Les journalistes parlent de leur confinement

Dans le cadre de l’enquête réalisée par le Club de la presse et de la communication de Normandie en mai 2020 auprès des médias normands sur le confinement (résultats à consulter en ligne sur le blog EcoNormandie là), quatre questions ouvertes étaient posées : points négatifs, points positifs, réflexions sur cette période de confinement, attente vis-à-vis des pouvoirs publics…
L’enquête laissait ainsi libre cours aux réflexions des journalistes, qui ont largement répondu à ces différentes questions.
Nous reprenons ci-dessous les très riches éléments recueillis, que nous avons retranscrits tels quels, simplement en les classant par grands thèmes pour faciliter la lecture. Lorsque plusieurs thèmes étaient abordés dans la même réponse, nous avons préféré cependant garder l’unité de la réponse, et la classer à ce qui nous paraissait le plus pertinent.

En résumé

Avant de retranscrire ci-dessous in-extenso l’ensemble des réponses aux quatre questions posées aux médias normands, voici les grands thèmes qui en ressortent.

• Pour ce qui est des points positifs, ceux qui sont le plus souvent cités sont la capacité d’adaptation et la réactivité (26 réponses), le télétravail (25 réponses), la solidarité, la cohésion, la collaboration (15), la proximité avec lecteurs, auditeurs ou spectateurs (15).

• Pour ce qui est des points négatifs, ceux qui sont le plus souvent cités sont les difficultés économiques (25 réponses), le manque de contacts (18 réponses), les conditions de travail (16), le manque de présence sur le terrain (13).

• En réponse à la question ouverte sur les réflexions liées au confinement, 17 réponses parlent d’expérience positive, 14 proposent une réflexion sur la presse, 12 voient du bon et du mauvais.

• Concernant l’attente vis-à-vis des pouvoirs publics, 25 journalistes assènent qu’ils n’attendent rien, 22 espèrent une aide financière, 9 appellent de leurs vœux une nouvelle manière de considérer l’information.

Verbatim

Question : Que retenir de cette expérience : indiquez ce qui vous paraît le point le plus positif

103 personnes (sur 137 répondants) ont répondu à cette question.

Réactivité, adaptation
(26 réponses)

• Adaptation rapide. (Femme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Amélioration de l’utilisation des outils numériques, forte réactivité, mobilisation accrue. (plus de 50 ans, Autre média papier, resp. publication)

• Brutale obligation de s’adapter. (Homme, plus de 50 ans, Média de collectivité, non carté)

• Capacité d’adaptation déjà expérimentée pendant la pollution Lubrizol. Directeur régional réactif. Capital confiance des téléspectateurs normands. (Femme, 40 à 49 ans, TV, non carté)

• Capacité d’adaptation insoupçonnée. (Femme, plus de 50 ans, PQR, non carté)

• Capacité d’adaptation renforcée. (Homme, moins de 30 ans, PQR, carté)

• Capacité de l’entreprise à s’adapter à cette situation inédite. (Homme, plus de 50 ans, Radio, carté)

• Changement de mode de vie, remise en question, solidarité. (Homme, 40 à 49 ans, Radio, resp. publication)

• Confirmation de la réactivité de l’équipe. (Femme, 40 à 49 ans, Média de collectivité, carté)

• Espérons que de nouvelles habitudes aient été prises sur le web. (Femme, 30 à 39 ans, Radio, carté)

• Exigence de qualité et d’adaptation encore plus élevée. (Homme, plus de 50 ans, Autre média papier, carté)

• Importante capacité d’adaptation. (Homme, 30 à 39 ans, Radio, carté)

• L’adaptabilité. (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• L’urgence de repenser sa façon de travailler, spatiale, temporelle et intellectuelle. (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• La bonne volonté de la rédaction et sa capacité à s’adapter à des conditions de travail difficiles. (Femme, 40 à 49 ans, Radio, carté)

• Le journal est quand même sorti tous les jours. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Le remarquable sens de l’adaptation des équipes. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• On revisite ses pratiques : ça ouvre de nouvelles perspectives. (Homme, 40 à 49 ans, carté)

• Peut-être proposer une nouvelle façon, de s’organiser au niveau des horaires de travail. Dans la crise, on reste très actif et surtout réactif, on s’adapte très vite à la situation. (Femme, 30 à 39 ans, Radio, carté)

• Preuve de la mobilisation et de la capacité d’adaptation des salariés. (Femme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Réactivité, adaptabilité renforcée, mise en place de nouveaux horaires de travail. (Femme, plus de 50 ans, Radio, carté)

• Remise en question profonde. (Femme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Renforcement de l’esprit d’équipe, adaptation. (Homme, plus de 50 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Une façon plus moderne de travailler. (Homme, plus de 50 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Une nouvelle manière de communiquer, de mener des réunions… (Homme, plus de 50 ans, Pigiste, correspondant ou journaliste indépendant, carté)

• Une réactivité certaine et une mobilisation indéniable des médias de proximité pour assurer la continuité de l’information. (Femme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

Télétravail
(25 réponses)

• Adaptation au télétravail. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Augmentation de la capacité de travailler en équipe tout en étant en télétravail et besoin plus fort de partage(s). (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• Avoir prouvé qu’on a été performant en télétravail. (Homme, 40 à 49 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Bonne expérimentation du télétravail. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Découverte des outils de télétravail. (Homme, moins de 30 ans, Radio, carté)

• Développement du télétravail. (Homme, 40 à 49 ans, Radio, resp. publication)

• Emulation. Chacun a trouvé sa place soit en reportage extérieur soit en télétravail. (Femme, 40 à 49 ans, TV, carté)

• L’avantage du télétravail. (Homme, 40 à 49 ans, Radio, carté)

• La démocratisation du télétravail. (Femme, 40 à 49 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• La démonstration que le télétravail est une méthode à généraliser. (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• La mise en place du télétravail à grande échelle et le développement du numérique. (Homme, plus de 50 ans, TV, resp. publication)

• Le développement du télétravail mais qui doit être pratiqué à temps partiel. (Femme, 40 à 49 ans, Pigiste, correspondant ou journaliste indépendant, non carté)

• Le télétravail doit être une pratique qui peut se renouveler dans certains cas, tant que l’on a le matériel nécessaire à disposition. (Femme, moins de 30 ans, Radio, carté)

• Le télétravail est possible. (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Le télétravail est possible pour les postes d’éditeurs. (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Le télétravail est un grand plus ! (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• Le télétravail ponctuel, pour certains métiers ou certaines activités demandées aux journalistes (SR, community management) est tout à fait possible à mettre en place rapidement. Il ne nuit pas à la productivité (contrairement à ce qui nous avait été dit jusqu’ici). (Femme, moins de 30 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Mon employeur va accélérer la mise en place du télétravail. (Homme, 40 à 49 ans, Média de collectivité, non carté)

• Oui, le télétravail est possible ! (Femme, 40 à 49 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Possibilité de conjuguer (difficilement mais tout de même) travail et vie familiale avec le télétravail et des enfants en bas âge. (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Possibilité de télétravailler. (Femme, moins de 30 ans, PQR, carté)

• Possibilité du télétravail. (Homme, 30 à 39 ans, Média tout numérique, carté)

• Pour ceux à qui cela convient, la possibilité future de faire plus de télétravail. (Femme, 40 à 49 ans, TV, carté)

• Télétravail productif. (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• Une adaptation très rapide au télétravail alors que l’entreprise n’y était pas du tout préparée. (Homme, plus de 50 ans, Radio, carté)

Solidarité, cohésion, collaboration
(15 réponses)

• Cela a affirmé une solidarité entre collègues. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Esprit d’équipe et de solidarité, développement d’outils numériques à conserver pour l’avenir. (Femme, plus de 50 ans, Média de collectivité, resp. publication)

• Forte mobilisation des bénévoles, cohésion. (Homme, plus de 50 ans, Radio, resp. publication)

• Investissement important d’une grande partie des collègues. (Femme, 40 à 49 ans, TV, carté)

• L’entraide. (Femme, moins de 30 ans, PQR, non carté)

• La cohésion de notre équipe fonctionne, malgré le confinement. (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• La solidarité. (Femme, plus de 50 ans, TV, carté)

• Les salariés sont très attachés au titre et ont beaucoup travaillé pour que les parutions soient maintenues et ce, dès le début du confinement qui a été une période de grand flou. (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• Meilleure communication entre collègues que quand on est physiquement ensemble ! (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Motivation et solidarité de l’équipe. (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• On se rend compte de l’utilité de chacun. (Homme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Plus de communication entre les services. (Femme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Plus de communication pour anticiper et organiser la production de contenus. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Solidarité entre consœurs et confrères. (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• Une capacité de la rédaction à se réinventer, un esprit d’équipe renforcé.
(Femme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

Proximité et relation avec lecteurs, auditeurs, spectateurs
(15 réponses)

• Ce qui paraît le plus positif : la capacité à travailler autrement, avec paradoxalement une plus grande proximité avec les interlocuteurs pour réaliser des reportages. Globalement, le point positif est donc la capacité à s’adapter à la situation. (Femme, plus de 50 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Continuer à être toujours plus près des lecteurs et de leurs besoins, qu’ils soient des particuliers ou des entreprises. (Homme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Découverte de nouveaux interlocuteurs via les réseaux sociaux (Femme, plus de 50 ans, Mensuel économique régional, carté)

• En petite locale, où l’on traite l’actualité machinalement et où on n’a pas toujours le luxe (en termes de temps et de place dans le journal) d’aller vers tout le monde, ce fut un bienfait. C’est l’essence même du métier de journaliste de s’intéresser à tous ceux qui composent la vie locale et pas que les personnes visibles parce qu’acteurs économiques, associatifs ou élus… (Femme, 30 à 39 ans, PHR avec un site, donc du web aussi !, carté)

• Encore plus de proximité avec les auditeurs. (Homme, 40 à 49 ans, Radio, resp. publication)

• Fort intérêt des lecteurs pour les médias qualifiés. (Homme, 40 à 49 ans, Autre média papier, carté)

• Journaliste en PHR, la force de la proximité et du lien avec nos lecteurs s’est vraiment révélée. Et ce à travers la continuité d’achat de pub pour le journal, un lectorat toujours au rendez-vous et des coups de téléphone réguliers de nos lecteurs pour nous transmettre des infos. (Femme, moins de 30 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• La remise en question de nos outils et de nos méthodes d’interventions en favorisant l’implication des auditeurs par l’utilisation de leur smartphone. (Homme, 30 à 39 ans, Radio, resp. publication)

• Le confinement a rapproché le public des médias de proximité réelle. (Homme, plus de 50 ans, TV, non carté)

