreneurs

Les deux Urssaf – qui s’appellent encore Basse et Haute-Normandie – se sont unies pour proposer, en ce début 2020, une analyse des données très à jour sur les auto-entrepreneurs normands. La Lettre EcoNormandie a choisi d’en tirer l’infographie de la semaine (voir illustration ci-dessus).

Du graphique au texte

L’ensemble des informations est illustré par le graphique ci-dessus. Toutefois, l’Urssaf accompagnait son communiqué de presse d’une analyse sous forme de résumé rédigé, reprenant les différentes données. Je le fais figurer ci-dessous en intégralité, pour des raisons que je qualifierais de pédagogiques : montrer qu’un graphique en dit pratiquement autant que 4 paragraphes. Faute de place, seules les données des 2 dernières lignes ne figurent pas dans le graphique.

Fin juin 2019, on dénombre 55 595 auto-entrepreneurs en Normandie, ce statut séduit près de 40 % des indépendants. Ce chiffre est toutefois à modérer car seulement 34 098 sont actifs (selon la déclaration du chiffre d’affaires) avec un chiffre d’affaires moyen de 4 243 € par trimestre soit 1 414 € en moyenne par mois.

En 2019, plus de 10 000 nouvelles immatriculations ont été enregistrées, soit une progression de 17 % du nombre d’auto-entrepreneurs. Cette dynamique se vérifie dans tous les départements de la région. On enregistre 3 863 créations en Seine-Maritime et 2 591 dans le Calvados. Suivent l’Eure avec 1 874 créations, la Manche (1 225) et l’Orne (672).

On dénombre 60 % d’hommes pour 40 % de femmes. Agés en moyenne de 43 ans, 7 780 auto-entrepreneurs (14 %) ont plus de 60 ans.

Les secteurs qui enregistrent le plus d’auto-entrepreneurs actifs sont le BTP (13 %), la coiffure et soins du corps (7 %), l’industrie (7 %) et les arts, spectacles et autres activités récréatives (7 %).
Le secteur Transports, avec l’essor des plateformes de livraison à domicile, est celui qui connaît la plus forte progression (+ 98 %).

des informations inédites

Ces informations inédites montrent que les créations liées à ce statut sont toujours dans une belle dynamique avec 10 000 nouvelles entreprises en 2019. Pour des dizaines de milliers d’auto-entrepreneurs normands, cette activité génère un revenu non negligeable.

Les nouveaux indicateurs de richesses

la cartographie pour l’indicateur “DIRD” sur le site de l’Observatoire des territoires

Les nouveaux indicateurs de richesse offrent une vision des régions plus diversifiée que la seule analyse des PIB régionaux. Ils soulignent la nécessité de croiser les regards et de conjuguer les approches pour mieux analyser la situation de chaque territoire. 

Des indicateurs qui se déclinent à l’échelle régionale et qui offrent une nouvelle approche et de nouveaux critères de comparaison, par rapport au PIB… voilà bien des raisons pour le blog EcoNormandie de s’y intéresser.

Et comme chaque fois, l’intention est double : présenter les indicateurs eux-mêmes – et bien sûr les résultats pour la Normandie – mais aussi guider le lecteur pour l’inviter à aller lui-même chercher dans les sources à sa disposition, ici l’Observatoire des territoires.

Pourquoi de ” nouveaux indicateurs de richesse” ?

Je cite l’Observatoire des territoires : “Depuis plus de dix ans, et en particulier depuis les travaux de la Commission Stiglitz dont le rapport final a été remis en 2009, il est admis que le niveau et l’évolution du PIB ne peuvent être retenus comme critères uniques de la bonne santé d’un pays. La loi Eva Sas, promulguée le 14 avril 2015, donne obligation au Gouvernement de remettre au Parlement un rapport présentant l’évolution de nouveaux indicateurs de richesse, tels que des indicateurs d’inégalités, de qualité de vie et de développement durable.”

Au total, neuf thèmes ont été retenus, parmi lesquels pauvreté, éducation, santé, emploi, investissement, biodiversité. Et pour chacun de ces thèmes plusieurs indicateurs.

