Prêts pour les municipales ?

Alors que la date des élections municipales approche, le portail EcoNormandie est fin prêt, avec des données à jour, pour mieux connaître chacune des 2 652 communes normandes, ses élus, sa population, son territoire. Mais aussi son actualité, à travers les derniers articles publiés, concernant le développement de son territoire ou les intentions déclarés des sortants ou des candidats.

Toutes les informations à jour
sur les 2 652 communes de Normandie

Je détaille ci-dessous – en prenant exemple sur la fiche de Louviers, que l’on peut visualiser en ligne sur le portail EcoNormandie – toutes les informations visibles sur une fiche “Commune” de la base de données en ligne EcoNormandie. Et comme à mon habitude, je précise mes sources.

À noter : depuis le 1er janvier 2020, la Normandie compte 2 652 communes. La dernière modification concerne l’éphémère commune nouvelle de Saline, née en 2017 de la fusion de Sannerville et de Troarn, qui ont retrouvé leur autonomie – et leurs noms – le 1er janvier 2020.

Maires et adjoints

Retrouvez sur le portail EcoNormandie, pour chaque commune, le maire et les adjoints, mis à jour très régulièrement grâce à notre veille informative, et au fichier RNE (Répertoire national des élus), disponible sur le portail Open Data du gouvernement.

À savoir : Depuis les dernières élections municipales de mars 2014, environ 360 communes ont connu un changement à la tête de la municipalité – parmi lesquelles les communes nouvelles. La commune de Cerisy-la-Salle, dans la Manche, ou celle de Chéronvilliers ont même un nouveau maire depuis janvier. Notons d’ailleurs que certaines fiches sont déjà à jour sur le portail EcoNormandie, alors que le fichier RNE téléchargé ce jour ne mentionne pas encore le changement de nom du maire !!
Après les élections de mars, le fichier sera mis à jour dans les jours suivants.

Population

Comme chaque année, les populations des communes ont été mises à jour sur le portail EcoNormandie, à partir des données du recensement 2017, entrées en vigueur au 1er janvier 2020.

À savoir : L’INSEE propose en téléchargement des fichiers des populations légales par département.
j’ai déjà parlé dans ce blog du recensement de population, de son utilisation et de la manière de récupérer les données. On lira notamment : 2 651 communesLe recensement et après ?Quelle population pour la Normandie ?

Intercos

Pour chaque commune, est indiquée l’interco à laquelle elle appartient. Les fiches des intercos sont régulièrement mises à jour, notamment à l’occasion de regroupements, ce qui a été le cas pour l’agglo Seine-Eure en septembre 2019.

À savoir : quelques changements sont intervenus dans le découpage intercommunal au 1er janvier 2020. Voir l’article « 69 intercos et 2652 communes »

Actualité

Pour chaque commune, un onglet “Actualité” permet de visualiser les différents articles parus sur les sujets traitant du territoire : entreprises situées sur la commune, projets, mais aussi, à l’occasion des municipales, articles sur les élus ou les candidats.
Les sources utilisées sont diverses (Paris-Normandie, La Lettre EcoNormandie, Normandinamik…)
Un lien redirige vers l’article dans son intégralité.

Principaux acteurs du territoire

Un onglet donne accès à la liste des principales structures situées sur le territoire de la commune : collectivités, associations de développement, établissements d’enseignements, principaux employeurs…
Un simple clic sur la ligne permet d’afficher la structure correspondante.

Les entreprises réalisant les plus gros chiffres d’affaires sur le territoire de la commune apparaissent également en liste, avec possibilité de cliquer pour visualiser la fiche de l’entreprise.

Pour avoir accès au portail EcoNormandie

L’accès complet à la base de données en ligne EcoNormandie est réservée aux abonnés. Si vous souhaitez vous connecter pour l’essayer, voici un code provisoire :

Et si vous souhaitez essayer les services d’EcoNormandie gratuitement pendant deux mois, il suffit de le demander ici.