• Le public semble être en demande d’une information de proximité fiable. Les médias apparaissent aussi comme étant des outils permettant d’entretenir un lien. Les témoignages de remerciements qui nous sont parvenus tranchent avec les insultes qui nous étaient adressées pendant la période gilets jaunes. (Femme, plus de 50 ans, TV, carté)

• On s’intéresse aux locales. (Femme, moins de 30 ans, PQR, carté)

• Plus de contacts sur les réseaux sociaux. (Femme, plus de 50 ans, Autre média papier, resp. publication)

• Relations avec les auditeurs et commerçants accrues. Changement de méthode de travail (notamment travail à distance). (Homme, 30 à 39 ans, Radio, resp. publication)

• Se sentir encore plus utiles en matière d’information pour nos lecteurs. (Femme, 40 à 49 ans, Hebdo ou bi-hebdo, non carté)

• Une autre façon de travailler et très très grosses audiences sur nos antennes (TV, RS, web) (Femme, plus de 50 ans, TV, resp. publication)

Traitement de l’information
(8 réponses)

• Autonomie. (Femme, 30 à 39 ans, Média tout numérique, carté)

• Des sujets plus transversaux. (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• L’actualité positive, le journalisme de solution est aussi de l’info ! À garder et systématiser même sans crise sanitaire. (Homme, moins de 30 ans, Radio, carté)

• La crise a mis en valeur notre ligne éditoriale. (Femme, 40 à 49 ans, Radio, resp. publication)

• Meilleure qualité éditoriale grâce à la richesse de l’actualité Covid-19 et la diminution drastique du nombre d’éditions, qui a permis d’éliminer des comptes rendus de micro-locale souvent mal rédigés. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Pas d’agenda, grande liberté dans les choix de sujets à traiter, stimulant pour les équipes. (Homme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Plus d’autonomie et de souplesse dans la manière de produire des reportages sur le terrain. (Homme, 30 à 39 ans, TV, carté)

• Redéfinition de la locale, plus d’épaisseur dans les sujets. (Homme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

Temps, rythme
(7 réponses)

• Disponibilité de temps pour réfléchir à l’orientation de mon métier de photographe/réalisateur dans un contexte de mutation numérique toujours évolutif qui modifie la perception de l’information des lecteurs et par conséquent ma façon de la mettre en forme. (Homme, plus de 50 ans, Photographe en agence de presse et réalisateur films institutionnels et documentaires. non carté)

• Gain de temps. (Homme, moins de 30 ans, Webradio + site internet, resp. publication)

• La vie continue, et l’info également. (Femme, plus de 50 ans, Radio, non carté)

• Le temps passé avec ma famille et notamment les enfants. (Homme, 30 à 39 ans, Pigiste, correspondant ou journaliste indépendant, carté)

• Permis de raccourcir les réunions. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Plus de temps pour la réflexion. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Utiliser le temps “chômé” pour ranger, trier des dossiers et investir dans l’apprentissage de nouveaux outils. Observer la société. (Femme, plus de 50 ans, Autre média papier, non carté)

Divers
(5 réponses)

• Il faut attendre pour savoir. (Homme, plus de 50 ans, Hebdo ou bi-hebdo, resp. publication)

• Jamais été aussi prêt de la retraite. (plus de 50 ans, PQR, carté)

• La solidité de l’entreprise. (Femme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Ressouder les liens avec les clients et les fournisseurs. (Femme, plus de 50 ans, grossiste en invendus de presse, resp. publication)

• Soutien des annonceurs. (Homme, plus de 50 ans, Média tout numérique, resp. publication)

Aucun point positif
(2 réponses)

• Je ne vois aucun élément positif. (Femme, plus de 50 ans, Pigiste, correspondant ou journaliste indépendant, carté)

• Pas grand-chose. (Femme, plus de 50 ans, Autre média papier, non carté)

Question : Que retenir de cette expérience : indiquez ce qui vous paraît le point le plus négatif

97 personnes (sur 137 répondants) ont répondu à cette question.

Difficultés économiques
(25 réponses)

• 0 chiffre d’affaires, chômage des équipes et un avenir plus qu’incertain. Les injonctions contradictoires de nos gouvernants. (Femme, plus de 50 ans, Autre média papier, non carté)

• Aggravation de la précarité économique dans un secteur (presse-édition) déjà en grande difficulté. (Homme, plus de 50 ans, Autre média papier, carté)

• Aucune visibilité à moyen terme fiable. (Femme, plus de 50 ans, grossiste en invendus de presse, resp. publication)

• Ce que je retiens de cette expérience du point de vue négatif : la fragilité de ma petite entreprise audiovisuelle face à la crise présente (sanitaire) à venir (économique) et la difficulté à trouver les solutions pour la dépasser. (Homme, plus de 50 ans, Photographe en agence de presse et réalisateur films institutionnels et documentaires. non carté)

• Chute de la diffusion et de la pub. (Homme, plus de 50 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Difficultés de l’entreprise. (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Effondrement de la publicité et des ventes. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Forte dégradation du contexte économique (Homme, 40 à 49 ans, Autre média papier, carté)

• Impact sur les TPE et PME. (Homme, 40 à 49 ans, Radio, resp. publication)

• La chute des rentrées pub, et le risque que des mesures dites « de gestion de crise » se pérennisent au moment du retour à la normale. (Homme, plus de 50 ans, TV, non carté)

• La chute des revenus publicitaires causant la chute de l’entreprise. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• La liquidation judiciaire… (Femme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Les conséquences économiques. (Homme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Liquidation judiciaire. (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Manque à gagner immédiat. (Femme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Manque de lisibilité : pub, presstalis (dépôt de bilan…), etc. (plus de 50 ans, Autre média papier, resp. publication)

• Manque de trésorerie. (Homme, plus de 50 ans, Média tout numérique, resp. publication)

• Mise en liquidation judiciaire de mon entreprise. (Femme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Moins de clients, pertes financières, horaires de travail chamboulés. (Homme, 30 à 39 ans, Radio, resp. publication)

• Mon journal est en liquidation. (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Perte de financements. (Homme, 40 à 49 ans, Radio, resp. publication)

• Que l’on dépend trop de la publicité et qu’une nouvelle économie devrait être envisagée notamment pour les journaux. (Femme, 30 à 39 ans, Radio, carté)

• Une économie en berne. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Une procédure de liquidation judiciaire ! (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

Manque de contacts
(18 réponses)

• Absence de relations sociales. (Femme, PQR)

• Des collègues qui se sont désengagés de la vie de la rédaction et de leur mission. (Femme, 40 à 49 ans, TV, non carté)

• Échanges et prises de décision plus difficiles (malgré les visioconférences). Rien ne vaut les échanges humains pour avancer en équipe. (Femme, moins de 30 ans, Radio, carté)

• Isolement tant vis-à-vis des collègues que du public. (Femme, 40 à 49 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• L’absence de contacts humains. (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• L’éloignement et parfois l’hypocrisie. (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• L’isolement. (Femme, plus de 50 ans, TV, carté)

• La convivialité (discussion impromptue en buvant un café ou devant un déjeuner) a disparu. (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• Le confinement est pesant de toute façon, moralement. (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Le télétravail, même si on s’adapte, est frustrant par rapport à la vie d’une Rédaction. Impression de solitude parfois. (Femme, plus de 50 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Manque de contacts physiques. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Moins de lien social. (Femme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Ne plus partager très facilement avec mes collègues au quotidien. (Femme, plus de 50 ans, TV, resp. publication)

• Outils de télétravail parfois défaillants, manque de relations humaines. (Homme, moins de 30 ans, Radio, carté)

• Ne pas voir les collègues. (Homme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Plus du tout d’interaction directe avec les collègues. (Homme, 30 à 39 ans, TV, carté)

• Sentiment parfois de solitude… (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Solitude. (Femme, 30 à 39 ans, Média tout numérique, carté)

Conditions de travail
(16 réponses)

• Impression de travailler plus longtemps, que le rythme ne s’arrête jamais du matin au soir ! (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• L’absence de cadre horaire pour certains et l’abus de réunion en visioconférence pour rien. (Femme, 40 à 49 ans, Média de collectivité, carté)

• L’atomisation de la rédaction. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• La fatigue et la frustration liée au travail à distance. (Homme, moins de 30 ans, Radio, carté)

• La mise en place du télétravail, chez mon employeur comme chez d’autres, a toujours été vue comme très difficile à mettre en place. Finalement, ça s’est très bien fait : sans doute pouvions-nous démocratiser ce mode de travail bien avant la crise du Covid-19. (Homme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Le télétravail a ses limites dans la gestion d’équipe. (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Le télétravail qui devient chronophage, les délais de réactivité des interlocuteurs censés être aussi en télétravail mais qui ne répondent pas… (Femme, plus de 50 ans, Autre média papier, non carté)

• Lenteur des connexions, éclatement des équipes, et en activité partiel, c’est la bureaucratie qui prend la plus grande part, et la part la plus créative du boulot passe après. (Femme, plus de 50 ans, PQR, non carté)

• Les difficultés du télétravail. (Femme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Lourdeur du travail, problème de télétravail improvisé. (Femme, plus de 50 ans, Radio, carté)

• Manque de mesures barrières dans les locaux de la rédaction. (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• Notre entreprise n’est pas suffisamment équipée et nos équipes pas suffisamment formées pour le télétravail. (Femme, 40 à 49 ans, Radio, carté)

• Parfois, il a été délicat de télétravailler et de m’occuper de la famille en même temps durant plusieurs jours. (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• Perte du collectif, car beaucoup de monde à la maison et peu sur site donc décalage entre collègues et travail en mode très dégradé. (Femme, 40 à 49 ans, TV, carté)

• Suivre le rythme des infos qui tombent en continu dans une équipe restreinte. (Femme, 40 à 49 ans, Hebdo ou bi-hebdo, non carté)

• Surcharge de travail, on ne coupe jamais en ayant le travail à la maison. (Homme, 30 à 39 ans, Radio, carté)

Moins de présence sur le terrain
(13 réponses)

• Être bloqué pour mes reportages à l’étranger ! (Homme, plus de 50 ans, Pigiste, correspondant ou journaliste indépendant, carté)

• L’interdiction de partir en reportage et la réduction nette de notre antenne spécifique au profit d’une antenne plus large régionale, voire nationale. (Homme, 40 à 49 ans, Radio, carté)

• La perte de qualité du son quand on est forcés de faire des interviews à distance. (Femme, 40 à 49 ans, Radio, resp. publication)

• Lassitude de la couverture journalistique à distance. Menace sur des titres de presse du groupe. Diminution de la concertation en équipe. (Homme, 30 à 39 ans, Média tout numérique, carté)

