Les médias normands pendant le confinement

Le Club de la Presse et de la Communication de Normandie a lancé en mai 2020 une enquête auprès des médias normands pour savoir comment ils se sont adaptés au confinement.
137 journalistes ou responsables de presse normands ont répondu à une quinzaine de questions traitant de l’expérience liée au confinement. Vous trouverez ci-dessous leurs réponses
. Une enquête a également été réalisée auprès des communicants. Un post est consacré aux résultats.

En résumé

Situation pendant le confinement

Plus de 9 journalistes sur 10 affirment que leur manière de travailler a été modifiée en raison du confinement. 4 sur 5 ont pratiqué le télétravail. Certains le pratiquaient déjà, mais pour la moitié des personnes interrogées, c’est une nouveauté.

Le télétravail a souvent été associé à d’autres situations, parmi lesquelles une présence sur le lieu de travail et les reportages à l’extérieur (pour plus d’un tiers des répondants), le chômage partiel (28%) et les congés annuels (20%).

Malgré le télétravail et l’éloignement, les contacts sont restés resserrés, notamment avec les plus proches. La moitié des journalistes interrogés étaient en relation plusieurs fois par jour avec les collaborateurs les plus proches (dont 23% en continu), et environ 40% avec les autres collègues ou leur hiérarchie (dont plus de 15% en continu).

Le confinement a eu des répercussions sur l’activité économique, parfois à la hausse, mais surtout à la baisse. Si 29% des répondants affirment avoir eu un surcroit d’activité et 23% une hausse de la diffusion, c’est surtout l’audience qui a fortement augmenté (pour 61% des répondants). Mis à part l’audience, ils sont cependant plus nombreux à avoir connu une baisse (51% pour ce qui est de l’activité, 44% pour ce qui est du nombre de clients et 57% pour ce qui est de la diffusion). Logiquement, l’évolution du chiffre d’affaires est à la peine, avec une croissance pour 15% des répondants, quand 48% connaissent une diminution.

Les outils du télétravail

L’ordinateur portable et le smartphone ont été utilisés par la plupart des répondants (plus de 80%), mais plus de la moitié des journalistes disposaient également de caméras et appareils photos (73%), d’ordinateurs fixes (62%) ou d’appareils d’enregistrements (57%). Tous ces matériels étaient majoritairement fournis par l’employeur.

Les outils et services numériques utilisés durant le confinement sont principalement le chat ou plateforme de communication collaborative (67% des répondants), la visio-conférence (64%), et la conférence téléphonique (56%).

Parmi les services cités spontanément, ceux de visio-conférence et de messagerie instantanée sont les plus nombreux : WhatsApp (47 citations), MS Team (24), Zoom (21), Slack (20), Messenger (19), Skype (17), Google Hangouts / Google Meet (15). Google Drive est également cité par 9 personnes. Et plus généralement, messageries e-mail et outils internes ont été très sollicités.

Innovation et adaptation

Près de la moitié des répondants (66 sur 137, soit 48%) précisent que leur média a proposé de nouvelles offres commerciales durant la période, pour les abonnements numériques (67% des répondants) ou des tarifs spéciaux (36%). Des accès gratuits ont également été mis en place (22%).

Un tiers des répondants (45 personnes) expriment la grande difficulté de leur média à l’issue du confinement. 26 (19%) manquent de visibilité. 43 (32%) considèrent qu’ils sont en capacité de rebondir. 22 répondants affirment qu’il n’y a pas de changement dans la situation de leur média (notamment TV, média de collectivités, radio…). Notons qu’aucune des personnes interrogées n’a répondu que son média était en meilleure situation qu’avant le confinement.

Réponses aux questions ouvertes

On retrouvera, dans un post qui leur est consacré (ici), la retranscription in-extenso de l’ensemble des réponses aux quatre questions posées aux médias normands, voici les grands thèmes qui en ressortent.

• Pour ce qui est des points positifs, ceux qui sont le plus souvent cités sont la capacité d’adaptation et la réactivité (26 réponses), le télétravail (25 réponses), la solidarité, la cohésion, la collaboration (15), la proximité avec lecteurs, auditeurs ou spectateurs (15).

• Pour ce qui est des points négatifs, ceux qui sont le plus souvent cités sont les difficultés économiques (25 réponses), le manque de contacts (18 réponses), les conditions de travail (16), le manque de présence sur le terrain (13).

• En réponse à la question ouverte sur les réflexions liées au confinement, 17 réponses parlent d’expérience positive, 14 proposent une réflexion sur la presse, 12 voient du bon et du mauvais.

• Concernant l’attente vis-à-vis des pouvoirs publics, 25 journalistes assènent qu’ils n’attendent rien, 22 espèrent une aide financière, 9 appellent de leurs vœux une nouvelle manière de considérer l’information.

Note méthodologique

L’enquête « Confinement 2020 » auprès des médias normands a été réalisée en ligne, en mai 2020, par Béatrice Picard (SNIC – EcoNormandie) pour le Club de la Presse et de la Communication de Normandie. Romain Forfait, étudiant en alternance, a participé aux différentes étapes de l’enquête et réalisé les infographies avec le service en ligne infogram.

Un peu plus de 1 000 destinataires (journalistes et directeurs de publication) ont reçu par mail une invitation à répondre à l’enquête.
Le 1er envoi a affiché un taux d’ouverture de 38% et un taux de clic de 11%, les deux rappels ont été ouverts par plus de 32% des destinataires. Des appels à répondre à l’enquête ont également été insérés dans les numéros de mai de la newsletter du Club et sur LinkedIn.
137 réponses (dont 30% d’adhérents du Club et 70% de non adhérents) ont pu être traitées, soit un taux de réponse de 13 %, qui est un premier enseignement : ce sujet les concerne !

L’échantillon n’étant pas un échantillon représentatif, on ne peut pas extrapoler les résultats pour l’ensemble de la population des journalistes normands. Cependant le nombre de réponses est suffisant pour donner une tendance.

Notons enfin qu’il s’agit d’une enquête auprès des journalistes et directeurs de publication, qui répondaient à titre personnel. Ainsi, lorsqu’un tiers des répondants affirme que son média est en grande difficulté, cela ne veut pas dire qu’un tiers des médias est dans ce cas. Certaines rédactions (Paris Normandie, France 3, Ouest-France, Radio-France…) comptent plusieurs dizaines de journalistes, qui avaient tous la possibilité de répondre.