Tout savoir sur le recensement de population

Et pour tout savoir sur le recensement de population, lisez le document proposé par l’INSEE qui porte bien son nom : Pour comprendre… le recensement de population

Les 1 000 plus gros employeurs normands

Je viens de boucler le Palmarès de l’économie normande, qui paraîtra le 3 juin. J’aurai l’occasion d’y revenir, et de vous présenter plus en détail ce nouveau titre, largement consacré à la présentation des plus gros employeurs normands, sous forme de tableaux, et classements. Je voudrais aujourd’hui vous montrer comment j’ai utilisé l’outil cartographique de l’Insee “statistiques locales” (dont j’ai déjà parlé dans ce blog) pour réaliser une carte sur-mesure, avec nos données, et l’insérer dans les pages du Palmarès.

L’outil cartographique pas à pas

1 • Le choix des données

Alors que le bouclage du Palmarès était prévu pour lundi dernier (20 mai), le maquettiste (Franck Dubois, Le Perroquet bleu) m’annonce le vendredi précédent qu’il y a une demi-page de libre dans la double consacrée au mode d’emploi des tableaux, et que ce serait bien d’y insérer une carte.
Une carte ? c’est bien joli, mais il faut des fonds de carte, des données localisées, facilement utilisables, un infographiste disponible, et surtout, une carte de quoi ?
Rapidement, je vois l’intérêt de monter la répartition des entreprises employant 100 salariés ou plus en Normandie (notre “Top 1000” dans le palmarès) et aussitôt je pense à l’outil cartographique de l’Insee, capable de travailler avec les données utilisateurs. C’est parti ! Il m’a fallu, avec découverte et tâtonnements, moins d’une heure pour envoyer la carte.

2 • La préparation des données

Il faut préparer un fichier contenant les données. Le format est indiqué clairement sur le site : une 1ère colonne avec le code Insee de la commune et la virgule en séparateur.
Je vais dans mon fichier (FileMaker Pro) qui m’a servi à préparer les données du palmarès, et qui contient les 1000 fiches correspondantes.

Je sélectionne les 1 000 fiches (correspondant aux entreprises employant au moins 100 salariés), je les trie par communes, et j’exporte deux colonnes : l’une avec le code géographique (qui figure bien sûr dans mon fichier), et l’autre avec le total (calculé à la volée) du nombre d’établissements par commune.

3 • La carte se dessine aussitôt sous nos yeux

En vrai, c’est aussi simple que cela, j’aurais pu la prendre telle quelle !
Le bleu ne me plaisait pas trop, j’ai vu que je pouvais choisir dans la palette, j’ai essayé différentes couleurs pour finalement choisir orange.

4 • Exporter en png

Il suffit d’aller dans le menu “Actions” en haut à droite de l’écran. Puis de choisir “Exporter, réutiliser”

et de cliquer (à gauche de l’écran) sur “Exporter la carte (format image, png).
C’est tout, il ne reste qu’à envoyer le png au maquettiste, qui pourra même y retoucher un peu pour forcer les couleurs.

5 • Intégrer dans la maquette

Et voilà la carte intégrée !

En attendant
Le Palmarès de l’économie normande

Le palmarès de l’économie normande paraîtra le 3 juin.

vous pouvez déjà voir une présentation ou le commander ici

Arrêt sur statistiques

Vous connaissez mon intérêt pour les chiffres et mon plaisir de le transmettre. Il a été comblé cette semaine [le 25 avril] avec la venue au Club de la presse et de la communication de statisticiens de l’Insee Normandie. Je prends aujourd’hui le prétexte de ce « Campus-sandwich », mais aussi d’autres rencontres organisées par l’Insee Normandie, pour faire un « arrêt sur statistiques », comme on parle « d’arrêt sur image ». Mon propos aujourd’hui n’est pas de m’intéresser aux résultats ni à l’analyse des données, mais de m’arrêter sur quelques commentaires faits par les statisticiens afin de partager mes réflexions sur la méthode statistique.