• Le manque de contact physique avec les collaborateurs et le manque de terrain. (Homme, plus de 50 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Le télétravail n’est clairement pas fait pour ce travail. Difficultés d’être coupé du terrain. (Femme, moins de 30 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Les mesures prises pour limiter le risque sanitaire nous ont conduits à réduire le nombre de journalistes sur le terrain. C’est assez frustrant de devoir couvrir un événement sans doute historique depuis un bureau… (Femme, plus de 50 ans, TV, carté)

• Manque de reportages de terrain. (Femme, moins de 30 ans, PQR, non carté)

• Moins de contact avec nos interlocuteurs. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Moins de personnel, plus de travail et moins de présence du terrain. (Femme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Ne plus aller sur le terrain en reportages, uniquement au téléphone. (Homme, plus de 50 ans, Radio, carté)

• Perte de contact avec le terrain. (Femme, 30 à 39 ans, Radio, carté)

• Plus de déplacements de reportages sur le terrain. (Femme, plus de 50 ans, Autre média papier, resp. publication)

Actualité pauvre
(8 réponses)

• Difficulté à trouver des sujets hors coronavirus. (Homme, moins de 30 ans, PQR, carté)

• Indigestion de Covid matin, midi et soir depuis plus de 8 semaines ! (Homme, plus de 50 ans, Radio, carté)

• L’abandon de nombreux projets rédactionnels. (Femme, 40 à 49 ans, Pigiste, correspondant ou journaliste indépendant, non carté)

• Le sentiment de traiter tous les jours la même chose, malgré les angles renouvelés (Femme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Manque d’actualités dans notre domaine (musique). (Homme, moins de 30 ans, Webradio + site internet, resp. publication)

• Moins d’événements à traiter, moins de pagination. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Non-actualité oppressante. (Homme, 40 à 49 ans, carté)

• Perte de contenu : certaines émissions, événementiel culturel (concerts, festivals…) (Homme, plus de 50 ans, Radio, resp. publication)

Défaut du management
(5 réponses)

• Absence d’une organisation claire (organisation bousculée). (Homme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• En temps normal, on est en sous-effectif pour couvrir le territoire mais les restrictions budgétaires ne nous donnent pas le choix. En nous retirant un journaliste le temps du confinement et en nous demandant de poser une RTT par semaine, on s’est retrouvé dans le même inconfort et le même rush. 2 jours nous sont nécessaires pour réaliser le bouclage : montage des pages, écriture des derniers articles, ensuite il y a une journée consacrée à la mise en ligne, enrichissement web des articles et une journée dédiée aux rdv, prises de photos, écriture… C’est dommage, on aurait pu profiter de ce temps pour se poser, se demander de quelle manière on pouvait mettre à profit ce temps pour créer du lien, renforcer notre “communauté” sur le web. Mais là encore, c’était la course. (Femme, 30 à 39 ans, PHR avec un site, donc du web aussi !, carté)

• L’absence totale de communication de la direction. (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• L’application tardive de méthodologie et de prise de décision collective ! (Homme, 30 à 39 ans, Radio, resp. publication)

• Le manque de confiance au début et cette impression d’être “fliqué”. (Homme, 40 à 49 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

Difficulté des journaux papier
(3 réponses)

• Deux choses : la fragilité économique de la presse papier et la défiance permanente des citoyens envers les médias, y compris en temps de crise où se tenir informé est vital… (Femme, moins de 30 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Difficulté à toucher l’ensemble de la population avec pour supports quasi uniques les supports numériques. (Femme, plus de 50 ans, Média de collectivité, resp. publication)

• Un pas de plus vers la fin du papier. (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

Traitement de l’information
(2 réponses)

• Dégradation de la qualité esthétique de l’image en reportage. (Femme, 40 à 49 ans, TV, carté)

• Manque d’une réelle ligne éditoriale. (Femme, plus de 50 ans, Mensuel économique régional, carté)

Divers
(7 réponses)

• Certains profitent de la situation : télétravail, garde d’enfants… (Homme, 40 à 49 ans, Média de collectivité, non carté)

• Inflation de précautions obligatoires. (Homme, plus de 50 ans, Média de collectivité, non carté)

• La fermeture des écoles et l’annulation de toutes mes interventions en EMI dans plusieurs collèges en Normandie. (Homme, 30 à 39 ans, Pigiste, correspondant ou journaliste indépendant, carté)

• Les bêtises sur les réseaux sociaux. (Femme, moins de 30 ans, PQR, carté)

• Manque de relation à la nature. (Homme, plus de 50 ans, Hebdo ou bi-hebdo, resp. publication)

• On verra à la fin du confinement, trop tôt pour se prononcer. (Femme, plus de 50 ans, Radio, non carté)

• Plus difficile d’accepter les collègues pas motivés, peu dynamiques. (Femme, 40 à 49 ans, TV, carté)

Question : En quelques mots, votre commentaire, votre expérience, votre analyse, votre moral, vos espoirs…

71 personnes (sur 137 répondants au total) ont répondu à cette question

Expérience positive
(17 réponses)

• « À malheur, quelque chose est bon. Les crises (aujourd’hui sanitaire et économique, demain sociales et environnementales) sont paradoxalement des accélateurs d’expérience. Elles vous contraignent d’être imaginatif, créatif et vous questionnent sur les priorités. Pour mieux rebondir et appréhender les mondes d’après. Transformons le plomb de ces dernières semaines en or pour l’avenir. » (Homme, plus de 50 ans, Photographe en agence de presse et réalisateur films institutionnels et documentaires. non carté)

• « Avoir su faire preuve d’adaptabilité afin que les parutions web et print soient publiées avec des reportages très utiles, très réactifs où la réflexion n’a jamais été absente, même dans l’urgence. Selon les situations personnelles, le télétravail a pu être une période féconde et très agréable à vivre. Il l’a été pour moi et est porteur d’espoir pour une façon de travailler qui pourrait venir compléter l’exercice de ma profession dans mon lieu de travail habituel (je n’oublie pas que j’étais à l’abri et dans des conditions de travail qui n’ont rien à voir avec ceux qui ont dû travailler sur leurs lieux de travail (Soignants, caissières, éboueurs…) » (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• « Bon moral. Bon espoir. » (Homme, plus de 50 ans, Hebdo ou bi-hebdo, resp. publication)

• « Ça stimule l’imagination… » (Homme, 40 à 49 ans, carté)

• « Ce fut pour moi une période qui m’a permis de ralentir le rythme effréné que l’on s’impose dans le travail mais aussi dans notre vie personnelle. Même si dans le travail nous n’avons pas chômé en termes d’actu les nouvelles organisations d’horaires nous ont permis d’être plus efficace dans notre travail. Même s’il y a des craintes sur l’avenir et notamment sur l’économie cette crise m’a conforté dans ma décision de vivre une vie plus responsable depuis quelques années et d’avoir abandonné la société de surconsommation. » (Femme, 30 à 39 ans, Radio, carté)

• « Etant en télétravail habituellement, pas de grand changement, à part le déplacement lors des reportages. Les chefs d’entreprises sont plus disponibles pour nous et c’est un point positif ! » (Femme, plus de 50 ans, Mensuel économique régional, carté)

• « Être vecteur de solutions possibles pour le monde de demain pour les territoires de proximité. » (plus de 50 ans, Autre média papier, resp. publication)

• « Le réseau constitué avant le confinement s’est révélé un atout encore plus précieux en période de confinement. Le télétravail n’a pas été un poids pour moi dans la mesure où des liens très serrés ont été maintenus avec l’équipe (notamment grâce à la disponibilité de la hiérarchie de proximité – chefs de service). Le télétravail fait donc partie du champ des possibles mais ne doit pas être (hors coronavirus) systématique. Juste une option, pourquoi pas quelques jours par semaine lorsque les circonstances le permettent (besoin de calme pour écrire, inutilité à se rendre à l’agence…) » (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• « Le télétravail donne une grande liberté d’action, ce qui une fois encore peut paraître paradoxal mais il permet de sortir des codes habituels et donc de se remettre en question. Pourtant, j’espère que la situation ne durera pas : on a besoin de voir du monde, d’échanger dans une Rédaction, de la vie de cette Rédaction pour exercer au mieux son métier. Un autre espoir est que la presse papier hebdomadaire ne souffre pas trop de cet épisode, même si le web reste évidemment un formidable vecteur pour transmettre l’information. J’espère que les deux modèles, dans le secteur spécifique de la presse hebdo d’information locale, resteront complémentaires, de manière à toucher tous types de lecteurs. » (Femme, plus de 50 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• « Le télétravail est un grand plus. La crise du coronavirus nous a poussés dans nos retranchements. Nous avons découvert de nouvelles façons de travailler. La proximité avec les lecteurs est plus grande. Audience et abonnements ont explosé. » (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• « On a su faire face à la crise et mettre tout en oeuvre pour rester opérationnel. Malgré les difficultés rencontrées, on a pu constater que notre équipe restait mobilisée et solidaire. » (Homme, 30 à 39 ans, Radio, resp. publication)

• « Période intéressante d’autonomie. La satisfaction de tenir malgré la crise. Moral stable. » (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• « Super époque, pleine d’opportunités ! » (Femme, 40 à 49 ans, Radio, resp. publication)

• « Tout va bien pour moi, je suis dans une belle entreprise qui a un bel avenir et qui respecte ses salariés… je suis consciente de ma chance ! » (Femme, plus de 50 ans, TV, resp. publication)

• « Travail de journaliste d’autant plus passionnant qu’on sentait l’attente des lecteurs et des internautes.