L’effort de recherche

EcoNormandie s’est intéressé à l’effort de recherche (DIRD : Dépense intérieure de recherche et développement), et a consacré la rubrique “Infographie/Data” de La Lettre EcoNormandie du 21 décembre un tableau présentant les résultats. Vous pouvez télécharger la Lettre (ici) ou observer le tableau ci-dessous :

Et pour avoir toutes les définitions et précisions sur la dépense de recherche et ses déclinaisons en recherche publique (DIRDA, avec A pour Administration) et recherche privée (DIRDE, avec E pour Entreprise), je vous invite à nouveau à consulter le site de l’Observatoire des territoires à la rubrique correspondante. J’ai remarqué que la version mobile (ici) du site est plus claire, notamment pour les définitions et explications sur DIRD, DIRDA et DIRDE.

Visite guidée

Les informations du tableau ci-dessus sont issues du site de l’Observatoire des territoires, et je vous propose de me suivre dans ma démarche de recherche d’informations :

1 • Le choix des indicateurs
sur la page d’accueil, cliquez sur “Nouveaux indicateurs de richesse”, puis affichez le tableau des indicateurs disponibles et cliquez sur “Dépenses de recherche et développement” vous pouvez alors choisir “DIRD”. Les informations sur cet indicateur s’affichent, ainsi que la carte correspondante. On voit que la part de la DIRD rapportée au PIB est de 1,4% pour la Normandie et 2,3% pour la France.

2 • L’ajout d’autres indicateurs
continuez et cliquez pour afficher d’autres indicateurs : choisir “DIRDE” puis “DIRDA”.
Vous pouvez choisir l’année, et même visualiser l’évolution entre 2009 et 2016. J’ai choisi la dernière année disponible, 2016.

3 • L’affichage des valeurs pour toutes les régions
Dans la zone “informations sur la sélection, cliquez sur l’onglet “rapports” puis cliquez sur “profil comparé avec une zone”. Vous voyez s’afficher à gauche de la carte les valeurs des trois indicateurs choisis, pour l’année 2016, pour toutes les régions.

4 • Le choix des informations pour le tableau final
Toutes les informations sont désormais disponibles, vous pouvez les réorganiser comme nous l’avons fait pour le tableau que je reproduis à nouveau ci-dessous.

Mon point de vue

Comme je l’ai déjà dit dans ce blog, un chiffre isolé n’a pas d’intérêt, car il ne peut pas être interprété. J’ai donc choisi de présenter en parallèle, pour la région Normandie, trois indicateurs : part de la DIRD (Dépense intérieure de recherche et développement) dans le PIB, mais aussi sa déclinaison en recherche publique et recherche privée, soit en DIRDA (A pour Administration) et DIRDE (E pour entreprise). Il est toujours intéressant de comparer la région à la moyenne française : ces données apparaissent en dernière ligne du tableau. On cherche aussi à savoir comment se place la région par rapport aux autres régions françaises : ce que l’on appréhende à la fois en regardant son rang dans le classement des régions et en comparant avec les valeurs des indicateurs pour la région la mieux classée.

Les enseignements d’une infographie

Regardons donc les indicateurs pour la Normandie, et comparons comme il est dit ci-dessus. Le tableau sur l’effort de recherche montre une Normandie à la traîne en R&D, aussi bien publique que privée : très en dessous de la moyenne française (1,4% vs 2,3% pour ce qui est de la part DIRD/PIB), elle ne se classe que 8e sur 13 régions, et même 12e pour ce qui est de la recherche publique, alors que dans la première région, l’Occitanie, l’effort de recherche est plus du double qu’en Normandie (3,7% vs 1,4%). L’effort y est même 5 fois plus important pour ce qui est de la recherche publique (1,5% vs 0,3%).

Pour aller plus loin avec le Portail EcoNormandie

Ne nous y trompons pas, la Normandie a des atouts, avec des équipements uniques en France, des équipes labellisées Labex ou Equipex, des laboratoires universitaires de renom et des belles entreprises qui investissent dans la R&D.Par ailleurs, les responsables ont conscience du retard de la Normandie. Pour comprendre les enjeux, connaître les projets, trouver les coordonnées des principaux acteurs du secteur – publics et privés, en savoir plus, rendez-vous sur le portail EcoNormandie, thème “Recherche et innovation.