DGF des communes normandes

Total DGF communales par département, et part par habitant

Les montants des dotations aux collectivités et aux EPCI viennent d’être mis en ligne sur le site du ministère pour l’année 2020, et c’est le thème de la semaine pour le blog EcoNormandie : j’y parlerai à la fois des sources en open data pour télécharger les données, des infographies et des analyses que l’on peut en tirer.

Des données à télécharger

Le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités a mis en ligne, sous forme de fichiers téléchargeables (cf ci-dessous, onglet Synthèse des montants des DGF) ou de données à consulter sur le site (onglet Dotations en ligne) les montants des dotations pour l’année 2020, pour chaque échelon administratif ou géographique : communes, EPCI, départements, régions. Notons que l’année 2019 est également proposée à la consultation ou au téléchargement.

Répartition par département

La carte en tête d’article (reprise en vignette ci-contre) présente la répartition par département des DGF des communes normandes.

Les sphères représentent le total des DGF communales pour chaque département, et les couleurs mettent en évidence le montant par habitant, jaune pâle pour le moins élevé, orange pour le plus élevé. On voit ainsi que, par habitant, l’Orne reçoit 272 € tandis que l’Eure n’en reçoit que 194 €.

La carte est réalisée grâce au système “Statistiques locales” de l’INSEE, grâce auquel on peut introduire et visualiser ses propres données. J’ai déjà décrit dans l’article “Un outil de visualisation simplissime” toute la démarche, ultra simple.

Les données pour les 2 652 communes normandes

Au total, les 2 652 communes normandes ont reçu 734 M€ de DGF en 2020.
Le tableau ci-dessus, tiré de l’infographie de la semaine de La Lettre EcoNormandie, indique le montant total de la DGF communes pour la Normandie (1ère ligne du tableau).
Nous avons trouvé intéressant d’extraire les 97 communes ayant reçu au moins 1 M€ de DGF en 2020 : elles représentent 3,7% des communes normandes, concentrent 42% de la population normande, et représentent 60% des montants reçus dans la région (2e ligne du tableau).
7 communes ont reçu plus de 10 M€ de DGF en 2020 : Le Havre (48,3 M€), Cherbourg-en-Cotentin (42,6 M€), Rouen (30,9 M€), Caen (30,6), Evreux (16,4), Alençon (13,2) et Dieppe (11,3).

Sur le portail EcoNormandie

Le portail EcoNormandie propose une entrée par communes, avec des informations sur les 2652 communes normandes et leurs élus.

Vous y trouverez, pour chacune d’elle, dans le texte de présentation mis à jour en avril 2020, outre les résultats des municipales, le montant de la DGF 2020.

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Pandémie de Covid-19 : quelles statistiques ?

Les pouvoirs publics et les journaux nous livrent chaque jour leur lot de statistiques à l’échelle locale, nationale, européenne et mondiale, sur le nombre de contaminés, de morts, de guéris, d’hospitalisations… Ces courbes posent de nombreuses questions, et j’ai choisi d’en faire mon sujet du jour et, pour ne pas me perdre, je me concentre sur les statistiques régionales.
Comme d’habitude, mon but est multiple : vous faire connaître les sources, vous montrer comment l’infographie ou l’analyse que l’on en tire met en avant certains éléments (et seulement ceux-là) et soulever à certaines questions que cela peut poser.

Un chiffre seul ne veut rien dire : il faut comparer

Nous avons quotidiennement le nombre de morts liés au Coronavirus, à différentes échelles géographiques, mais savons-nous ce qu’il en est si on le compare au total des morts du mois ? Ou ceux d’autres années ? Ou si on le compare aux morts de la grippe ? Ou si on regarde l’évolution au fil du mois du nombre de morts quotidiens ? Je l’ai souvent dit ici, je le répète : un chiffre ne vaut qu’en le comparant à d’autres données.

Les chiffres normands au 2 avril

Au 2 avril 2020, on totalisait en Normandie 81 morts du Covid-19 à l’hôpital depuis le 1er mars 2020, dont 44 en Seine-Maritime, comme le montre la carte ci-contre.

Santé publique France met à disposition, via son observatoire cartographique GEODES (d’où nous avons tiré la carte ci-dessus) des indicateurs de suivi de l’épidémie de covid-19 par région, département, sexe et classe d’âge. Les données sont actualisées chaque jour et arrêtées à 14h.