Développement d’outils et de moyens de communication entre les équipes à pérenniser. » (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• « Travailler moins dans l’urgence, reconnaître nos capacités d’autonomie, plus de collaboration entre collègue ou bureaux. » (Femme, 40 à 49 ans, TV, carté)

• « Une expérience positive avec des leçons à tirer pour faire évoluer l’antenne. » (Homme, moins de 30 ans, Radio, carté)

Réflexions sur la presse
(14 réponses)

• « Cette période est un vrai défi pour la presse décriée à tort et parfois à raison. Il faut savoir se remettre en cause pour répondre aux questions des citoyens lecteurs ou auditeurs, tout en les ouvrant à des sujets auxquels ils n’auraient pas penser. » (Homme, 40 à 49 ans, Radio, carté)

• « Espoirs sur les nouvelles opportunités journalistiques (rubriques, angles, sujets, priorités, rapport avec le lecteur). Plus que sur un éventuel « changement » de mentalité de notre société… » (Homme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• « Et si on retrouvait le sens, la chance, d’avoir un journal de proximité au quotidien. » (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• « Il faudrait faire des états généraux des pratiques journalistiques pour l’après. » (Homme, plus de 50 ans, TV, resp. publication)

• « J’espère que les lecteurs auront découvert l’existence d’une info de proximité, vérifiée, fiable et payante. » (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• « J’espère que les lecteurs et internautes se souviendront de notre devoir d’information pendant cette période particulière. » (Femme, 40 à 49 ans, Hebdo ou bi-hebdo, non carté)

• « Je voudrais revenir à une information plus réfléchie et moins bousculée par le clic. » (Homme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• « La crise a été l’occasion de montrer aux lecteurs l’utilité et la pertinence de médias professionnels. » (Homme, 40 à 49 ans, Autre média papier, carté)

• « La fragilité de notre métier, la frilosité des chaînes de TV, le manque de réactivité des décideurs… » (Homme, plus de 50 ans, Pigiste, correspondant ou journaliste indépendant, carté)

• « Les bonnes audiences des journaux TV montrent l’intérêt et l’attachement du public envers les médias de proximité, France 3 ou France Bleu. » (Homme, plus de 50 ans, TV, non carté)

• « Les lecteurs se sont rapprochés de leurs médias habituels. C’est très positif. Reste à voir comment cela se traduira à l’avenir en termes de CA. » (Homme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• « Pouvoir toujours donner de l’information, être proche des lecteurs, se poser la question de ce que le lecteur a envie de lire aujourd’hui en 2020. Que des bonnes ondes positives arrivent à nous faire retourner sur le terrain au plus vite. » (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• « Quand son média est à plus de 80% sur des sujets liés à l’événementiel et que les événements s’annulent les uns après les autres, il faut réussir à s’imposer sur d’autres sujets et c’est assez difficile. Il faut donc, peut-être, davantage se diversifier. » (Homme, plus de 50 ans, Média tout numérique, resp. publication)

• « Sur le terrain, en local, on a vu la mobilisation et l’importance de la presse pour les Français. Après une diabolisation constante de notre profession, j’ai l’impression que pour une fois nous sommes revenus dans un rapport plus sain entre presse-politique et citoyen.

Cette période n’est pas facile pour tous, car nous devons nous adapter aussi bien dans notre façon de travailler que dans le traitement de l’information mais la presse arrive a rebondir et je trouve cela très positif. Il faut maintenant veiller à ce que les groupes de presse ne profitent pas de cette crise pour justifier à nouveau une coupe drastique dans les moyens humains et matériels à notre disposition. » (Femme, moins de 30 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

Du bon et du mauvais
(12 réponses)

• « Après une période de sidération, la remise en route s’est faite via des actions telles que la solidarité, l’inventivité et le choix d’être porteurs d’informations pratiques ou positives vis-à-vis de notre audience. Peu d’espoir en revanche sur l’avenir de notre structure – avec à terme si cela ne s’arrange pas d’ici septembre une dizaine d’emplois impactés. » (Femme, plus de 50 ans, Autre média papier, non carté)

• « Bonne expérience, mauvais moral, peu d’espoir. » (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• « Cette période fût très fatigante pour l’ensemble de la profession, de l’associatif au secteur privé, et plus que jamais, l’envie d’innover, de s’adapter, d’informer avec précision en contrant les fausses infos et toujours avec qualité malgré des outils pas toujours adaptés à la situation sanitaire ! Puisque la solidarité fût le centre de tous ces efforts, j’aspire à des implications citoyennes et passerelles entre structures associatives et entreprises dans les rédactions ! » (Homme, 30 à 39 ans, Radio, resp. publication)

• « – Crainte qu’avoir continué à travailler en mode dégradé avec beaucoup moins de personnes incite la direction / le gouvernement à s’appuyer sur cette période pour dire qu’on peut virer du personnel.

– Globalement, bonne gestion sanitaire de la crise par mon employeur donc confiance en l’entreprise.

– sécurité financière de chaque salarié pendant cette période donc chance d’être dans cette entreprise

– urgence à retrouver ce qui fait l’essence de la télévision : le travail d’équipe. » (Femme, 40 à 49 ans, TV, carté)

• « De l’inquiétude mais aussi de l’envie de changer beaucoup de pratiques. » (Femme, plus de 50 ans, Autre média papier, non carté)

• « Économiquement, c’est un désastre. Sur le plan personnel, cette période a peut-être permis de rappeler ce qui est essentiel. » (Femme, 40 à 49 ans, Pigiste, correspondant ou journaliste indépendant, non carté)

• « Expérience intéressante, analyse pessimiste sur la pertinence des contenus proposés aux lecteurs, moral en berne, espoir de faire autre chose. » (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• « Grosse sensation de vide par rapport au déroulé habituel des activités (incontournable) mais sensation plutôt positive sur un plan personnel, pas de perte de moral. » (Homme, plus de 50 ans, Radio, resp. publication)

• « L’espoir de jours nouveaux, tout en retenant les leçons de ce confinement. » (Homme, 30 à 39 ans, Pigiste, correspondant ou journaliste indépendant, carté)

• « Période éprouvante, tant sur le plan moral que physique. Fatigue. Fatigue. Fatigue.

Très pessimiste quant à l’avenir de mon entreprise, de l’emploi dans mon pays, et du climat social.

Moral bas car demain sera probablement pire, tant côté conditions de travail qu’individualisme au sein de la profession.

Mon espoir : qu’entre médias concurrents ou prétendus “complémentaires”, l’honnêteté intellectuelle soit de mise, ce qui n’est pas le cas actuellement : autrement dit, que les médias arrêtent de plagier, de s’approprier et de revendiquer être les auteurs de scoops sortis par la concurrence. L’honnêteté serait même de publier sur leur site Internet le lien qui renvoie vers l’article, le reportage, le média à l’origine du “scoop”. Que cela plaise à leur régie pub ou pas, c’est une question d’honnêteté intellectuelle (pour ne pas employer un “gros mot” : la déontologie…). » (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• « Soulagée de retrouver des collègues qui reviennent physiquement au bureau car la solitude pèse sur le moral.

Expérience étrange, mêlée de frustration et de satisfaction de voir que l’on pouvait encore sortir un journal qui se tient, riche en information, satisfaction par rapport à la réactivité et au travail d’équipe, d’avoir trouvé chacun comment rebondir, faire sens avec l’actualité. Satisfaction d’être en phase avec les valeurs du groupe pour lequel je travaille qui a encouragé à souligner les alternatives, solutions, plutôt que de tomber dans la marmite des infos affolantes et nauséabondes. Ce, sans occulter, bien sûr, les réalités et les souffrances qu’engendre une telle situation. Un bon dosage en somme. Déçue de ne pas avoir eu plus de recul, de débats sur le traitement de l’info, de temps et de personnes sur le temps de travail. J’espère qu’on prendra le temps, en interne pour débrieffer. L’idéal serait un échange avec d’autres titres, d’autres rédactions pour savoir comment chacun a vécu cette situation. » (Femme, 30 à 39 ans, PHR avec un site, donc du web aussi !, carté)

• « Une période éprouvante nerveusement, mais très enrichissante professionnellement. » (Homme, 40 à 49 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

Inquiétudes pour l’avenir
(8 réponses)

• « Agréablement surpris par le global respect des consignes de confinement par les Normands, un peu moins agréablement par certaines communications politiques outrageusement omniprésentes. Notre région a été globalement épargnée par le Covid, donc l’espoir repose en un rebond mais avec de très fortes craintes de drames économiques dans beaucoup de PME à la trésorerie insuffisante, voire exsangue. » (Homme, plus de 50 ans, Radio, carté)

• « Cette crise va faire mal à beaucoup d’entreprises. Même si nous avons un groupe fort, nous allons connaître des mois difficiles. » (Homme, plus de 50 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• « En tant que journaliste indépendant, j’ai encore moins de visibilité qu’avant, et donc je m’interroge si cela vaut encore le coup de persévérer dans ce secteur d’activité. » (Homme, plus de 50 ans, Autre média papier, carté)

• « Espoir que mon journal survive et dans des circonstances encourageantes pour l’avenir. » (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• « Inquiétude et impatience. » (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• « Je n’ai pas beaucoup travaillé pendant le confinement, privilégiant la garde de mes enfants. J’ai toutefois apprécié de télétravailler, provisoirement. J’ai l’espoir que mon journal, victime notamment du coronavirus, puisse être racheté. » (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• « Journaliste à Paris-Normandie, la situation parle d’elle même… » (Femme, moins de 30 ans, PQR, carté)

• « Manque de confiance dans l’avenir. » (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

Démoralisation
(8 réponses)

• « Après deux mois de confinement et des journaux (web radio télé papier) focalisés sur le Coronavirus, une lassitude s’installe. Les mesures contraignantes qui encadrent notre manière d’exercer le métier sont usantes. » (Femme, plus de 50 ans, TV, carté)

• « Dur, très dur… Tant économiquement qu’humainement, cette crise va laisser des traces pendant très longtemps » (Femme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• « Expérience pénible, notamment les journées où il fallait à la fois gérer le télétravail et mon enfant à la maison, avec les apprentissages à poursuivre à domicile. Encore des craintes par rapport à la maladie. Mais satisfait d’avoir testé le télétravail, qui peut être possible dans certaines limites pour mon métier de journaliste en PQR. » (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• « Grosse angoisse. Peur de perdre mon emploi. J’espère de tout cœur que Paris-Normandie trouvera un repreneur qui fera le moins de casse sociale possible et surtout conservera ses deux photographes. » (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• « Les incertitudes sont à la mesure de l’événement. J’ai le sentiment que les conséquences négatives vont noircir le tableau pendant une longue période ; à la fois côté pro et côté vie sociale. » (Homme, plus de 50 ans, Média de collectivité, non carté)

• « Moral en berne, perspectives très sombres pour le secteur des médias associatifs. » (Homme, 40 à 49 ans, Radio, resp. publication)

• « Période d’adaptation très difficile, l’isolement est pesant. Chaque jour est différent. Tout le monde parle de télétravail mais en fait c’est du travail à distance que nous pratiquons. Cela ne me convient pas. J’ai besoin de contact avec les gens pour mes reportages. » (Femme, plus de 50 ans, TV, carté)

• « Un peu déprimé et très fatigué. » (Homme, plus de 50 ans, Radio, carté)

Attend l’après confinement
(7 réponses)

• « Il est temps de sortir du confinement (si les conditions sanitaires s’y prêtent). Notre métier nécessite de vrais contacts, beaucoup trop limités en ce moment pour bien “rendre compte”. » (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• « J’espère que la relance va permettre de rebondir. » (Femme, moins de 30 ans, PQR, non carté)

• « la vie suspendue… » (Femme, plus de 50 ans, Radio, non carté)

• « Le retour à la vraie vie… » (Femme, plus de 50 ans, Média de collectivité, resp. publication)

• « Le retour du terrain et la relation en présentiel avec les collègues se font attendre ! » (Femme, 30 à 39 ans, Média tout numérique, carté)