À l’occasion du « Campus-sandwich » de ce 25 avril, Jean-Louis Reboul, et son équipe avaient 1h30 pour donner quelques pistes afin de mieux se retrouver dans la forêt de données disponibles sur le site insee.fr.

Ils ont souligné que ces données doivent servir à éclairer le débat public et rappeler que « pour faire de la statistique, il faut des conventions, des seuils, et il faut interpréter ». Ce sont ces conventions, ces règles d’interprétation et aussi leurs limites qui m’intéressent aujourd’hui.

C’est en fait lors des derniers « Rendez-vous de l’Insee » consacrés aux “QPV” (quartiers politique de la ville), dont j’ai déjà parlé, que l’idée de cet « arrêt sur statistiques » a germé.

N’étant pas, contrairement aux autres participants, directement concernée par le sujet, j’ai pris de la distance par rapport aux enseignements que l’on pouvait tirer des différents exposés et des échanges qui suivaient, pour en tirer chaque fois une leçon de statistique, et de ce point de vue, j’ai été nourrie, car en trois heures, beaucoup des questions qui se posent lorsqu’on analyse des données ont été abordées. Je reviens ci-dessous sur certaines d’entre elles, et je dois avouer le réel plaisir que je retire des mots et des expressions mêmes que j’ai glanés durant ces rencontres.

Le choix du seuil

Le mode de calcul du seuil de pauvreté (60 % du revenu médian) définit un pauvre en France comme un individu ayant un niveau de vie inférieur à 1026 € (salaire 2016, pour une personne vivant seule ou encore 2150 € pour un couple avec 2 enfants). Avec cette définition, on compte 8,8 millions de pauvres, soit 14 % de pauvres. Avec un seuil à 50 %, on en compterait 5 millions.
Question : comment choisir le seuil le plus pertinent (en gardant en tête que l’objectif est « d’éclairer le débat public »)  ?

Le droit de comparer

Je l’ai souvent répété, un chiffre seul n’apporte pas une information pertinente, c’est la comparaison qui permet d’analyser.
Encore faut-il avoir le droit de comparer deux données entre elles. Il faut pour cela veiller à ce qu’elles aient la même source, et que la population de référence et le périmètre soient définis de manière à ce que l’on puisse comparer.
Pour des comparaisons dans le temps, cela pose la question de la pérennité des zonages et des modes de calcul.

Le décalage de temps

Le temps du recueil des données n’est pas le temps des décisions politiques, ce décalage est apparu clairement lors des échanges des “Rendez-vous de l’Insee”. Pour de nombreuses données collectées sur le thème de la politique de la ville, il faut compter 3 ans pour les remontées de données définitives et comparables, leur analyses par les statisticiens, et la mise à disposition. Mais sur le terrain, la nécessité de faire des bilans à mi-parcours pour les contrats politique de la ville achoppe sur cette question de délais.

La robustesse des données

La robustesse d’une donnée ou d’un indicateur (par opposition à sa fragilité) est ce qui assure sa fiabilité. Par exemple si l’échantillon est trop petit, ou mal construit, les données seront fragiles.

Le secret statistique

L’Insee ne diffuse que des données anonymisées, en veillant à ce qu’aucune information sur un individu de l’échantillon (personne, entreprise, collectivité, etc.) ne puisse être déduite des résultats. Lorsqu’il y a trop peu de monde dans une catégorie, on parle de secret statistique, et l’information n’est pas diffusée à cette maille, on agrège les résultats à une autre catégorie. Cela rend bien sûr indisponibles certaines informations .

Eclairer sans répondre

Le rôle des statisticiens n’est pas de répondre aux questions que se posent élus, journalistes, chercheurs, acteurs du terrains, mais de donner des informations qui leur permettront de répondre.