L’ARS Normandie fait aussi un point journalier, avec le décompte du nombre d’hospitalisations (630 au 2 avril), de personnes en réanimation (185), de personnes guéries (224), ainsi que le nombre de morts du jour (12) et de décès cumulés depuis le début de l’épidémie (81 au 2/4/2020). Ces données sont évidemment concordantes avec celles de Santé publique France. Notons, comme le précise l’ARS, que les premiers transferts d’Île-de-France sont comptabilisés dans ce total.

Paris-Normandie publie sur son site, sous forme d’infographie, ces données remises à jour quotidiennement. J’ai repris en haut de l’article la courbe de progression du nombre de personnes contaminées en Normandie (1294 personnes le 2 avril), ci-dessous les graphiques du 2 avril, qui mettent en évidence le nombre d’hospitalisations et plus bas la courbe des décès.

L’INSEE diffuse exceptionnellement, pendant la pandémie du covid-19, le nombre de décès par jour et par département. Nous en avons tiré l’infographie de la semaine pour La Lettre EcoNormandie, ci-dessous.

Quelques questions…

62 morts au 31 mars, 81 au 2 avril, est-ce important ?

Les 62 décès dus au covid-19 constatés au 31/3/2020 dans les hôpitaux normands ne représentent que 2% de l’ensemble des décès enregistrés en Normandie durant les mois de mars 2018 ou 2019. On constate d’ailleurs qu’au 16 mars, la Normandie avait enregistré en 2020 moins de décès au total que les deux années précédentes (cf. graphique ci-dessus). On remarque aussi que la variation d’une année sur l’autre peut être importante : 551 décès en plus (+19%) en 2018 vs 2019.

Comment progresse le nombre de décès liés au Coronavirus ?

Cependant, la Normandie a été touchée plus tardivement que les autres régions par la vague épidémique. Peut-être n’en sommes-nous qu’au début ? Il faut donc étudier aussi la progression : le nombre de morts quotidiens augmente-t-il ? Et si oui à quel rythme? Le Monde publie et met à jour quotidiennement les courbes d’évolution du nombre de contaminations et du nombre de décès, dans les 8 principaux foyers mondiaux – dont la France. On peut afficher les données en rythme ou en total, et l’on voit des périodes où l’augmentation atteint + 25% par 24 heures.
En Normandie, selon les données de l’ARS (reprises ci-dessous sous forme d’infographie par Paris-Normandie), depuis le 10e décès (le 23 mars), on constate qu’à cinq reprises le nombre de décès du jour était au moins égal à 25% des décès cumulés de la veille. Cependant, la Normandie semble relativement épargnée, comme le rappelle cet article publié par La Lettre EcoNormandie. Selon toute vraisemblance, le confinement, intervenu alors que la région ne déplorait que quelques cas, a ralenti la dissémination du virus.

Et si on compare à la grippe saisonnière en France ?

Commençons par voir ce qui se passe au niveau national, sur le site de Santé publique France.

On apprend ainsi qu’en 10 à 11 semaines en moyenne, la grippe tue chaque année environ 10000 personnes et en infecte 2 à 6 millions. Pour la saison 2017-2018, le bilan des épidémies hivernales fait même état d’une surmortalité de 17900 décès en 16 semaines, dont 73% peuvent être attribués à la grippe (soit 12400 morts).

Ces données sont à comparer aussi au nombre total de décès. L‘Insee nous apprend qu’au total, au mois de mars 2018, la France a compté 60407 décès, et 53629 en mars 2019.

Et si on compare à la grippe saisonnière en Normandie ?

La grippe en Normandie. La saison hivernale 2017-2018 a été marquée par une épidémie de grippe précoce et longue, de mi-décembre 2017 à mi-mars 2018. La Normandie faisait partie des régions les plus concernées par un excès de mortalité : 1200 décès en Normandie. Si on attribue à la grippe la même part qu’au niveau national (73% des cas de surmortalité, voir ci-dessus), cela fait 870 décès dus à la grippe en 2017-2018. Soit 10 fois plus que le nombre de décès en Normandie dus au covid-19 au 2 avril 2020.
Pour la saison 2018-2019, l’estimation de la surmortalité toutes causes, extrapolée à l’échelle nationale pendant les 9 semaines de l’épidémie était de +11,8 %. La région Normandie (+15,7 %) faisait partie des régions les plus concernées par cet excès de mortalité.