• « Tout est possible mais il ne faudrait pas que ça dure. » (Femme, 40 à 49 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• « Vivement que cela se termine ! » (Homme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

Divers
(5 réponses)

• « l’État dans son ensemble a répondu présent ainsi que les organismes privés ; les banquiers ont brillé par leur absence de réponse ou d’écoute… comme d’habitude » (Femme, plus de 50 ans, grossiste en invendus de presse, resp. publication)

• « Le confinement révèle ou confirme les personnalités, mais aussi l’organisation ou l’inorganisation des structures, leur niveau d’importance pour la collectivité, leurs possibilités et leur volonté d’évoluer. Toutes ces questions devront être évoquées au cours des prochains mois, personnellement et collectivement, dans le cadre privé/familial, mais aussi professionnel, politique. Des nouveaux équilibres vont se mettre en place, ils seront forcément précaires puisque la crise économique et sociale ne fait que débuter, et que la crise sanitaire menacera de revenir. Les risques ? Le repli sur soi, le protectionnisme, la fermeture, la peur de l’autre, de l’étranger… Les espoirs ? Une société plus juste, plus équitable, plus réfléchie, plus citoyenne… » (Homme, 40 à 49 ans, Média de collectivité, non carté)

• « Nous avons été très chanceux en Europe depuis la fin de la guerre. Certains connaissent la guerre, les épidémies dans d’autres pays. » (Femme, 40 à 49 ans, TV, non carté)

• « On en a vu d’autres ! » (Femme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• « Résilience. » (Femme, plus de 50 ans, Autre média papier, resp. publication)

Question : Qu’attendez-vous des pouvoirs publics pour relancer le secteur de la presse après la crise ?

Rien
(25 réponses)

• Ce n’est pas aux pouvoirs publics de relancer le secteur de la presse, mais à la société française. (Homme, 40 à 49 ans, Média de collectivité, non carté)

• De l’humilité. Tout ne viendra pas d’en haut. Mais ils ne le savent pas… (Homme, plus de 50 ans, Radio, carté)

• De la clairvoyance… (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Des pouvoirs publics je ne sais pas, mais des lecteurs en ce qui concerne PN : qu’ils s’abonnent ! (Femme, plus de 50 ans, TV, resp. publication)

• Franchement, je n’en attends rien. Le secteur de la presse ne sera pas prioritaire. S’il doit y avoir un rebond, il viendra des citoyens qui accepteront enfin de payer pour de l’information vérifiée, utile et pertinente. Sinon ils pourront continuer à regarder Hanouna. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Je n’ai pas d’idée car j’avoue être dans le flou pour l’avenir proche. (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• Je n’attends rien. La presse française n’est aujourd’hui clairement pas le secteur le plus en difficultés et s’il y avait quelque chose à attendre, ce serait des propriétaires de groupes de presse qui ne doivent pas profiter de cette crise et de la capacité d’adaptation dont ont fait preuve les journalistes, pour supprimer, encore des postes. (Femme, moins de 30 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Mieux savoir gérer une épidémie. L’info, on s’en charge. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Pas grand-chose. (Femme, plus de 50 ans, Radio, non carté)

• Pas grand-chose. (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• Peu. Je crains les fausses bonnes mesures, les emplâtres sur les jambes de bois. Le maquis des aides, déjà nombreuses mais peu adaptées aux médias émergents. (Homme, plus de 50 ans, Photographe en agence de presse et réalisateur films institutionnels et documentaires. non carté)

• Rien. (Femme, 40 à 49 ans, Radio, resp. publication)

• Rien. (Femme, plus de 50 ans, grossiste en invendus de presse, resp. publication)

• Rien. (Homme, 40 à 49 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Rien. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Rien. (Homme, plus de 50 ans, Média tout numérique, carté)

• Rien ! (Femme, plus de 50 ans, Autre média papier, resp. publication)

• Rien (pas directement concerné). (Homme, plus de 50 ans, Radio, resp. publication)

• Rien de mirifique… les budgets de l’audiovisuel public sont en baisse… (Homme, plus de 50 ans, TV, non carté)

• Rien de spécial. Notre secteur (internet) est peu touché, hormis quelques pertes de contrats pubs. (Homme, moins de 30 ans, Webradio + site internet, resp. publication)

• Rien. (Homme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Rien. Les journaux en difficultés financières avant le Covid-19 le sont toujours, mais davantage. J’ai du mal avec l’idée que l’État, le contribuable, doive mettre la main à la poche pour sauver des journaux en galère car ils n’ont jamais su remettre leur système économique ou leur ligne éditoriale en cause, par paresse ou par prétention. À chacun ses responsabilités. (Homme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Rien… (Homme, 40 à 49 ans, TV, resp. publication)

• Très bonne question… (Femme, 40 à 49 ans, Hebdo ou bi-hebdo, non carté)

Aide financière
(22 réponses)

• Bien entendu un soutien financier. Pour le reste, c’est à la profession de trouver le moyen de s’adapter. (Femme, 40 à 49 ans, Pigiste, correspondant ou journaliste indépendant, non carté)

• De l’argent. (Femme, moins de 30 ans, PQR, carté)

• De l’argent, évidemment. (Homme, plus de 50 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Des aides avant qu’il ne soit trop tard pour tous. (Femme, PQR)

• Des aides financières. (Femme, moins de 30 ans, PQR, carté)

• Des aides financières et techniques. (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Des aides financières, le reste, on sait faire. (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• Du soutien financier. (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Hormis un soutien financier, je ne vois pas. Mais entre ce qu’on en attend et ce qu’on peut attendre, il y a un fossé. Les dommages causés sont tels qu’on ne pourrait compter que sur les pouvoirs publics. Les solutions doivent aussi venir de notre inventivité. (Femme, 30 à 39 ans, PHR avec un site, donc du web aussi !, carté)

• L’application des mêmes aides financières que pour les autres entreprises. (Femme, plus de 50 ans, Mensuel économique régional, carté)

• Mesure d’aides financières. (Homme, plus de 50 ans, Hebdo ou bi-hebdo, resp. publication)

• Qu’ils utilisent les crédits à bon escient. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Soutien financier maintenu à défaut de renforcé. (Homme, 40 à 49 ans, Radio, resp. publication)

• Soutien financier presse si indépendants, budget audiovisuel public cohérent avec projets. (Femme, 40 à 49 ans, TV, carté)

• Un soutien financier non pas par le versement de subventions. (Homme, plus de 50 ans, Média tout numérique, resp. publication)

• Un soutien financier pour les projets d’investissement. (Femme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Un soutien financier, moral pour les grands médias mais surtout les pigistes et les petites structures. (Homme, 30 à 39 ans, Pigiste, correspondant ou journaliste indépendant, carté)

• Une aide financière. (Femme, plus de 50 ans, TV, carté)

• Une aide financière serait bienvenue ! (Femme, 30 à 39 ans, Média tout numérique, carté)

• Une aide financière serait la bienvenue afin de compenser nos pertes de CA pendant ces semaines où nos recettes pub ont été quasi nulles. (Homme, 30 à 39 ans, Radio, resp. publication)

• Une aide légitime. (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Une aide pécuniaire et matérielle. (Femme, moins de 30 ans, PQR, non carté)

Reconsidérer l’information autrement
(9 réponses)

• De se souvenir de l’importance des médias dans l’information fiable au grand public voire pour la formation des élèves pour France Televisions. (Femme, 40 à 49 ans, TV, carté)

• Des états généraux pour répondre aux attentes des publics et l’organisation d’un système de financement plus pérenne. (Homme, plus de 50 ans, TV, resp. publication)

• Il faut peut-être en venir à considérer la presse comme un bien public, en instaurant un service commun pris en charge par l’État comme les serveurs, les développeurs, les imprimeries, sans toucher à la concurrence entre les titres. C’est un moyen fort de pérenniser les titres. À l’image de ce qu’est un aéroport : chaque compagnie aérienne ne construit pas un aéroport. Il y a des services en commun. (Homme, 30 à 39 ans, Média tout numérique, carté)

• J’attends une nouvelle culture. Un VRAI droit à l’information et non plus le paternalisme de la préfecture et des services de l’État. Que nous journalistes, puissions solliciter l’information sans obstruction systématique. (Homme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• La prise de conscience du rôle de la presse et du service rendu aux habitants. (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• Pensez aussi aux médias locaux et pas uniquement aux nationaux ou régionaux. (Femme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Qu’ils ne diffusent plus gratuitement les parutions payantes. (Homme, 30 à 39 ans, Média tout numérique, carté)

• Quoi qu’ils fassent, qu’ils soient de droite ou de gauche, les pouvoirs publics seront décriés : s’ils n’aident pas, en vertu de la loi du marché, ils seront critiqués pour ne pas avoir épaulé un secteur particulier, le droit à l’information étant constitutionnel.

S’ils aident, ils seront critiqués, le “grand public” ne manquant jamais de prétendre que les journalistes sont à la solde du pouvoir. Ce sera perçu comme un retour pour “services rendus”.

Cependant, comme je prétends avoir un peu plus de recul sur l’exercice de mon métier que le “gilet jaune” de base, je dirais que oui, de l’extrême gauche à l’extrême droite, les politiques doivent prendre position pour reconnaître et défendre le droit à une presse dont le contenu ne leur fait pas toujours plaisir… (Homme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Un soutien sans ingérence. (Homme, moins de 30 ans, Radio, carté)

Aide spécifique à la presse
(7 réponses)

• Financement des dettes presstalis pour régler les éditeurs, soutien pour compenser les pertes de recettes en kiosque et publicitaires. (plus de 50 ans, Autre média papier, resp. publication)

• Il faudra un vaste plan d’aides, surtout pour la presse écrite. (Homme, 30 à 39 ans, TV, carté)

• Sauvetage de Presstalis. (Femme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

• Un plan d’aides dédié à la presse serait le bienvenu. (Homme, 40 à 49 ans, Autre média papier, carté)

• Une aide à la presse écrite, une prise en compte du chômage des pigistes, une réflexion sur les programmes de tv et sur la production. Une aide à la production tv. (Homme, plus de 50 ans, Pigiste, correspondant ou journaliste indépendant, carté)

• Une aide pour les radios locales. (Homme, plus de 50 ans, Radio, resp. publication)

• Une réorganisation de la distribution pour soutenir la presse écrite et un encouragement pour que riches et moins riches investissent dans ce secteur. (Homme, 40 à 49 ans, Radio, carté)

Aide et soutien
(7 réponses)

• Aides à la diffusion, annulation de charges, relance de l’aide à l’emploi pour le secteur associatif. (Homme, 40 à 49 ans, Radio, resp. publication)

• De l’aide. (Femme, moins de 30 ans, PQR, carté)

• De l’aide, mais je ne sais pas sous quelle forme… (Femme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• Des aides. (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• Éviter que des groupes de presse sombrent ou ne disparaissent. Éviter les licenciements. Éviter que pigistes et correspondants ne soient sacrifiés. (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• L’obligation d’embaucher des journalistes. (Femme, 40 à 49 ans, PQR, carté)

• Maintenir la chaine France 4 et France Outremer. Soutenir le quotidien “Paris-Normandie”. (Femme, 40 à 49 ans, TV, non carté)

Achat d’espace pub
(7 réponses)

• Au-delà de l’achat d’espaces publicitaires, je ne vois pas. En tout cas, rien de plus ou de moins que ce qui était fait avant la crise. (Homme, 30 à 39 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Le soutien via de l’achat d’espace publicitaire, la reconnaissance des pigistes et des autres travailleurs précaires du secteur avec des aides financières, absentes jusqu’ici pour beaucoup. (Femme, plus de 50 ans, Autre média papier, non carté)

• Qu’il pense à la presse écrite dans ses campagnes d’information grand public. Pour le reste… (Homme, plus de 50 ans, PQR, carté)

• – réinvestir dans l’espace publicitaire tout au long de l’année

– financer intensément des projets d’éducation aux médias, de l’associatif au secteur privé. (Homme, 30 à 39 ans, Radio, resp. publication)

• Un budget pour relancer l’activité d’annonces publicitaires dans les journaux et sur les sites ? Un soutien pour permettre à la presse de conserver ses emplois ? Je ne suis pas spécialiste… (Femme, plus de 50 ans, Hebdo ou bi-hebdo, carté)

• Un investissement des collectivités locales et territoriales pour acheter des campagnes publicitaires et le maintien des aides dans certains secteurs spécialisés qui risquent d’être impactés encore un moment. (Femme, plus de 50 ans, Autre média papier, non carté)

• Un plan de relance massif passant notamment par de fortes campagnes de pub dans la PQR. (Femme, 30 à 39 ans, PQR, carté)

Les médias normands pendant le confinement

Le Club de la Presse et de la Communication de Normandie a lancé en mai 2020 une enquête auprès des médias normands pour savoir comment ils se sont adaptés au confinement.
137 journalistes ou responsables de presse normands ont répondu à une quinzaine de questions traitant de l’expérience liée au confinement. Vous trouverez ci-dessous leurs réponses
. Une enquête a également été réalisée auprès des communicants. Un post est consacré aux résultats.

En résumé

Situation pendant le confinement

Plus de 9 journalistes sur 10 affirment que leur manière de travailler a été modifiée en raison du confinement. 4 sur 5 ont pratiqué le télétravail. Certains le pratiquaient déjà, mais pour la moitié des personnes interrogées, c’est une nouveauté.

Le télétravail a souvent été associé à d’autres situations, parmi lesquelles une présence sur le lieu de travail et les reportages à l’extérieur (pour plus d’un tiers des répondants), le chômage partiel (28%) et les congés annuels (20%).

Malgré le télétravail et l’éloignement, les contacts sont restés resserrés, notamment avec les plus proches. La moitié des journalistes interrogés étaient en relation plusieurs fois par jour avec les collaborateurs les plus proches (dont 23% en continu), et environ 40% avec les autres collègues ou leur hiérarchie (dont plus de 15% en continu).

Le confinement a eu des répercussions sur l’activité économique, parfois à la hausse, mais surtout à la baisse. Si 29% des répondants affirment avoir eu un surcroit d’activité et 23% une hausse de la diffusion, c’est surtout l’audience qui a fortement augmenté (pour 61% des répondants). Mis à part l’audience, ils sont cependant plus nombreux à avoir connu une baisse (51% pour ce qui est de l’activité, 44% pour ce qui est du nombre de clients et 57% pour ce qui est de la diffusion). Logiquement, l’évolution du chiffre d’affaires est à la peine, avec une croissance pour 15% des répondants, quand 48% connaissent une diminution.

Les outils du télétravail

L’ordinateur portable et le smartphone ont été utilisés par la plupart des répondants (plus de 80%), mais plus de la moitié des journalistes disposaient également de caméras et appareils photos (73%), d’ordinateurs fixes (62%) ou d’appareils d’enregistrements (57%). Tous ces matériels étaient majoritairement fournis par l’employeur.

Les outils et services numériques utilisés durant le confinement sont principalement le chat ou plateforme de communication collaborative (67% des répondants), la visio-conférence (64%), et la conférence téléphonique (56%).

Parmi les services cités spontanément, ceux de visio-conférence et de messagerie instantanée sont les plus nombreux : WhatsApp (47 citations), MS Team (24), Zoom (21), Slack (20), Messenger (19), Skype (17), Google Hangouts / Google Meet (15). Google Drive est également cité par 9 personnes. Et plus généralement, messageries e-mail et outils internes ont été très sollicités.

Innovation et adaptation

Près de la moitié des répondants (66 sur 137, soit 48%) précisent que leur média a proposé de nouvelles offres commerciales durant la période, pour les abonnements numériques (67% des répondants) ou des tarifs spéciaux (36%). Des accès gratuits ont également été mis en place (22%).

Un tiers des répondants (45 personnes) expriment la grande difficulté de leur média à l’issue du confinement. 26 (19%) manquent de visibilité. 43 (32%) considèrent qu’ils sont en capacité de rebondir. 22 répondants affirment qu’il n’y a pas de changement dans la situation de leur média (notamment TV, média de collectivités, radio…). Notons qu’aucune des personnes interrogées n’a répondu que son média était en meilleure situation qu’avant le confinement.

Réponses aux questions ouvertes

On retrouvera, dans un post qui leur est consacré (ici), la retranscription in-extenso de l’ensemble des réponses aux quatre questions posées aux médias normands, voici les grands thèmes qui en ressortent.

• Pour ce qui est des points positifs, ceux qui sont le plus souvent cités sont la capacité d’adaptation et la réactivité (26 réponses), le télétravail (25 réponses), la solidarité, la cohésion, la collaboration (15), la proximité avec lecteurs, auditeurs ou spectateurs (15).

• Pour ce qui est des points négatifs, ceux qui sont le plus souvent cités sont les difficultés économiques (25 réponses), le manque de contacts (18 réponses), les conditions de travail (16), le manque de présence sur le terrain (13).

• En réponse à la question ouverte sur les réflexions liées au confinement, 17 réponses parlent d’expérience positive, 14 proposent une réflexion sur la presse, 12 voient du bon et du mauvais.

• Concernant l’attente vis-à-vis des pouvoirs publics, 25 journalistes assènent qu’ils n’attendent rien, 22 espèrent une aide financière, 9 appellent de leurs vœux une nouvelle manière de considérer l’information.

Note méthodologique

L’enquête « Confinement 2020 » auprès des médias normands a été réalisée en ligne, en mai 2020, par Béatrice Picard (SNIC – EcoNormandie) pour le Club de la Presse et de la Communication de Normandie. Romain Forfait, étudiant en alternance, a participé aux différentes étapes de l’enquête et réalisé les infographies avec le service en ligne infogram.

Un peu plus de 1 000 destinataires (journalistes et directeurs de publication) ont reçu par mail une invitation à répondre à l’enquête.
Le 1er envoi a affiché un taux d’ouverture de 38% et un taux de clic de 11%, les deux rappels ont été ouverts par plus de 32% des destinataires. Des appels à répondre à l’enquête ont également été insérés dans les numéros de mai de la newsletter du Club et sur LinkedIn.
137 réponses (dont 30% d’adhérents du Club et 70% de non adhérents) ont pu être traitées, soit un taux de réponse de 13 %, qui est un premier enseignement : ce sujet les concerne !

L’échantillon n’étant pas un échantillon représentatif, on ne peut pas extrapoler les résultats pour l’ensemble de la population des journalistes normands. Cependant le nombre de réponses est suffisant pour donner une tendance.

Notons enfin qu’il s’agit d’une enquête auprès des journalistes et directeurs de publication, qui répondaient à titre personnel. Ainsi, lorsqu’un tiers des répondants affirme que son média est en grande difficulté, cela ne veut pas dire qu’un tiers des médias est dans ce cas. Certaines rédactions (Paris Normandie, France 3, Ouest-France, Radio-France…) comptent plusieurs dizaines de journalistes, qui avaient tous la possibilité de répondre.

Journaliste, un métier en évolution

Revue In Off, à consulter sur le site du Club

En complément des résultats de l’enquête sur le moral des journalistes réalisée par le Club de la presse et de la communication de Normandie pour la revue In Off, que nous avons présentés ici la semaine dernière (résultats à consulter en ligne sur le site du club ici ou sur le blog EcoNormandie là), nous reprenons ci-dessous les très riches éléments recueillis via la question ouverte.
L’enquête laissait en effet libre cours aux réflexions des journalistes, qui ont largement répondu à la question formulée comme suit “En quelques mots, votre commentaire, votre expérience, votre analyse”.
Place à la lecture et à la réflexion, et pourquoi pas au dialogue ?

Nous attendons vos commentaires.

Verbatim

Pour faciliter la lecture, nous avons reclassé les citations – sans les modifier – par grands thèmes, sachant que certaines abordent bien sûr plusieurs thèmes.