Grippe vs covid-19 : faut-il s’alarmer ?

Plusieurs questions se posent, et notamment : pourquoi les médias et les pouvoirs publics ne communiquent pas plus sur ces chiffres récurrents de la grippe, pour le moment (peut-être provisoirement ?) bien supérieurs à ce qui est attribué en France au Coronavirus (rappel pour la France : environ 60000 cas recensés le 2 avril et 5398 morts) ?
Inversement : pourquoi de telles réactions face au covid-19 ?
Vraisemblablement plusieurs raisons à cela, et notamment le fort taux de contagion, la plus forte létalité et le caractère inconnu de ce nouveau Coronavirus : on sait que la grippe est saisonnière, elle s’arrête au printemps, on ne sait pas ce qu’il en est du covid-19. Et peut-être aussi que nous nous sommes habitués à ces morts saisonniers, se disant que l’on n’y peut pas grand-chose… sinon respecter des gestes d’hygiène et se faire vacciner pour protéger les plus fragiles, ce qui serait déjà beaucoup.

Il ne faut pas perdre de vue non plus que le nombre de décès dus à la pandémie de covid-19 en France est encore incomplet (la vague épidémique n’a pas reflué : 471 nouveaux décès ce 2 avril), et sous-évalué, car nous n’avons pas encore tous les décès survenus à domicile, et que ceux des EHPAD commencent tout juste à arriver. Alors, oui, 5000 décès liés au Coronavirus alors que le pic est sans doute encore à venir, et que le décompte n’est pas fait entièrement, il y a de quoi s’alarmer et réagir.

• Le confinement est-il efficace ?

Je ne vais pas disserter ici sur l’efficacité du confinement, d’autres – médecins, scientifiques, politiques, journalistes – plus légitimes que moi (ou non) le font. Je me contenterai d’une remarque, et d’un renvoi vers une simulation que je trouve très parlante sur le rôle du confinement.

Une remarque : lorsque l’on compare ci-dessus les chiffres des décès liés au covid-19 et ceux liés à la grippe, il faut garder en tête que nous sommes confinés en France – et donc en Normandie – depuis le 17 mars. La question que tout le monde se pose et à laquelle je me garde bien de répondre : qu’auraient donné les courbes sans cela ? Jérôme Salomon, directeur de la Santé, commentant les chiffres de la France le 2 avril, ou Christine Gardel, directrice de l’ARS Normandie, commentant ceux de la région, avancent avec prudence que l’on aurait eu à déplorer plus de morts sans le confinement.

Je vous propose pour finir une simulation astucieuse proposée par le Washington Post et reprise par Courrier international, avec une maladie fictive et des paramètres simplifiés, pour comprendre la propagation de la maladie et l’efficacité du confinement.

Cliquez sur l’image pour afficher la page correspondante, et déroulez bien toute l’animation qui se trouve dans l’encadré pour comparer les différents scénarios, avec ou sans confinement.

Pour aller plus loin

Un document très clair, datant de mars 2020, pour comprendre la manière dont est suivi l’épidémie, découvrir les outils mis en place pour mesurer la propagation et savoir où trouver les données en open data : le livret de suivi d’épidémie mis en ligne par l’Insee, Santé publique France et le ministère des Solidarités et de la Santé .

Le prétexte des usages de l’eau

La rubrique “Data” de la Lettre EcoNormandie de cette semaine s’est inspirée de données proposées dans l’édition 2019 de La Normandie en chiffres et en cartes, proposé par CCI Normandie. Un prétexte pour revenir aujourd’hui à la fois sur la source de données exploitée dans cette “data”, sur les données très riches de ce Panorama économique 2019 et sur la visualisation graphique de données.

Une bonne source pour l’eau

Le site Eau de France met à disposition sa banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (BNPE), l’outil national dédié aux prélèvements sur la ressource en eau.

Les informations portent sur les volumes annuels prélevés sur la ressource en eau et sont déclinées par localisation et catégorie d’usage de l’eau, avec un accès par régions, départements, communes ou ouvrages.