Pour un meilleur journalisme

• La défiance vis-à-vis des médias dits traditionnels ne me semble pas malsaine, car cela prouve que le public a développé une capacité de critique et de recul sur l’information. Ces médias doivent donc regagner la confiance pour que la défiance s’écarte d’eux pour se porter sur les vrais médias/discours de désinformation (blogs douteux, sites d’infox, réseaux sociaux, discours politiques et militants…).
(Homme, carté, moins de 30 ans)


• Les journalistes doivent plus accepter d’ouvrir leurs pratiques et de les remettre en cause, de susciter le débat.
(Homme, carté, plus de 50 ans)


• Il faut plus de culture générale et plus de recul dans les rédactions. Doit-on écrire ce que l’on pense être vendeur ou bien donner un aperçu éclairé de ce qui se passe dans le monde, localement, dans un secteur… ?
(Femme, cartée, 40 à 49 ans)


• Il faut différencier médias nationaux et régionaux. Et sites officiels ou « dits » libres
(Homme, carté, plus de 50 ans)


• Le journalisme survivra tant que le journaliste restera maître de ses écrits.
(Homme, carté, plus de 50 ans)


• Métier en tension, qui se complexifie de plus en plus (contraintes sur les délais, défiance envers les médias, course aux contenus pute à clic, etc.).
Métier passionnant qu’il est toujours plaisant d’exercer, au contact de diverses personnes et réalités.
Métier rattrapé par la course à l’info la plus rapide, souvent au détriment d’une vraie rigueur. C’est d’autant plus vrai pour les sujets scientifiques. Les médias, souvent, relayent des études sans en lire vraiment le contenu, sans comprendre ce qu’est la science et des règles de base comme le test en double aveugle…
Métier qu’il faut savoir adapter aux évolutions sociétales, économiques et technologiques. Il faut notamment faire comprendre que collecter une information, la comparer, l’analyser, la synthétiser, l’expliciter, la vérifier… ça demande du temps et ça ne peut pas (ne doit pas) être gratuit.
(Homme, carté, 30 à 39 ans)


• La gratuité, le média bashing : autant de tendances lourdes des années passées. On ne retrouvera la confiance qu’en sortant des affaires percutantes, clivantes, que les médias « citoyens », les réseaux sociaux, ne peuvent contextualiser. Reste aussi à se délivrer d’une tendance locale à ne traiter les sujets sociaux que « vus d’en haut », cf gilets jaunes, bref on prête le flanc à un certain ethnocentrisme de classe. Donc mettre en valeur des articles sur les petits, les sans grade, les pousse-mégot avec une réelle empathie mais sans ce paternalisme patelin qui caractérise parfois nos angles.
(Homme, carté, plus de 50 ans)


• Que les journalistes cessent d’agir en communiquant et retrouvent le coeur de leur métier sans se plaindre du sempiternel « on n’est pas assez nombreux » : enquête, un pas de recul sur l’info, trois pas avant sur l’anticipation.
(Femme, cartée, plus de 50 ans)


• Le métier est décrié mais il attire toujours autant. Beaucoup de nouveaux jeunes journalistes ont trop de préjugés sur les sujets qu’ils couvrent et cherchent à faire entrer leurs reportages dans le prisme de ceux-ci (comme d’autres collègues).
(Homme, cartée, 40 à 49 ans)


• Pour ne pas prêter le flanc aux critiques, il faut plus que jamais être rigoureux dans l’exercice de notre métier.
(Homme, carté, plus de 50 ans)


• Ce métier perd en crédibilité aussi parce que les journalistes refusent de reconnaître leurs erreurs. Quand un journaliste de presse écrite, où je travaille, publie une information erronée (ça peut arriver et c’est à tour de rôle car l’erreur est humaine), il refuse trop souvent de publier un erratum. Réponses entendues « c’est pas grave », ou alors « on » publie une « Précision ». Or les mots ont un sens : une précision s’apporte quand il peut y avoir un malentendu, une erreur d’interprétation. Quand la fonction d’une personne est erronée, quand une info publiée est fausse, on doit publier un « Rectificatif » ou un « Erratum ». Mais on m’a dit que ce serait s’autoflageller, montrer au lecteur qu’on s’est trompé. Mais le lecteur s’en est parfois rendu compte ou finira souvent par s’en rendre compte. Cette absence de franchise quant aux erreurs commises décrédibilise davantage un média que l’honnêteté de reconnaître cette erreur. En tant que lecteur, j’ai confiance en un média qui publie des rectificatifs. Je me dis que ce média est honnête. Je suis persuadé que les citoyens savent que les médias sont « malhonnêtes », car ils mentent sur ce sujet. Parfois, ce sont aussi des journalistes trouillards qui refusent de rectifier par crainte d’être sanctionné par leur hiérarchie.
(Homme, carté, 40 à 49 ans)


• Le journalisme est à un tournant de sa jeune histoire, mais il ne maîtrise pas cette révolution médiatique, pour le moment. A lui d’inventer, d’être meilleur. Ayons confiance en l’avenir de notre métier qui prouve tout de même encore chaque jour son utilité.
(Homme, carté, 40 à 49 ans)


• Nous bénéficions heureusement d’une loi sur la presse de 1881 qui est très souple et permet d’exercer notre métier avec beaucoup de liberté. Même s’il faut se battre pour sortir une info. En revanche, les dérives de notre profession ne sont pas encadrées autrement qu’au pénal. Il est urgent d’établir un ordre des journalistes. Cette mesure prise, le public pourra reprendre confiance dans les médias. C’est devant notre porte qu’il faut d’abord balayer, en donnant l’exemple.
Par ailleurs, le vrai ennemi des journalistes, c’est la culture très française du secret. Il n’existe pas un droit à l’information comme aux USA, les préfectures, les mairies, les départements et toutes les administrations filtrent les informations. De surcroît, saisir la CADA est une procédure longue et insuffisante.
En conclusion, SEULE LA TRANSPARENCE (dans nos fonctionnements et dans nos administrations) permettra un retour de la confiance. En ce qui me concerne, au vu de la situation, je juge que le public a raison d’être défiant.
(Homme, carté, 30 à 39 ans)


• J’espère que dans les prochaines années, nous n’assisterons pas uniquement à un journalisme d’écran, des web rédacteurs derrière leurs écrans d’ordinateur et que le journalisme de terrain aura encore les moyens de continuer à exister.
(Femme, cartée, plus de 50 ans)

Evolutions du métier

• Évolution très importante des outils et façons de travailler depuis 20 ans
(Femme, cartée, 40 à 49 ans)


• Nous sommes à un tournant. Nous devons le prendre sereinement, mais aidés par nos directions par des moyens et formations.
(Homme, carté, plus de 50 ans)


• Il faut développer le plurimedia, mais il faut être formé pour et il ne faut pas faire n’importe quoi. Le net impose la rapidité mais cela ne doit pas se faire au détriment de la vérification et de la qualité de traitement.
(Femme, cartée, 30 à 39 ans)


• La profession s’est fonctionnarisé depuis 20 ans. Les journalistes ne vivent plus pour l’information, c’est devenu un métier comme les autres, du lundi au vendredi, aux 35 heures.
(Femme, cartée, 30 à 39 ans)


• Ce métier qui m’a longtemps fait rêver ne me fait plus rêver du tout…
(Femme, cartée, 40 à 49 ans)


• La paupérisation du métier, une difficulté croissante pour l’exercer et plus globalement une longue mue depuis l’avènement du numérique, m’ont éloigné du journalisme au profit de la communication d’entreprise et de l’institutionnel, plus lucratif. J’ai exercé pendant 20 ans mon métier de reporter dans le monde entier. Même si ça n’a jamais été facile, Il m’a offert les plus belles années de ma vie. De la chute du mur de Berlin aux mines de diamants en Afrique du Sud, des déserts d’Arabie Saoudite aux missions polaires dans l’arctique, sous les balles à Sarajevo aux bidonvilles de Rio, un jour dans l’intimité des puissants, le suivant auprès des plus démunis, je remercie chaque jour ce métier pour les joies (et frayeurs) qu’il m’a apportées. Je n’ai pas de nostalgie, les métiers doivent évoluer. Celui-ci n’a pas achevé sa métamorphose. Il s’adaptera. L’information devient horizontale, à plusieurs vitesses et ininterrompue. Notre profession doit apprendre à jouer avec les nouvelles règles plus les donner.
(Homme, carté, plus de 50 ans)


• Les humains vont être remplacés par des robots, des ordinateurs et des logiciels performants !
(Homme, carté, 40 à 49 ans)


• Internet a tué le métier traditionnel et impose des pressions de travail trop intenses.
(Femme, cartée, 30 à 39 ans)


• Notre métier a beaucoup évolué ces dernières années avec une multiplication des supports et des sources. Par ailleurs, l’actualité en continu et les réseaux sociaux ont imposé un nouveau rythme qui a entraîné l’ensemble de la profession. Le temps long devient rare.
(Homme, carté, 40 à 49 ans)

Difficultés du métier

• L’acteur Francis Huster m’a dit un jour en interview « le journalisme est la peste du XXIe siècle ! » je ne pensais pas que cette pensée se généraliserait quelques années plus tard!
(Homme, carté, 30 à 39 ans)


• Le métier de journaliste se déshumanise avec le numérique et les vrais choix éditoriaux sont rares. J’espère que l’avenir permettra de redonner de la place au terrain et de fuir l’agenda pour sortir des informations non cooptées.
(Femme, cartée 30 à 39 ans)


• Pourquoi tant de harcèlement, d’envie de dénigrement ?
(Homme, carté, plus de 50 ans)


• En tant que jeune journaliste femme, c’est parfois difficile de s’imposer comme une vraie journaliste et pas la stagiaire de passage. Propos sexistes avec des gens rencontrés sur le terrain mais parfois aussi avec mes collègues masculins.
(Femme, moins de 30 ans)


• L’âge d’or du journalisme n’a jamais existé mais la période actuelle donne l’impression d’un âge d’airain. Et on se rendra compte de l’intérêt des journalistes le jour où il n’y en aura plus.
(Homme, carté, 40 à 49 ans)


• De plus en plus compliqué de travailler.
(carté, 40 à 49 ans)


• Plus les années passent, plus le mépris vis-à-vis des journalistes augmente.
Plus les années passent, plus les rédacteurs en chef ignorent les réalités du terrain.
(Homme, carté, 40 à 49 ans)


• Métier magnifique devenu assez difficile, la matière grise n’est pas assez reconnue en France.
(Femme, cartée, plus de 50 ans)

Charge de travail

• Un métier plein de richesses et de découvertes, de rencontres marquantes… mais un métier harassant, notamment en presse papier, avec des effectifs de plus en plus réduits… un métier devenu multitâches et qui empiète sur le travail essentiel : la recherche d’informations, le terrain… (pour la presse hebdomadaire locale).
(Femme, plus de 50 ans)


• Les patrons de médias ou petits chefs courtisans relaient complaisamment un discours consistant à répéter que la charge de travail individuelle n’augmente pas au fil des ans mais qu’il s’agit « simplement » de « faire des choix », de mieux s’organiser. Les patrons se trouvent souvent au siège où (hasard ?) les effectifs sont en général davantage en adéquation avec la charge de travail que dans les rédactions détachées. Pour connaître la réalité d’une rédaction détachée, d’un journaliste seul en poste, il faut y passer soi-même un mois. À mon avis, les directeurs et rédacteurs en chef ignorent ou ne veulent pas voir la réalité actuelle du travail en « locale », même s’ils aiment parfois répéter l’inverse, au prétexte qu’ils y ont bossé il y a une vingtaine d’années (avant l’explosion du web, des réseaux sociaux, des pure players…). Ces gens sont trop souvent dans le déni ou se moquent des conditions de travail de leurs effectifs.
Quant à l’avenir il ressemble au média global : avant tu avais la PHR, la PQR, le réseau France Bleu, le réseau France 3 (en résumé). Avec chacun son cœur de métier. Avec Internet, tout le monde (ou presque) veut tout faire : France Bleu et France 3 font de la presse écrite via Internet, France bleu fait aussi de la vidéo, et la PQR (exemple Paris-Normandie) veut se diversifier (se transformer ?) en chaîne de télé via le support PNTV. Et les pure players sont nés… Les cœurs de métiers disparaissent peu à peu. Et il y a cette course au « buzz », aux « clics », quitte à négliger le travail de vérification, sous la pression du temps et de la hiérarchie. Les réseaux sociaux sont particulièrement chronophages et encore devenus une charge de travail supplémentaire dans les rédactions.
(Homme, carté, 40 à 49 ans)