Ainsi, lorsque l’on sélectionne “Normandie” et “2016” (la dernière année disponible, avec la date de mise à jour précisée : 23/11/2018), on voit s’afficher les données ci-contre.

Dans le panorama économique

Je le disais d’emblée, c’est en feuilletant le tout nouveau Panorama économique 2019 que j’ai découvert cette source (et bien d’autres d’ailleurs). 75 pages de chiffres, de graphiques et de cartes pour cerner tous les domaines de l’économie et découvrir de nombreuses sources. Autant dire que j’ai là une bonne source d’inspiration pour mes prochains “chiffre de la semaine”.

Visualiser les données

Outre la découverte de la base BNPE et la pertinence des données sur l’usage de l’eau, j’ai retenu du Panorama économique le choix esthéitique pour la visualisation des données, et j’ai transmis le graphique aux infographistes de Paris-Normandie qui, chaque semaine, composent les graphiques de la rubrique Data. Sandra Vain l’a ainsi adapté pour La Lettre. Je vous laisse comparer.

Qu’apprend-on ?

L’énergie d’abord

La première information qui saute aux yeux grâce à l’infographie, c’est la proportion utilisée pour l’énergie : 98 % en moyenne en France, et même 99 % en Normandie, comme le montre le graphique ci-contre.
(voir aussi ci-dessous, à quoi sert l’eau utilisée dans les centrales électriques dans “Conclusion 2”)

En Normandie, l’industrie avant l’irrigation

Deuxième information qui saute aux yeux également, c’est à quel point la Normandie se distingue de la moyenne des régions françaises : l’industrie y représente 49 % des usages (hors énergie) et l’agriculture / irrigation seulement 2 % (vs 23 % et 28 % en France).

Conclusion 1 :
rien ne vaut un graphique

Finalement, il m’a fallu sept paragraphes (voir ci-dessus) pour expliquer ce qui se trouvait sur le graphique (voir ci-dessous)

  • 1 La source de la BNPE figure en petit sous le graphique
  • 2 Le fait que cette information est publiée dans le Panorama de l’économie normande figure en bas du graphique
  • 3 La visualisation… parle d’elle même
  • 4 Le graphique de gauche met en évidence la prépondérance de l’énergie (99,1% de l’usage de l’eau en Normandie)
  • 5 Le graphique de droite met en évidence la différence d’usage entre la Normandie et la France (et le faible usage de l’irrigation en Normandie !)

Conclusion 2 :
Pour aller plus loin que le graphique

Un graphique met en évidence des différences, il ne les explique pas. Il peut éveiller l’intérêt. Ce que le graphique ne dit pas, par exemple, et qui pose question lorsqu’on constate la part prédominante de l’énergie, c’est ce que couvre exactement ce qui correspond à l’usage “énergie”.
On trouve la réponse sur le site Geoidd, service statistique du ministère du Développement durable :

L’eau est essentiellement utilisée pour le refroidissement des centrales nucléaires ou thermiques

On peut aussi trouver des informations sur l’utilisation de l’eau sur le site d’EDF :

Annuellement, en moyenne, le volume d’eau nécessaire au
fonctionnement du circuit de refroidissement d’un réacteur est
compris entre 50 millions de mètres cubes (si le refroidissement
est assuré par un aéroréfrigérant) et 1 milliard de mètres cubes
(si l’eau est rejetée directement dans le milieu naturel) soit
respectivement un besoin de 6 à 160 litres d’eau prélevés pour
produire 1 kWh
.”

Une erreur réparée

Dans la première version du graphique – avant de faire les recherches sur ce à quoi correspond l’usage “énergie” – j’avais repris le titre vu dans le Panorama économique de la CCI, en précisant “prélèvement en eau douce”. Mais en rajoutant par rapport au graphique du panorama les données sur l’énergie, j’aurais dû supprimer le mot “douce” du titre. En cherchant des données sur l’utilisation de l’eau dans les centrales, sur le site EDF et sur le site de la BNPE, j’ai constaté que l’eau utilisée pour le refroidissement des centrales nucléaire normandes est principalement une eau littorale (eau de mer).
J’ai donc corrigé le titre en supprimant “douce”