• En tant que journaliste de presse locale, je n’ai pas eu de pression et de défiance de la part de mes interlocuteurs chez qui les journalistes locaux restent bien perçus. En revanche, il est difficile de faire correctement son travail à cause d’une charge de travail trop élevée et d’un manque de journalistes (rédaction passée de 5 à 2 journalistes au fil des années). Ce qui n’est pas forcément le cas chez les commerciaux plus nombreux et qui ont plus de moyens que les journalistes. Pour les directions, je pense que les journalistes de presse locale servent juste à tenir un secteur pour que les commerciaux puissent vendre des espaces publicitaires qui rapportent beaucoup plus que l’information locale de moins en moins rentable. Ce qui est de plus en plus démotivant même si les journalistes locaux aiment leur travail.
(Homme, carté, moins de 30 ans)

Défiance

• Je crois en l’éducation, dans le dialogue avec notre lectorat. A mon avis, il faut expliquer comment on travaille, pourquoi l’information coûte ce prix-là, pourquoi on fait tel ou tel choix éditorial, pourquoi on choisit un mot plutôt qu’un autre. Et réexpliquer quelles sont les missions du journaliste. Mais la défiance vient aussi des erreurs qui sont faites et partagées sur les réseaux sociaux, imputables au fait que les journalistes ont de moins en moins de temps pour faire de plus en plus de choses. Des erreurs auxquelles on ajoute l’effet de buzz, le mélange des genres infotainment, éditorial… On a d’abord fait croire que l’information n’avait pas de valeur en faisant du tout gratuit, et maintenant, on dit qu’il faut payer cette information, en même temps on propose de plus en plus de contenus « légers »… Évidemment, le lecteur ne peut plus s’y retrouver. Laisser moins de place au commentaire, plus à l’explication ou à l’analyse. Redonner des moyens à l’enquête. Chaque média devrait se recentrer sur ce qu’il sait faire : pourquoi traiter de l’info web en masse pour rivaliser sur Google quand on est un quotidien régional, alors qu’on ferait mieux de veiller à avoir suffisamment de reporters sur le terrain pour fournir de l’info locale de qualité ? A force de vouloir tout traiter pour faire comme tous les autres, on perd le pluralisme et on n’a plus de plus-value aux yeux des lecteurs. Mettre les moyens financiers sur la qualité et non sur l’exhaustif. Et il faut revaloriser le métier de journaliste : pas sûre que la précarité mène à du travail de qualité…
(Femme, moins de 30 ans)


• Patron de la radio HAG’FM, je pense que les mentalités ont changé au cours des 10 années. Les gens se méfient d’un micro dans la rue…
(Homme, plus de 50 ans)


• La défiance vis-à-vis des journalistes complique le travail au quotidien, mais elle permet aussi une remise en question nécessaire sur nos pratiques.
L’état des finances de la presse alimente cette défiance : faute de moyens (suppression de postes de photographes, de correcteurs…) on fait moins bien notre travail, et les reproches sont légitimement plus nombreux.
(Femme, moins de 30 ans)


• La défiance envers les journalistes semble surtout tournée contre les médias grand public que sont la télévision (chaînes d’info en continu et JT). Le mouvement des Gilets jaunes a révélé aussi, dans une moindre proportion, une forme de défiance à l’égard des journalistes locaux.
Par exemple, à la première manifestation des GJ le 17 novembre, la méfiance était palpable. Ce jour-là, j’ai juste eu une altercation avec un type qui voulait m’obliger à poser un gilet fluorescent sur le tableau de bord.
Cette personne, comme beaucoup de personnes commentant sur les réseaux sociaux, semble fantasmer sur notre métier : on est à la solde de Macron, du pouvoir, de la finance, des fanatiques européistes, des cosmopolites… Peut-être la solution est-elle d’ouvrir la profession au public et d’expliquer comment on fabrique l’information, mais aussi que nous sommes des êtres humains et que, comme tout le monde, nous commettons forcément des erreurs…
Cela va de pair avec la création d’un conseil déontologique de la presse, qui pourrait étudier les fautes plus graves que certains d’entre nous commettons. Cela obligerait, espérons-le, les journalistes à un travail plus rigoureux et fidèle à la réalité, à condition que les moyens leur soient donnés pour réaliser leurs missions. Peut-être faut-il aussi insister sur les principes déontologiques dans les formations initiales en école de journalisme.
(Homme, carté, 40 à 49 ans)


• En tant que community manager et responsable du site internet et des réseaux sociaux de mon journal, je suis notamment confrontée à la méfiance et au journalisme bashing, et surtout à la violence des réseaux sociaux. Il faut savoir prendre du recul…
(Femme, cartée, 40 à 49 ans)


• Dans un contexte de défiance vis-à-vis du journalisme, les médias de proximité ont un rôle crucial à jouer.
(Homme, carté, 40 à 49 ans)


• La défiance augmente, c’est indéniable. Les journalistes apparaissent de plus en plus comme des privilégiés appartenant à l’élite.
Ce ressenti n’est pas forcément exact mais je pense que la sociologie de la profession, à mes yeux de plus en plus uniforme, la conduit à méconnaître des pans entiers de la société. D’où une certaine vision assez convenue des événements que le public perçoit différemment.
(Homme, carté, 40 à 49 ans)

Pressions

• Je trouve que le métier se détériore. Tout va plus vite avec l’ère du numérique. On ne prend plus assez de recul pour analyser et décrypter les informations. Et comme la presse se porte mal, on se retrouve avec des moyens humains déplorables. On entend souvent parler de l’eldorado de la presse écrite avec Ouest-France. C’est très bien payé certes mais il faut regarder le contenu des réseaux sociaux et des pages. Où sont les billets qu’on voyait si souvent, les plumes ? Je prends un exemple mais c’est le cas partout, dans tous les médias. On perd en qualité, ça se voit mais on est impuissant face à ça. Je tire mon chapeau aux journaliste de Publihebdos. Même s’ils font du quotidien avec le net aujourd’hui, ils sont payés avec la même grille. Où est la logique ? Et puis, je ne parle pas des services communication qui dictent la loi en local ni des médias nationaux qui donnent une très mauvaise image de nous. Avant de faire la course aux clics, prenons un peu de recul.
(Femme, cartée, moins de 30 ans)


• Attention à ne pas courir trop vite au risque de nous perdre !! Anticiper en permanence brouille l’info et la course à l’échalote du buzz tue l’info.
(Femme, cartée, plus de 50 ans)


• Avec la concurrence des réseaux sociaux, on doit tout faire vite et on n’a parfois pas le temps d’enquêter comme jadis, au risque d’être trop en retard sur l’info.
(Femme, cartée, 40 à 49 ans)


• La passion qui animait les journalistes tend à disparaître. Trop de desk et plus assez de terrain. Le contenu d’un journal intéresse moins la hiérarchie que le flux des réseaux sociaux et les clics…
(Homme, carté, plus de 50 ans)


• Le journalisme est un combat de tous les instants ! Le manque de personnel dans certaines rédactions est dommageable parfois au bon fonctionnement de l’information et met une tension supplémentaire dans l’exercice de la profession dont les fonctions se sont multipliées.
(Femme, cartée, plus de 50 ans)


• L’immédiateté tue l’indispensable mise en perspective.
(Homme, carté, plus de 50 ans)


• Je constate une méconnaissance du public sur le métier de journaliste, son fonctionnement, ses contraintes. Il serait bon de recréer du lien à travers des rencontres avec le public et dans les écoles.
Il est opportun d’investir dans le développement du numérique, mais il ne faut pas oublier que pour « nourrir » le web, il faut des journalistes sur le terrain. Hélas, les moyens sont de plus en plus mis sur le premier, au détriment du deuxième. Merci pour votre enquête.
(Femme, cartée, moins de 30 ans)


• Le journalisme est l’un des garants de notre démocratie mais sa remise en question constante par les politiques et les pouvoirs publics laisse une plaie béante. Il ne suffit pas de panser cette plaie pour que le journalisme se porte mieux, il faut également une transfusion sanguine et des points de sutures sinon le bandage ne tiendra pas.
(Femme, cartée, 30 à 39 ans)


• Le métier s’est accéléré, la rapidité du dire au détriment du réfléchir. Les faits ont remplacé l’analyse.
(Femme, cartée, 40 à 49 ans)


• Internet a tué le métier traditionnel et impose des pressions de travail trop intenses.
(Femme, cartée, 30 à 39 ans)

Regard positif

• J’adore mon métier.
(Homme, carté, plus de 50 ans)


• Notre média montre les initiatives positives des territoires. Nous sommes dans un souci de transférabilité des expériences, c’est pour cela je pense que nous sommes moins confrontés à des pressions que d’autres médias. Mais je pense qu’il faut rester extrêmement vigilant sur la façon dont les journalistes peuvent exercer leur métier en France… Ils sont le rempart contre l’ignorance, les fake news et les pouvoirs de toutes sortes.
(Femme, cartée, plus de 50 ans)


• Je pratique néanmoins l’un des métiers les plus passionnants entre tous, qui engage une responsabilité dont il faut avoir conscience au quotidien.
(Femme, cartée, plus de 50 ans)

Formation aux médias

• La formation aux médias des élèves dès le plus jeune âge est urgente. Les jeunes ne savent pas à quoi servent la presse et les journalistes, ils ne font pas la différence entre un site d’info et n’importe quel réseau social. Ceci est inquiétant pour notre démocratie.
(Femme, cartée, 30 à 39 ans)


• En tant que responsable d’une page culture je n’ai pas été souvent confronté à de la défiance ou à des pressions.
C’est un climat global de désamour auquel on assiste, exacerbé lors de certains événements ou moments comme la crise des gilets jaunes le montre.
Les actions envers les jeunes me paraissent particulièrement utiles.
(Femme, cartée, plus de 50 ans)


• L’ouverture de la presse vers le public devrait passer aussi par l’éducation aux médias dans les établissements scolaires. Cette année, je suis intervenu pour la première fois dans une classe de collège pour expliquer la fabrication de mon journal, c’était dans le cadre de la semaine de la presse. Les jeunes posent de bonnes questions et même les interrogations les moins pertinentes permettent de dissiper des doutes. Cela permet de démystifier notre travail et notre fonction dans la société. Et humainement, c’est aussi une expérience valorisante de partager, du moins en paroles, notre quotidien.
(Homme, carté, 40 à 49 ans)